Rafael Nadal, le favori et champion en titre du tournoi, sera de toute évidence le favori en finale.

Nadal affrontera Medvedev en finale de la Coupe Rogers

MONTRÉAL — Rafael Nadal n’a même pas eu à verser la moindre goutte de sueur pour accéder à la finale de la Coupe Rogers de Montréal, samedi soir. Son adversaire, Gaël Monfils, a déclaré forfait quelques minutes avant leur duel.

Le comité organisateur en a fait l’annonce après la fin du duel de demi-finales entre Daniil Medvedev et Karen Khachanov, remporté 6-1, 7-6 (6) par le neuvième joueur mondial.

Monfils, 20e joueur au monde, a expliqué sa décision après le match de demi-finales de double mettant en vedette le Canadien Denis Shapovalov et son coéquipier indien Rohan Bopanna - qu’ils ont perdu 7-6 (3), 7-6 (7).

Le Français venait de mettre deux heures et 24 minutes pour venir à bout de l’Espagnol Roberto Bautista Agut 6-4, 3-6 et 7-6 (2) en quarts de finale.

S’il avait affronté Nadal comme prévu en soirée, Monfils, qui s’est appuyé sur sa raquette à maintes reprises au cours de ce duel contre Bautista Agut, n’aurait disposé que de deux heures de repos entre ses deux matchs.

«Je viens de me faire mal, j’aurais eu deux heures de récupération et c’est mon premier tournoi de reprise», a contextualisé Monfils, qui disputait un premier tournoi depuis Wimbledon.

«Et ensuite je dois jouer contre Rafael, et tu sais que contre lui il faut être à 100 pour cent, a-t-il rappelé. Déjà, à 100 pour cent, c’est dur, alors quand tu ne l’es pas... J’aurais pu jouer ce match, mais j’aurais alors risqué de ne pas pouvoir disputer toute la saison sur le dur.»

C’est donc dire que Nadal, le no 2 mondial, affrontera Medvedev en finale dimanche à compter de 16h au stade IGA. Ce sera alors le premier duel en carrière entre les deux joueurs. Néanmoins, Medvedev a assuré qu’il ne sera pas intimidé de se retrouver en finale contre un membre du légendaire ‘Big Three’.

«J’ai déjà joué quelques fois contre Novak (Djokovic) et Roger (Federer), et évidemment c’est très spécial; il y a beaucoup de pression, a mentionné Medvedev. Mais en même temps, c’est amusant, parce que c’est la raison pour laquelle je me suis entraîné toute ma vie. Je ne serai pas intimité. Je veux gagner, et je veux gagner dès demain.»

Nadal, le champion en titre du tournoi, sera de toute évidence le favori en finale. ‘Rafa’ convoitera alors un cinquième titre au Canada, après ceux acquis en 2005, 2008, 2013 et 2018, et il pourrait défendre un premier titre en carrière sur le ciment.

Quant à Medvedev, il tentera de devenir le premier joueur russe en 19 ans à remporter la Coupe Rogers de Montréal.

Jusqu’ici, seuls les Russes Andrei Chesnokov en 1991 et Marat Safin en 2000 ont déjà enlevé les honneurs du tournoi montréalais.

Medvedev n’a jamais remporté un tournoi de la série Masters 1000. Il disputera cependant une deuxième finale en autant de semaines, après s’être incliné devant Nick Kyrgios le week-end dernier à l’Omnium Citi de Washington.

Cette victoire a aussi permis à Medvedev de prendre les devants 2-1 en carrière contre Khachanov.

Un abandon prévisible

La décision du Français de se retirer n’est pas surprenante.

Il avait laissé entendre après sa victoire en quarts de finale plus tôt samedi après-midi que la fatigue accumulée ainsi qu’une légère blessure à une cheville pourraient le contraindre à se retirer du tournoi.

«Je me suis fait une petite alerte à 6-4, 2-1, ou quelque chose comme ça. Alors que je faisais un déplacement vers l’arrière, je me suis fait mal un petit peu à la cheville et à mon tendon d’Achille. (...) Après, je crois que ça s’est vu assez clairement; je ne suis pas encore où je dois être», a déclaré Monfils.

«D’ailleurs, au troisième set, j’ai commencé à jouer seulement les jeux au service. Je n’avais pas assez d’énergie, ni assez de force, pour disputer les jeux de retours. J’avais un peu mal, et un peu peur pour ma cheville», a-t-il ajouté.

Monfils et Bautista Agut étaient de retour sur le court après que leur match de quarts de finale prévu initialement en fin de soirée vendredi eut été suspendu en raison des mauvaises conditions météorologiques. La reprise du duel était prévue pour 13h samedi, mais Dame Nature a de nouveau joué les trouble-fête et l’a repoussée à 15h20.

Malgré son abandon, Monfils a maintenant égalé sa meilleure performance en carrière à la Coupe Rogers de Montréal; une place en demi-finales en 2017. Monfils compte maintenant participer la semaine prochaine au Masters de Cincinnati, où il doit croiser le fer au premier tour avec l’Américain Frances Tiafoe.

+

L’abandon de Monfils coûtera environ 500 000 $ à Tennis Canada, dit Lapierre

L’abandon de Gaël Monfils, quelques minutes avant son match de demi-finales contre Rafael Nadal samedi soir à la Coupe Rogers de Montréal, coûtera cher à Tennis Canada, a admis le directeur du tournoi Eugène Lapierre.

Car, quelques minutes après l’annonce, les organisateurs du tournoi ont annoncé qu’ils rembourseraient tous les détenteurs de billets pour le programme de soirée prévu samedi.

Mais heureusement pour eux, ils avaient une assurance afin de couvrir les imprévus qui pouvaient survenir pour les deux demi-finales et la finale, qui opposera Daniil Medvedev à Nadal au stade IGA à compter de 16h dimanche.

«Vous savez, une séance comme celle-là, c’est tout près d’un million $, a d’abord expliqué Lapierre. Et pour la première fois cette année, nous avions pris une assurance. Ça ne couvrira évidemment pas tous les coûts (associés à l’abandon de Monfils) — il va falloir qu’on jette un œil sur les détails du contrat —, mais nous pensons pouvoir récupérer peut-être un demi-million de dollars.

«Mais quand même, ça va faire un trou de quelques centaines de milliers de dollars. Ça risque néanmoins d’être une année record, bien que nous aurions préféré nous en passer (de l’abandon de Monfils), mettons», a-t-il poursuivi.

Selon Lapierre, il est maintenant monnaie courante parmi les tournois professionnels du calibre de la Coupe Rogers de se procurer des assurances pour parer aux imprévus lors des matchs les plus populaires.

«Des événements semblables se sont déjà produits par le passé, a rappelé Lapierre. Je me souviens notamment d’une année, au Masters de Miami, où les deux matchs de demi-finales avaient été annulés en raison des intempéries. C’était un cauchemar. Le circuit (de l’ATP) a donc commencé à chercher des ententes abordables pour les organisateurs des tournois. Ça s’est développé récemment, et lorsqu’on nous l’a offert, nous avons dit : “Oui, pourquoi pas?”.»

Évidemment, tous ces ennuis ne se seraient pas produits si le stade IGA était doté d’un toit rétractable. D’ailleurs, Tennis Canada tente depuis des années de trouver le financement nécessaire pour un tel projet, que Lapierre aimerait concrétiser plus tôt que tard.

«Si nous avions eu un toit hier soir (vendredi), et bien il (Monfils) n’aurait pas eu à faire un marathon aujourd’hui, a noté le principal intéressé. Mais vous savez, ce genre de problème se produit chaque année, et comme je l’ai déjà dit, si nous voulons assurer la pérennité de cet événement, alors il nous faudra un toit.»

D’ici là, Lapierre compte bien profiter de la finale entre Nadal et Medvedev — sous un soleil radieux.

«Ce sera un combat des générations. Nadal a commencé de la même façon quand il a affronté (Andre) Agassi ici en 2005, et là il affronte un jeune de 23 ans qui veut faire sa marque sur le circuit. On s’attend donc à une belle bataille entre ces deux joueurs», a-t-il résumé.

Il est à noter que les organisateurs du tournoi diffuseront sur les écrans géants du stade IGA avant la finale masculine celle des dames, à la Coupe Rogers à Toronto, entre la Canadienne Bianca Andreescu et l’Américaine Serena Williams. Celle-ci commencera vers 13h30.