Deux buts d'Ahmed Musa ont conduit le Nigéria à la victoire.

Musa procure une victoire de 2-0 au Nigeria contre l’Islande

VOLGOGRAD — Grâce à un doublé d'Ahmed Musa, le Nigeria a réussi contre l'Islande (2-0) l'exploit de relancer à la fois l'Afrique et l'Argentine à la Coupe du monde, vendredi à Volgograd, promettant une dernière journée de feu dans le groupe D.

errière la Croatie, déjà qualifiée après avoir corrigé la bande à Lionel Messi la veille (3-0), les jeux sont ouverts pour savoir qui sortira de ce groupe où les quatre équipes ont amassé des points. La réponse sera connue mardi prochain. 

Grâce aux deux buts de Musa, un habitué du gazon russe (il joue avec le CSKA Moscou), les «Super Eagles» sont plus que revenus au cœur de la course : ils se sont même emparés du deuxième rang du groupe, avec trois points, soignant l'image des équipes africaines, après les éliminations prématurées de l'Égypte et du Maroc.

Une victoire contre l’Argentine mardi (14h) permettrait au Nigériens de s’assurer leur qualification pour les huitièmes de finale, comme en 1994, 1998 et 2014. Une défaite leur compliquerait la tâche, puisque les Argentins et l’Islande suivent derrière, avec un point. 

«Ce que j'aime dans ma jeune équipe, c'est son humilité, sa solidarité et son esprit de combattant. Je pensais avant cette Coupe du monde que nous étions ici pour apprendre», a expliqué, un peu surpris, le sélectionneur du Nigeria Gernot Rohr.

«Je pense que cette équipe sera prête pour 2022 [au Qatar] et que ce Mondial arrive un peu tôt, mais nous avons une bonne chance de gagner contre l'Argentine», a-t-il poursuivi.

Un match nul devrait suffire au géant africain, car l'Islande devrait alors battre la Croatie par trois buts d'écart.

«Je pense que marquer contre l'Argentine n'est pas si difficile pour moi», a lancé Musa, confiant. «Nous connaissons l'importance du match. C'est à la vie à la mort.»

Aucun tir en 45 minutes

L'Albiceleste, avec un point et un différentiel de buts de - 3, peut de son côté encore s'en sortir en battant le Nigeria, à condition que l'Islande ne batte la Croatie. Les «Strakarnir okkar» («Nos garçons») doivent eux aussi gagner et espérer que le Nigeria ne le fasse pas.

L'Islande avait pourtant bien entamé le match de vendredi, où la première demie s'est figée après deux tirs cadrés, signés Gylfi Sigurdsson et arrêtés sans peine par le gardien Francis Uzoho.

D’ailleurs, bien plus tard dans le match, à la 83e minute, Sigurdsson a complètement raté complètement un penalty qui aurait pu relancer son équipe, qui tirait de l’arrière par deux buts après les réussites de Musa, à la 47e et la 75e minute. 

Pourtant, les Nigérians avaient renversé le match, eux qui n'avaient pas tiré une seule fois au but des 45 premières minutes!

Après la pause, Ahmed Musa a conclu un contre éclair, conduit par Iheanacho puis Victor Moses, d'une demi-volée après un superbe contrôle en extension.

Sur le second but, Musa a tout fait tout seul : sur une passe longue de Kenneth Omeruo, il a effacé Kari Arnason d'un coup de rein, puis le gardien.

Il a relancé les «Super Eagles», mais l'Argentine peut s'accrocher à une statistique : elle a battu trois fois le Nigeria en trois rencontres de Coupe du monde (1994, 2006 et 2014). Au Brésil, elle s'était imposé 3-2 en phase de groupes, dans un match marqué par des doublés de Messi et... de Musa.

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MODRIC DÉFEND MESSI

BRONNITSY — «Messi est un joueur incroyable, mais il ne peut pas tout faire tout seul.

Luka Modric, un de ses bourreaux, a volé au secours de l’Argentin apparu impuissant jeudi face à la Croatie. L’idole de l’Albiceleste, désemparée, n’est pas épargnée par les critiques.

«Dans le football, il faut de l’aide. Messi est un grand joueur, mais il a besoin d’aide», a ajouté le milieu du Real Madrid, auteur d’un superbe but pour crucifier une Argentine balbutiante (3-0).

Et autant Messi avait été en évidence face à l’Islande, malgré son penalty raté, autant il a été parfaitement muselé par les Croates, jeudi. En première mi-temps, «c’était difficile de passer le ballon à Leo», a reconnu son sélectionneur Jorge Sampaoli.

En seconde mi-temps, le joueur étoile qui aura 31 ans dimanche a davantage touché le ballon mais sans pouvoir se défaire de ses cerbères balkaniques. «Au milieu de l’hécatombe argentine, une autre débâcle retient l’attention du monde : celle de Lionel Messi», observe le quotidien argentin La Nacion.

«Il y a quelque chose de grave pour le numéro 10, le meilleur joueur du monde ne peut pas être ce qu’il montre jusqu’à maintenant dans cette Coupe du Monde», dit encore le journal.

Sampaoli sur le gril

Quand une équipe perd, les regards se tournent également vers l’entraîneur : ainsi, le sélectionneur Jorge Sampaoli a assumé la responsabilité de la déroute de l’Albiceleste.

En Espagne, Mundo Deportivo titre Au fond de l’abîme avec une photo de Sampaoli la tête dans les mains...

Ce dernier a joué gros jeudi en sortant de l’alignement les vedettes Marcos Rojo et Angel Di Maria, et en préconisant une défense à trois. Il a toutefois perdu son pari.

«Dans un tournoi au format aussi court, il faut prendre des risques, et je suis responsable pour tout ça», a dit l’Argentin de 58 ans, très marqué. «Je demande pardon aux supporters, notamment à ceux qui sont venus voir l’Argentine ici. Je suis responsable et profondément blessé par ce résultat.»  Agence France-Presse