Une fête nocturne s'est déroulée sur la pointe ouest de l'îLe Kettle, le week-end dernier.
Une fête nocturne s'est déroulée sur la pointe ouest de l'îLe Kettle, le week-end dernier.

Nuit blanche à Gatineau à cause d’un «party» sur l’île Kettle

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Des résidents de Pointe-Gatineau ont passé une nuit blanche à cause de centaines de personnes qui ont fait la fête samedi soir, jusqu’à 11h dimanche matin, sur l’île Kettle, une zone naturelle pourtant protégée.

Jean-François, qui habite ce quartier, a été surpris comme bien des voisins, en fin de semaine dernière.

«Puisqu’on a l’air conditionné, a raconté Jean-François au Droit, on a pu fermer nos fenêtres. Ce n’est pas le cas de tous les résidents qui dorment, fenêtres ouvertes. Encore dimanche matin, on entendait le ‘boum boum’, les basses et l’animation sur place.»

L’île Kettle, sur la rivière des Outaouais, est à environ un kilomètre de la berge gatinoise. Elle est la propriété à 98% de l’organisme Conservation de la nature Canada (CNC), qui tente de protéger cet écosystème fragile. Sa fréquentation est interdite, mais «tolérée» en certains endroits par CNC, qui dispose de ressources très limitées pour faire respecter sa réglementation.

Pas d’intervention policière

Le résident s’est tourné vers le service 3-1-1 pour se plaindre du bruit excessif. «On a transféré mon appel à la police de Gatineau. Elle savait que la fin de la fête était prévue à 11h, dimanche. On m’a dit que la fête avait réuni 300 personnes. Puis, la police m’a précisé qu’elle n’interviendrait pas.»

Appelé à commenter le dossier, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a confirmé avoir reçu plus d’un appel de résidents mécontents... et fatigués.

Conservation de la nature Canada demande aux visiteurs de ne pas se rendre au centre de l’île Kettle «où il y a des ours et de l’herbe à puce».

«Il n’y a effectivement pas eu de déplacement du SPVG», a confirmé l’agente Andrée East. Selon le SPVG, une intervention policière au petit matin aurait été pour le moins hasardeuse pour ses agents, «On ne peut pas arriver à un tel endroit comme celui-là, à seulement deux agents, sur une île où on trouve des centaines de fêtards. Utiliser un bateau, la nuit, avec seulement deux agents qui se retrouvent isolés peut s’avérer un exercice mettant leur sécurité en danger. C’est un appel hors de l’ordinaire.»

Le SPVG a dit réévaluer son approche pour ce type de plainte. «On va voir comment on va s’y prendre la prochaine fois, dit l’agente East. Il ne faudrait pas que les gens croient qu’on peut faire le party et autant de bruit sans conséquence.»

Le citoyen concerné et Le Droit n’ont pas pu retrouver l’organisateur de cette soirée. La fête a été dénoncée – ou défendue – sur certaines pages Facebook.

La conseillère municipale du district de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau, n’a pas rendu notre appel, en début de semaine.

Conservation

La directrice des programmes de Conservation de la nature Canada (CNC), Caroline Gagné, déplore un tel comportement des fêtards. «La fête n’a pas été autorisée. Du tout».

CNC «tolère» la présence humaine dans certains secteurs, comme la plage située à la pointe ouest de l’île. «Nous savons que des gens y vont. On tente de préserver l’endroit dont l’écosystème est fragile. Et nous n’avons qu’un canot et quelques bénévoles pour s’y rendre et tenter de garder les lieux dans un bon état. On veut éviter que les gens se rendent au centre de l’île, où il y a des ours et de l’herbe à puce.»

Selon CNC, la présence humaine apporte malheureusement son lot de déchets, de canettes et de bouteilles. «Généralement, le monde est respectueux, les plaisanciers vont à la plage, mais ça reste cool

La CNC voit mal comment elle pourrait effectuer une patrouille nocturne autour de l’île pour éviter de tels débordements. «On ne voudrait pas qu’on tente de nous faire chavirer par des conducteurs d’embarcations irrespectueux. On ne veut pas se mettre en danger.»