Il sera désormais possible de voir plus en détails les ingrédients des bières canadiennes.

Ottawa envisage d'obliger l'étiquetage des ingrédients sur la bière

OTTAWA — Votre bière est sur le point de subir une transformation gouvernementale.

Des responsables fédéraux proposent des changements aux normes sur la bière à l’échelle du pays qui élargiraient le nombre d’ingrédients autorisés et forceraient les brasseurs à énumérer chaque ingrédient sur une cannette ou une bouteille.

Même la définition canadienne de la «bière» serait modifiée.

Ces changements marqueraient une révision majeure des normes sur la bière mises en vigueur il y a plus de 30 ans, mais elles doivent d’abord faire l’objet d’un processus de consultations publiques, lancé discrètement il y a quelques jours.

Les passionnés de la bière qui observent de près l’industrie depuis des années affirment que les propositions aideraient à adapter les réglementations à l’explosion de styles et de types de bières. Entre 1990 et 2017, le nombre de brasseries canadiennes a grimpé de 62 à un peu plus de 750, tandis que le nombre de marques de bière a crû d’environ 400 à plus de 7000.

Stephen Beaumont, coauteur de «The World Atlas of Beer», affirme qu’il y a un certain nombre de bières sur le marché aujourd’hui qui enfreignent les normes existantes, soit par leurs ingrédients ou leurs méthodes de fermentation.

«Ce sont des choses qui ont cours et les réglementations sont tout simplement à la traîne», a soutenu M. Beaumont.

Les bières n’auraient plus à avoir l’arôme, le goût et les caractéristiques «généralement attribués à la bière» ou à être catégorisées dans divers styles ou genres comme ale, stout, porter ou liqueur de malt. Plutôt, les responsables proposent d’établir des limites sur le contenu en sucre et de simplifier le langage concernant l’usage d’additifs qui contribueraient à définir ce qu’est une bière.

Aussi, il y aurait une liste plus large d’herbes et d’épices entre autres ingrédients pouvant être utilisés dans le processus de brassage.

«Nous n’allons pas exclure quoi que ce soit qui est actuellement défini comme une bière, mais cela fournira des paramètres aux brasseurs avec lesquels travailler», a soutenu Luke Harford, président de Bière Canada, une association commerciale canadienne qui représente plus de 50 entreprises constituant environ 90 pour cent des bières au Canada.