La policière Christina Jacques du SPS
La policière Christina Jacques du SPS

Pascal Gagnon a rapidement avoué le crime [AUDIO]

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
 Dès la nuit du drame, Pascal Gagnon a confessé le meurtre de son ex-associé Érick Lavoie en mentionnant que l’argent était le mobile du crime.

« Mon urgence est que je viens de tirer Érick Lavoie sur la rue Bordeaux. C’est moi qui l’a tiré. J’habite sur la rue Gosselin à Bromptonville. Ça fait trois ans qu’il m’a fourré de 37 000 $. J’ai pété une coche », a confessé Gagnon à la préposée de la centrale d’urgence 9-1-1.

La poursuite a déposé au procès de Gagnon pour le meurtre prémédité d’Érick Lavoie, lundi au palais de justice de Sherbrooke, la bande audio de cet appel fait par l’accusé à la suite du drame de la rue Bordeaux à minuit 10, le 5 décembre 2017.

Après son arrestation par le Service de police de Sherbrooke, Gagnon a répété ses confessions concernant le meurtre de son ancien partenaire d’affaires.

Décrit comme un individu collaboratif et serein par l’agente Christina Jacques du SPS, cette dernière a témoigné des aveux de Gagnon.

« À minuit 30, il nous a dit, c’est beau, c’est moi qui l’ai tiré. On lui répète ses droits. Il ajoute pour 37 500 $, ça ne pouvait pas rester de même. Je lui relis la carte de ses droits. Il fait une autre déclaration en disant qu’il avait pris quelques bières. Il nous dit qu’il voulait voir son docteur et qu’il avait fait la guerre du Golfe en 1990, puis la Yougoslavie en 1991. Il nous dit : J’ai fait deux guerres, j’ai subi un choc post-traumatique », note la policière Jacques qui mentionne que Gagnon n’était ni triste ni nerveux.

L’agente Jacques témoigne que l’accusé ajoute à son confrère et à elle : « Je suis un meurtrier » « Si je ne m’étais pas vendu, vous ne m’auriez pas trouvé tout de suite. Pour ma conscience, il fallait que je le fasse. » La policière ajoute que Pascal Gagnon a expliqué qu’il était en rémission d’un cancer, qu’il avait un rein « fini » et qu’il n’avait rien à perdre.

À la préposée du 9-1-1, Pascal Gagnon avait aussi donné des détails sur les évènements de la rue Bordeaux.

« Je l’ai tiré avec mon .22. Tout va être dans la petite mallette. L’arme est barrée. Je suis avec ma femme. Je viens de le dire à ma femme. On l’entend pleurer en arrière. Je vais être assis dans les marches avec ma petite mallette. Mon arme est rembarrée », a signalé Gagnon aux autorités.

L’accusé a évoqué son choc post-traumatique avant de revenir sur le crime qu’il venait de commettre.

Pendant l’audition de la bande au tribunal, Gagnon regardait au sol pendant que la conjointe de la victime était réconfortée par ses proches dans la salle d’audience.

« C’est lui qui m’a ouvert la porte et c’est là que je l’ai fait. C’est total dégueu. Quand j’étais dans les Forces, j’ai eu à faire des trucs comme ça. Je suis censé me faire soigner », avait mentionné Pascal Gagnon.

L’individu a même indiqué qu’il collaborerait avec les policiers.

« Je n’aurai aucune résistance. Je vais être assis dans les marches. Mon coffret va être placé devant moi et les policiers vont pouvoir le prendre. L’arme va être barrée. Je m’en vais m’assoir dehors. Il ne peut plus rien arriver, j’ai pété la clé. Je vais aller en fumer une dehors... » a indiqué Gagnon.

La préposée du 9-1-1 a insisté pour que l’arme reste dans la maison afin que rien d’autre n’arrive.

Le SPS a procédé à une intervention à haut risque pour arrêter Gagnon.

Pascal Gagnon buvait une bière et avait une cigarette dans les mains à l’arrivée des policiers.

« Je lui ai dit de jeter sa cigarette et de déposer sa bière. Il ne semblait pas soûl. Il semblait normal et il a bien collaboré. Il a fini positionné à genoux derrière nous. J’ai procédé à son arrestation pour le meurtre d’Érick Lavoie. Je lui ai donné ses droits », a expliqué l’agente Jacques au tribunal.

C’est la policière Josiane Thibault du SPS qui a sécurisé la résidence de Pascal Gagnon après que l’arme du crime déposée sur la table de la cuisine a été identifiée.

« On voulait s’assurer que tout était correct dans la maison », mentionne l’agente Thibault.