La députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, effectue une tournée provinciale des élus municipaux.

Milieux humides: la ministre Laforest veut revoir la loi

La ministre des Affaires municipales et responsable de l’Habitation, Andrée Laforest, veut revoir la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme pour s’assurer qu’elle ne soit pas « contraire au développement économique », notamment en ce qui a trait aux milieux humides.

La députée caquiste de Chicoutimi a fait ce commentaire lors d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien en marge d’une tournée québécoise des élus municipaux qu’elle a entreprise lundi. Elle a d’ailleurs débuté par ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin de discuter des principales préoccupations de ces derniers.

La rencontre d’une durée de deux heures organisée par le directeur régional du ministère, Daniel Tremblay, a réuni autour de la même table à l’hôtel Le Montagnais les députés régionaux incluant le député péquiste Sylvain Gaudreault, les préfets de la région ainsi que la mairesse Josée Néron et les trois présidents d’arrondissement.

La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme a fait l’objet d’échanges et Mme Laforest affirme que la loi est peut-être trop sévère en ce qui a trait à la conservation des milieux humides, un irritant pour plusieurs promoteurs immobiliers. « C’est peut-être trop sévère. Montréal n’a pas des milieux humides comme ici. La loi date de 1979. Je m’engage à travailler sur ce dossier. Il ne faut pas que la loi soit contraire au développement économique », a indiqué la ministre.

En entrevue, Mme Laforest a mentionné que son objectif était de se placer en mode écoute et d’établir avec les élus que le gouvernement Legault entend adopter le réflexe région plutôt que le réflexe Montréal ou Québec. Elle a rappelé que le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a été appuyée principalement par les régions et qu’à cet effet, il entend être un gouvernement pro-régions.

Au moment où de plus en plus de villes sont à la recherche de nouvelles sources de revenus, comme c’est le cas à Saguenay, Mme Laforest a déclaré qu’il est toujours dans l’intention du gouvernement de transférer le 1 % provenant de la taxe de vente du Québec comme le réclament la Fédération des municipalités du Québec et l’Union des municipalités du Québec (UMQ), le tout conditionnellement à la révision de certains programmes. Le nouveau pacte fiscal servira de cadre aux discussions.

Pas question toutefois pour le gouvernement de modifier la Loi sur la taxation foncière des barrages hydroélectriques dans la région. Selon elle, il serait illogique qu’une ville comme Saguenay accorde des congés de taxes foncières à une entreprise comme Métaux BlackRock et que d’un autre côté on taxe davantage les barrages.

Les discussions ont permis d’aborder les questions de la rareté de la main-d’œuvre en région ainsi que l’immigration avec le dépôt du projet de Loi 9. Mme Laforest a expliqué que l’intention du gouvernement est d’arrimer l’arrivée des immigrants à des besoins de main-d’œuvre précis. Selon elle, certaines catégories d’immigrants connaissent des taux de chômage atteignant 26 %, une situation que souhaite corriger le gouvernement.

Elle a conclu en incitant les élus à lui présenter et à appuyer des projets provenant du secteur privé. « On a un gouvernement qui est prêt à aider. On ne regarde pas la parade », conclut-elle.

Josée Néron

Jointe par téléphone, la mairesse Josée Néron a qualifié de très intéressante la rencontre avec la ministre. Elle a fait valoir que l’avenir de Saguenay passe par des emplois et les grands projets industriels.