Opération policière en psychiatrie: les employés soulagés

SHERBROOKE - Les employés du département de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont soulagés après l'opération policière effectuée pendant tout l'avant-midi, mercredi, au 8e, 9e et 10e étage du pavillon Émile-Noël de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

« L'effet dissuasif devrait être là. On espère que ça va calmer les patients qui, on le pense, entraient de la drogue et en vendaient à d'autres patients », soutient un employé qui préfère garder l'anonymat.

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Il faut dire que les employés de la psychiatrie étaient sous tension depuis plusieurs semaines. « Recevoir des menaces verbales dans des moments de crise, c'est une chose... Mais quand on reçoit des menaces directes et que nos collègues se font crever leurs pneus pendant leur quart de travail, là c'est venu nous shaker en masse », indique une autre employée.

Le climat de peur qui s'est installé chez les employés mettra du temps à se dissiper. Un employé qui vient travailler à pied a maintenant très peur de marcher seul aux alentours de l'hôpital.

Un autre indique qu'il est à un cheveu d'abandonner sa profession. « Je suis rendu que j'arrive travailler le matin et que je regarde l'heure à tout moment en me disant : mais pourquoi il n'est pas quatre heures? C'est un signal d'alarme qu'on n'aime plus son emploi, hein? En fait, je l'aime encore. J'aime travailler en psychiatrie, je ne voudrais pas aller ailleurs. Mais je ne suis plus capable de vivre tous mes quarts de travail dans la peur. Je veux me rendre à ma retraite sur mes deux jambes, en bonne santé. Je ne veux plus risquer d'être blessé chaque fois que je viens travailler », clame-t-il.


« Les employés sont reconnaissants des actions qui ont été mises en place. »
Stéphanie Lemoine

Selon les employés, les patients de certains étages seraient nombreux à consommer des drogues illégales qu'ils achètent de revendeurs qui traîneraient souvent aux alentours de l'Hôtel-Dieu. 

« Les pilules de speed sont très faciles d'accès dès que les patients sortent de l'hôpital. Et les patients, ils sortent souvent : ils ont des pauses cigarette et des droits de sortie à l'extérieur, selon leur état. Le speed est une pilule pas chère, qui amène un buzz. On a déjà vu un étage entier se désorganiser après qu'un patient ait vendu des pilules à d'autres patients », soutient un employé.

Le Dr Jean-François Trudel reconnaît que les dernières semaines ont été « intenses ».

Mercredi matin, le sentiment de soulagement des employés était palpable aux yeux des gestionnaires. 

« Ce matin, je dirais que les équipes vont bien, que le climat est bon. Les employés sont reconnaissants des actions qui ont été mises en place. D'ailleurs, je veux remercier nos équipes, car nos employés font preuve d'un engagement important. Ils démontrent à quel point le bien-être des usagers est important pour eux, qu'ils souhaitent que nos usagers guérissent, en toute sécurité », précise Stéphanie Lemoine, directrice des programmes en santé mentale et dépendance au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.