L'enquêteur des crimes majeurs de la SQ, Cédric Ménard
L'enquêteur des crimes majeurs de la SQ, Cédric Ménard

Pascal Gagnon a tué Érick Lavoie de huit projectiles

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Pascal Gagnon a atteint Érick Lavoie de huit projectiles d’arme à feu à la tête et au haut du thorax, causant ainsi son décès le 4 décembre 2017 à Sherbrooke.

Gagnon s’est servi de son arme Smith & Wesson pour causer un traumatisme craniocérébral mortel à son ancien partenaire d’affaires à son domicile de la rue Bordeaux.

Le rapport d’autopsie préparé par le pathologiste Dr André Bourgault, confirmant ces admissions, a été déposé au tribunal, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Gagnon, 52 ans, de Sherbrooke subit son procès pour meurtre prémédité devant le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure.

L’enquêteur des crimes majeurs de la Sûreté du Québec, Cedrick Ménard, a témoigné, mercredi, que la déclaration vidéo faite par Gagnon au lendemain du crime était truffée d’informations erronées.

L’enquêteur Ménard a signalé que des recherches avaient été faites pour confirmer le cancer dont Pascal Gagnon prétendait être atteint.

« Nous avions l’information que monsieur Gagnon était mourant et que ça l’avait amené à commettre le meurtre », a expliqué l’enquêteur Ménard.

Se référant aux admissions déposées en début de procès, Me Marc-André Champagne de l’aide juridique a confirmé que Pascal Gagnon n’était pas malade.

« C’est admis que monsieur n’a pas le cancer et qu’il n’a jamais eu le cancer », a exprimé Me Champagne.

L’enquêteur a tout de même fait cette preuve en se basant notamment sur un registre de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) obtenu par la SQ, qui confirme qu’il n’a jamais été soigné pour un cancer.

« Je constate que sa dernière consultation avait eu lieu avec son médecin de famille en 2016. Aucun des médecins consultés ne travaille dans des départements d’oncologie », signale l’enquêteur Ménard.

Cible

Concernant la cible avec le visage d’Érick Lavoie au centre trouvée chez Pascal Gagnon, les recherches dans l’ordinateur de l’accusé lui permettent d’affirmer qu’elle avait été produite en mai 2016.

Dans le cellulaire de la conjointe de Pascal Gagnon, les enquêteurs ont retrouvé une image de ladite cible, mais perforée au centre.

« Le fichier s’intitule targetel.docx qui selon nous fait référence à Érick Lavoie », signale l’enquêteur Ménard.

Une autre information erronée était celle selon laquelle il ne s’était pas rendu le soir du crime chez sa tante à Saint-Paul-d’Abbotsford, comme il l’avait déclaré.

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles Pascal Gagnon aurait menti. J’ai vérifié certains éléments pour corroborer ou défaire certains détails de son témoignage », a mentionné Cédric Ménard de la SQ.

Une cible perforée avec le visage d’Érick Lavoie au centre a été trouvée dans le cellulaire de la conjointe de Pascal Gagnon,

Les allées et venues de Gagnon

L’enquêteur a ciblé des éléments de géolocalisation permettant de retracer les allées et venues de Pascal Gagnon.

La SQ a confirmé que la carte bancaire de Pascal Gagnon a été utilisée dans trois dépanneurs le soir du meurtre, soit à 17 h 3 sur la rue du Curé-Larocque à Sherbrooke pour y acheter de la bière, sur le boulevard Bourque à Sherbrooke à 19 h 42 ainsi que dans un dépanneur de Saint-François-Xavier-de-Brompton à 20 h 33 pour se procurer une autre canette de bière.

Le relevé des tours cellulaires déposé au tribunal dans les admissions révèle des appels provenant du cellulaire de l’accusé ont transité à Windsor autour de 18 h 25, Saint-Alphonse-de-Granby à 21 h 43 et que son signal cellulaire a été capté par la tour sur la rue du Fer-Droit à Sherbrooke à 23 h 41.

Le registre téléphonique du téléphone cellulaire de Pascal Gagnon, déposé en preuve, permet de constater que dans un message texte envoyé à sa conjointe, Pascal Gagnon affirme qu’il était en présence de sa tante, Chantal Mercier, alors que cette dernière a témoigné qu’ils ne s’étaient pas vus le soir du crime.

« Les heures les plus rapprochées étaient les achats aux dépanneurs Couche-Tard du boulevard Bourque à Sherbrooke à 19 h 42 et à celui de Saint-François-Xavier-de-Brompton à 20 h 33 », précise la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau.

« Il est peu probable même impossible qu’il se soit rendu à l’adresse de Mme Mercier à l’heure du texto », ajoute l’enquêteur Ménard.

L’enquêteur a visionné toute la bande vidéo de surveillance du restaurant McDonald de l’Ange-Gardien où Pascal Gagnon avait déclaré être passé.

« En aucun temps, je n’aperçois son véhicule Nissan Micra bleu ou Pascal Gagnon », signale Cédric Ménard.

Une carte des points d’intérêt concernant les allées et venues de Pascal Gagnon a été déposée en preuve.

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