Jean-Gabriel Pageau a subi une lacération du tendon d’Achille de la jambe droite, le 15 septembre dernier, ce qui compromettait son retour au jeu cette saison.

Pageau de retour au jeu dimanche

Guy Boucher n’a pas peur des mots. « C’est un miracle », s’est exclamé l’entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa, quand est venu le temps de parler du retour au jeu imminent de son protégé Jean-Gabriel Pageau.

Le terme « miracle » est un peu fort, ici.

Pageau a subi une lacération du tendon d’Achille de la jambe droite, au premier jour du camp d’entraînement, à la mi-septembre. Quand il s’est allongé sur la table du chirurgien, on lui a prédit une convalescence d’environ six mois.

Le Gatinois reprendra finalement sa place dans la formation débutante, ce week-end.

On ne lui demandera pas de jouer deux matches en autant de jours, comme ses coéquipiers.

Pageau se contentera d’une seule partie. Il affrontera les Hurricanes de la Caroline, dimanche après-midi.

Sa convalescence aura finalement duré quatre mois et trois semaines.

Quand il parle de « miracle », Boucher veut surtout saluer le travail accompli par beaucoup de gens pour accélérer le processus.

« Cette histoire nous en dit long sur Jean-Gabriel, tout d’abord. Il s’est imposé beaucoup d’efforts, dans les derniers mois, pour en arriver là. Il n’a pas été tout seul, dans cette histoire. Beaucoup de gens l’ont aidé », souligne le coach.

Pageau en est pleinement conscient.

« Je suis tellement reconnaissant, a-t-il déclaré, après avoir pris part à une dernière séance d’entraînement. Le personnel médical de l’équipe a fait un super travail. Nos médecins ont été super. Nos thérapeutes et nos préparateurs physiques ont aussi joué un grand rôle dans cette histoire. »

Il paraît que le responsable du conditionnement physique chez les Sénateurs, Chris Schwarz, est allé jusqu’à raccourcir son congé de Noël pour accompagner Pageau sur la patinoire, lors de ses séances de remise en forme.

« J’ai eu beaucoup de soutien à la maison, aussi. Je pense à mon épouse, à ma famille, à mes amis. Ils m’ont tous soutenu du mieux qu’ils ont pu. Les messages d’encouragement des partisans m’ont aussi fait du bien. »

Rouillé ?

Jean-Gabriel Pageau pourra remercier tout ce monde en se mettant au travail, maintenant.

Les Sénateurs ont perdu leurs six dernières parties et présentent la pire fiche en défensive de toute la Ligue nationale de hockey. C’est lui qui surveille les meilleurs attaquants adverses depuis maintenant trois ans.

« Il n’a pas joué depuis presque un an, intervient Guy Boucher. Il faudra donc être patients. Il lui faudra un certain temps avant de redevenir lui-même. »

« En attendant, il sera quand même supérieur à plusieurs joueurs que nous utilisons depuis le début de la saison. Il sera en avance sur n’importe quel autre joueur qu’on pourrait rappeler de notre club-école, aussi. »

On peut s’attendre à ce que Pageau passe le reste du mois de janvier dans un rôle assez limité, au centre du quatrième trio.

Durant cette période, sa simple présence, sa bonne humeur et son enthousiasme pourraient aider l’équipe.

« On est tous heureux quand “Page” traîne dans les parages, disait justement Matt Duchene, vendredi. Il est un des gars les plus drôles de toute notre équipe. En plus, il travaille d’arrache-pied chaque soir. Je le prendrais dans mon équipe n’importe quand ! »

« Il sera utile à tous les niveaux, pense Boucher. En plus d’être un des joueurs les plus appréciés, dans le vestiaire, il est un de nos joueurs les plus courageux. Nous formerons une meilleure équipe avec lui. »

+

Ben Harpur

HARPUR TOUJOURS PRÊT À JETER LES GANTS

Jean-Gabriel Pageau l’a surnommé « Big Smoothie » en raison de son gabarit imposant et de son tempérament doux.

Sur la patinoire, cependant, on découvre que Ben Harpur est un boxeur redoutable.

Le défenseur de six pieds et sept pouces domine présentement la LNH parce qu’il a écopé de cinq pénalités majeures pour s’être battu depuis le début de la saison.

« Je ne sais pas trop ce qui se passe, cette saison. On dirait que les gars des autres équipes me cherchent », dit-il.

Les gars le cherchent... et le trouvent.

Mercredi soir, les juges de lignes ont été obligés d’intervenir après six secondes pour protéger son adversaire, Tim Schaller, des Canucks de Vancouver.

« Je crois que je me suis battu à cinq occasions en quatre ans dans les rangs juniors. J’ai appris à me défendre durant mes années dans les mineures. Les esprits peuvent vite s’échauffer dans la Ligue américaine. »

Harpur n’hésite pas trop à jeter les gants lors des soirées où les Sénateurs alignent sept défenseurs. « Il est plus facile de me remplacer quand je purge une pénalité de cinq minutes. »

Il sera donc libre d’ajouter à sa fiche, ce week-end. Les Sénateurs devraient à nouveau utiliser sept défenseurs, samedi, puisque Christian Jaros devrait effectuer un retour au jeu.