La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, fait souvent réagir.

#MonCotonOuatéMonChoix

CHRONIQUE / J’ai rencontré des femmes qui portaient un coton ouaté, mardi, pour être solidaires avec la femme et la députée Catherine Dorion à qui on a refusé l’entrée au Salon bleu de l’Assemblée nationale, le 7 novembre, parce qu’elle était vêtue d’un chandail en coton ouaté. La solidarité des femmes s’est manifestée sur Facebook et les initiatrices du mouvement, Willy Blomme et Andréanne Pâquet, invitaient les femmes à démontrer leur solidarité et leur ras-le-bol en portant un coton ouaté et en se prenant en photo sur les réseaux sociaux avec le hashtag : #MonCotonOuatéMonChoix.

J’aime bien la députée de Taschereau, une jeune femme politicienne qui n’a pas la langue de bois, qui avance des idées nouvelles, qui fait face à la musique, qui se tient debout, qui ne craint pas les débats, en chambre et en public, et qui est en plus une excellente oratrice.

Réponse à Sylvain Gaudreault

La politique québécoise et les citoyens ont besoin de ce genre de personnes qui font avancer les débats et qui s’imposent comme leaders. Vous irez lire sur sa page Facebook la réponse qu’elle balance à la gueule de notre député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, après sa déclaration : « Que Catherine Dorion arrête de faire un show et qu’elle s’occupe de son comté ».

« C’est rare que je réponds à ceux qui disent n’importe quoi sur mon cas, mais là, Sylvain, tu t’attaques à ce que je considère comme le plus précieux et le plus important dans mon travail. Ton commentaire me passe de travers solide », écrit-elle avant de tracer un bref portrait de son travail. Ouf, la dame est impliquée dans son comté et les causes qu’elle défend et met en lumière sont nombreuses.

« Je ne finis plus d’être touchée aujourd’hui par vos messages d’encouragement », a-t-elle publié sur sa page Facebook en lien avec #MonCotonOuatéMonChoix. Le premier ministre François Legault serait impressionné par le nombre de gens qui sont d’accord avec elle sur sa page Facebook en référence au manque d’appui face au resserrement des règles en immigration ; il avait déclaré : « Si vous regardez ma page Facebook, je peux dire que 90 % des gens appuient ce que fait le gouvernement ».

La députée Catherine Dorion lâche un « ostie » de temps en temps, s’habille comme elle veut, provoque, donne des coups de pieds dans les poubelles, revendique, pose des questions, aide les citoyens de son comté, commente l’actualité, invite le gouvernement à agir face aux GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) qui ne payent pas de taxes ni d’impôt au Québec. J’aime ça du monde de même.

Pour ce qui est de ses tenues vestimentaires, ça ne regarde qu’elle. La collègue Myriam Ségal sur les ondes de KYK Radio X, mardi midi, relevait le fait que les codes vestimentaires s’ajustent à leur époque et rappelait qu’il y moins de 50 ans, le port du jeans était interdit à l’école. Je me rappelle effectivement que mes frères et sœurs avaient fait la grève et vidé les écoles secondaires pour avoir le droit de porter des jeans.

Deux poids, deux mesures

Je pense comme la chroniqueuse de La Presse Rima Elkouri qui écrit que le débat sur le coton ouaté « est révélateur d’un “deux poids, deux mesures” auquel on soumet les femmes en politique et ailleurs : les femmes qui dérangent ou qui commettent des erreurs sont souvent jugées plus sévèrement que les hommes », avance-t-elle dans sa chronique de mardi.

Les femmes osent le dire qu’il y a un double standard et il faudra bien se débarrasser de ces vieux réflexes et de nos vieux préjugés. Nous en avons eu un autre bel exemple dimanche soir lors de l’émission Tout le monde en parle où la major-général, Jennie Carignan, mère de quatre enfants, a dit s’être battue contre trois perceptions dans l’armée : que les femmes sont faibles, que les femmes ne sont pas capables de combattre et qu’elles ne peuvent pas être mères et soldats en même temps. Celle qui dirigera le commandement de la mission de l’OTAN en Irak avec 600 militaires a dit à Guy A. Lepage que si elle avait été un homme, il ne lui aurait pas posé une seule question sur la conciliation travail-famille. « Pour les hommes, c’est normal, ça va tout seul », a-t-elle commenté. L’animateur a dit espérer ne plus avoir à poser cette question.