Le maire John Pineault se donne deux ans pour présenter le meilleur dossier possible à l’UNESCO, qui devra notamment démontrer comment le milieu entend protéger l’île sur un horizon de 100 ans.

Ottawa propose Anticosti comme patrimoine de l’UNESCO

BAIE-COMEAU – L’éventuelle reconnaissance de l’île d’Anticosti comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO commence à se matérialiser avec la décision du gouvernement fédéral d’inclure l’île dans les sites qui seront soumis à l’instance mondiale. Le maire de l’endroit rayonne de fierté, mais rappelle qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.

«C’est un maudit beau cadeau de Noël», a lancé d’entrée de jeu John Pineault, en entrevue avec Le Soleil. «Tout le monde nous disait qu’on était un peu fous de vouloir faire classer comme patrimoine mondial une île aussi grande avec un petit village, en région très éloignée.»

Le maire de la municipalité de L’Île-d’Anticosti s’est également dit fier et reconnaissant des efforts et du soutien de ses quelque 200 concitoyens et des 25 000 Québécois qui ont appuyé la candidature sur Internet.

M. Pineault n’a toutefois pas manqué de rappeler qu’une possible inscription sur la liste du patrimoine mondial ne représente pas la fin de la route, au contraire. «J’ai toujours dit que l’UNESCO, ce n’est pas une fin en soi, c’est pour conduire vers d’autre chose, dont une économie plus florissante.»

«Il y a des projets liés [à cette démarche], comme le lien interrives et la SEPAQ, qui devrait faire bientôt une annonce en matière de villégiature, a enchaîné le maire. On est très conscients que ça va prendre du développement qui va aller avec ça. Si on se ramasse avec 250 000 visiteurs par année dans l’état actuel des choses, ça va mal aller tantôt.»

John Pineault se donne deux ans pour présenter le meilleur dossier possible à l’UNESCO, dossier qui devra notamment démontrer comment le milieu entend protéger l’île sur un horizon de 100 ans. 

Représentant des Innus dans le dossier, le chef d’Ekuatnitshit rappelle l’importance de reconnaître l’île comme patrimoine mondial afin de la protéger «à tout jamais» du développement gazier et pétrolier. Jean-Charles Piétacho salue sur ce point le «leadership» du premier ministre québécois Philippe Couillard et de la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna.

La ministre McKenna a ajouté mercredi huit sites à la liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada. L’île d’Anticosti est le seul site qui se trouve au Québec. Dans l’ensemble du pays, le gouvernement avait reçu 42 candidatures, dont celle du fjord du Saguenay et l’arrondissement d’Arvida, toujours au Saguenay. Ces candidatures étaient soumises à l’étude d’un comité consultatif ministériel composé de sept experts canadiens en patrimoine naturel et culturel.

Dans la province, deux endroits figurent au patrimoine mondial de l’UNESCO, soit l’arrondissement historique du Vieux-Québec et le parc national de Miguasha, en Gaspésie, un site qui regorge de fossiles, tout comme Anticosti.

Les huit lieux ajoutés à la Liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada:

- les récifs d’éponges siliceuses du détroit d’Hécate et du bassin de la Reine-Charlotte (Colombie-Britannique)

- la vallée Stein (Colombie-Britannique)

- le parc patrimonial Wanuskewin (Saskatchewan)

- l’île d’Anticosti (Québec)

- le lieu historique provincial du poste du câble de Heart’s Content (Terre-Neuve et Labrador)

- Qajartalik (Nunavut)

- le parc national Sirmilik et l’aire marine nationale de conservation proposée du Tallurutiup Imanga/Détroit-de-Lancaster (Nunavut)

- les bancs de glace du Yukon (Yukon)