Le film de Pascal Plante, <em>Nadia, Butterfly</em>, a  été choisi en sélection officielle pour  le 73e Festival de Cannes. Le film sort en salle au Québec le 18 septembre.
Le film de Pascal Plante, <em>Nadia, Butterfly</em>, a  été choisi en sélection officielle pour  le 73e Festival de Cannes. Le film sort en salle au Québec le 18 septembre.

Pascal Plante: le plus artistique des sportifs

Son dernier film Nadia, Butterfly — qui sort en salle au Québec le 18 septembre — marquera l’histoire comme la seule production canadienne sélectionné pour le 73e Festival de Cannes. Rencontre avec Pascal Plante, jeune réalisateur originaire de Québec au parcours rempli et diversifié, à seulement 31 ans.

«Rendu en après-midi, on s’est dit : “Bon, ça n’arrivera pas.” Je suis parti courir et quand je suis revenu on avait un e-mail urgent auquel il fallait répondre pour accepter notre nomination», raconte le réalisateur, en évoquant la fameuse journée des nominations pour le plus prestigieux festival de cinéma au monde.

Nadia, Butterfly, c’est l’histoire d’une nageuse de papillon de haut niveau, Nadia, qui prend sa retraite à 23 ans après sa dernière compétition aux Jeux olympiques. Un film qui présente les défis de la retraite sportive pour une jeune femme qui cherche sa voie après tant d’années de sacrifices.

Ayant lui-même été nageur de compétition, Pascal Plante connaît bien cet univers qu’il a voulu présenter avec de vraies athlètes. C’est pourquoi il a choisi la nageuse médaillée aux Jeux de Rio, Katerine Savard, dans le rôle-titre, ainsi qu’Ariane Mainville.

«Certains sports se prêtent quand même bien à un traitement de fiction, la natation n’est pas un de ceux-là. Tu n’entraînes pas un acteur pendant six mois et ils ont l’air de nager comme une Olympienne au papillon», dit-il à la blague. Une difficulté, ça a été de trouver des nageuses qui avaient le profil d’actrice. Un défi qu’il a relevé avec brio.

«J’ai toujours été l’artiste des sportifs»

Pascal Plante a grandi à Sainte-Foy, près de l’Université Laval où il s’entraînait à la natation en sport-étude. «J’ai arrêté à 19 ans en 2008. Un gars à 19 ans, c’est pas exactement à son peak, par contre, c’est une croisée des chemins dans notre vie», dit-il en riant.

À l’époque, il est accepté en cinéma à Concordia et prend la décision difficile d’arrêter le sport de compétition même s’il était sur une montée vers les équipes internationales. «Changer de ville, entrer à l’université, la vie me lançait des signes pour me dire que je tournais la page et c’était correct.»

D’aussi loin qu’il se souvienne, il est passionné de cinéma et de musique. Petit, il regardait La mélodie du bonheur en famille. Un jour, il aimerait se lancer dans la réalisation de sa propre comédie musicale : un genre qu’il trouve réconfortant et rassembleur. Comme beaucoup d’ados de son époque, il est amateur de punk/métal, encore à ce jour d’ailleurs. «Au secondaire, tu étais très défini par ton genre musical. Tu t’habillais comme la musique que tu écoutais, tu te tiens avec des gens qui écoutent la même chose que toi», dit-il en riant. À l’époque, il dessine aussi énormément. «J’ai toujours été l’artiste des sportifs, le petit geek de cinéma et je dessinais beaucoup», indique-t-il. «Cinéaste et bédéiste, quand on y pense, ça se ressemble énormément. La seule différence, c’est qu’à la place de dessiner tes cases, tu les filmes».

À travers toutes ses passions, c’est le cinéma qui finit par prendre le dessus. Il aime se décrire comme un cinéphile devenu cinéaste. À Concordia, il s’éclipse à la médiathèque pendant ses pauses où il peut se claquer trois films d’affilée. Il a écrit sur les films et a participé pendant huit ans à un balado sur le cinéma intitulé Point de vues.

Si son ascension fulgurante dans le monde du cinéma peut sembler facile, Pascal Plante souligne qu’il a eu aussi ses jours sombres. «Les quelques années qui suivent la fin du bacc, c’est les années tough», dit-il. «Sur les réseaux sociaux, les gens mettent l'accent sur leurs bons coups, mais quand tu travailles dans le cinéma, tu as beaucoup de refus pour chaque oui. Tu as l’impression que la carrière de tout le monde va bien et que toi tu rushe, mais en réalité, tout le monde rushe», fait-il remarquer. Un message d’espoir pour les jeunes finissants qui tentent de gravir la pente.