La procureure aux poursuites criminelles, Me Geneviève Crépeau, et les deux enquêteurs de la SQ qui ont travaillé sur le dossier de Pascal Gagnon.
La procureure aux poursuites criminelles, Me Geneviève Crépeau, et les deux enquêteurs de la SQ qui ont travaillé sur le dossier de Pascal Gagnon.

Pascal Gagnon confesse le meurtre d’Érick Lavoie

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
La préméditation du geste de Pascal Gagnon de tuer son ancien partenaire d’affaires Érick Lavoie à l’aide d’une arme à feu est au cœur du procès qui se déroule depuis lundi à Sherbrooke.

L’individu de 52 ans est accusé du meurtre au premier degré de son ancien partenaire d’affaires le 4 décembre 2017, sur la rue Bordeaux dans le secteur Rock Forest.

Le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure a rejeté, vendredi, une requête de la défense qui voulait que le tribunal assigne comme témoin le policier du Service de police de Sherbrooke Jacob Picard, qui a procédé à l’arrestation de Pascal Gagnon la nuit du meurtre, afin de pouvoir le contre-interroger.

Le juge a déterminé qu’il ne pouvait pas qualifier d’abusive la décision prise par la poursuite de ne pas assigner ce témoin.

« Il est possible que le témoignage de l’agent Jacob Pinard soit pertinent dans la défense que pourrait soulever le requérant, mais cela ne crée aucune obligation pour la poursuivante de faire entendre l’agent Picard », conclut le juge Dumas.

Devant cette décision, l’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique a assigné le témoin Jacob Picard dans le cadre de sa défense.

« Il est le seul qui est capable de venir témoigner de l’état d’esprit de l’accusé entre 3 h 35 et son interrogatoire. Cet état d’esprit est important. Sans cet élément, la Cour serait privée d’un élément essentiel des propos délibérés. La seule admission qui n’a pas été faite concerne le propos délibéré et la préméditation. C’est le cœur du litige », avait plaidé Me Champagne.

Jacob Picard surveillait Pascal Gagnon dans sa cellule du quartier général du SPS la nuit du 5 décembre 2017.

« Il a cogné dans sa porte vers 4 h 30. Il semblait surpris. Il m’a demandé ce qu’il faisait là. Je lui ai dit qu’il avait été arrêté pour un meurtre. Il m’a dit, j’espère que je n’ai pas tué ma femme. Je lui ai dit qu’il avait été arrêté pour le meurtre d’Érick Lavoie. Il ne semblait pas comprendre la situation. À 4 h 34, il a mentionné avoir une migraine », témoigne l’agent Picard qui signale que Pascal Gagnon suait au niveau des tempes et du visage.

Tant dans sa déclaration à la préposée de la centrale d’urgence 9-1-1, aux policiers du SPS qui l’ont arrêté chez lui, qu’aux enquêteurs de la Sûreté du Québec, Pascal Gagnon a confirmé qu’il avait tué Érick Lavoie

En signant une série de 29 admissions qui ont été déposées au début du procès, Pascal Gagnon a reconnu le meurtre au deuxième degré et ainsi consenti à être condamné à une peine de prison à vie.

« On se dirige vers un procès pour distinguer le meurtre premier du meurtre deuxième degré », a mentionné Me Champagne avant même l’audition du premier témoin.

La peine pour le meurtre au premier degré ou meurtre prémédité est la prison à vie sans possibilité de libérations conditionnelles avant 25 ans tandis que le meurtre au second degré est aussi passible de la prison à vie mais la possibilité de libération conditionnelle varie de 10 à 25 ans.

Le policier Jacob Picard avait procédé à l’arrestation de Pascal Gagnon la nuit du meurtre.

Huit projectiles

Pascal Gagnon a atteint Érick Lavoie mortellement de huit projectiles avec son arme à feu Smith & Wesson, à la tête et au haut du thorax, causant ainsi son décès.

Une cible avec la photo du visage d’Érick Lavoie au centre a été trouvée par les policiers chez Pascal Gagnon, ainsi que dans le cellulaire de la conjointe de l’accusé, mais perforée au centre.

Dans ces admissions, Pascal Gagnon affirme qu’il n’a jamais eu le cancer, alors qu’il a prétendu le contraire plusieurs mois avant le meurtre et le répète le soir du drame.

C’est même l’hypothèse de mobile du crime sur laquelle la SQ a enquêté selon laquelle il voulait régler ses comptes avant mourir pour un différend d’affaires de 37 000 $ avec Érick Lavoie.

C’est Me Geneviève Crépeau qui représente le ministère public dans cette affaire.

Le procès se poursuit, lundi, au palais de justice de Sherbrooke. La défense analyse la possibilité de faire témoigner l’accusé.

« La prochaine décision que j’ai à prendre est extrêmement importante », a signalé Me Champagne.