Christine MacNeil a été retrouvée morte dans une chambre d’hôtel à Hull en octobre 2015.

Meurtre de Christine MacNeil: «pas de preuve biologique»

Bien que la Couronne soit convaincue que Blake Dooley a tiré à bout portant sur Christine MacNeil, une escorte de 25 ans, dans un hôtel du Vieux-Hull, il n’y a pour l’instant, aucune preuve biologique que cet individu se soit trouvé dans la chambre où s’est produit le drame, le soir du 19 octobre 2015.

Le procès commun de Blake Dooley, et du présumé commanditaire de ce meurtre, Emilio Spezzano, se poursuit cette semaine au palais de justice de Gatineau.

Les deux hommes sont accusés du meurtre prémédité de la femme de 25 ans, survenu au Sheraton Four Points, sur la rue Laurier.

Selon la Couronne, Emilio Spezzano a décidé de faire tuer son ex, qui avait repris ses activités d’escorte. Il aurait retenu les services de son ami Blake Dooley pour accomplir sa sale besogne.

Lundi, la biologiste judiciaire Jacinthe Prévost a présenté les résultats de son expertise d’ADN, commandée en 2015 par la police des Gatineau.

Les enquêteurs lui ont alors fourni un mégot de cigarette jeté par M. Dooley, afin d’obtenir son profil d’ADN, et ainsi le relier au meurtre.

L’ADN d’un homme, qui n’est pas Blake Dooley, a été extrait de la chambre d’hôtel du quatrième étage où s’est produit le crime.

Le mégot de cigarette n’a pas été saisi sur le site du Four Points. La Couronne doit préciser, plus tard dans le procès, l’endroit où l’objet a été récupéré par les enquêteurs.

« Vous n’avez trouvé aucune preuve biologique reliant M. Dooley à ce crime ? » a posé l’avocat de la défense, Me Sean May, à la témoin experte. « C’est vrai », a-t-elle répondu.

L’ADN de « l’homme inconnu » se trouvait sur une canette de boisson énergétique découverte dans la poubelle de la chambre d’hôtel. Cet ADN et celui de M. Dooley ne sont pas compatibles.

La Couronne a toutefois annoncé au jury, à l’ouverture du procès, qu’elle possédait de nombreuses preuves reliant les deux suspects au meurtre de la femme.

Des appels, des textos et des périodes de filature policières comptent parmi ces éléments qui devraient, selon la Couronne, convaincre le jury de la culpabilité des deux hommes.

Corps

Aujourd’hui retraité, le sergent-détective Sylvain Piché, de la police de Gatineau, a raconté son implication dans cette affaire.

Il a eu la tâche d’aller observer le corps de la victime à l’hôpital, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2015, quelques heures après le crime.

« J’ai pu observer une entrée (de balle) au-dessus du sein gauche et une sortie au-dessus de l’épaule gauche. Il y avait une lacération à l’intérieur de la main gauche, et il y avait un morceau de dent supérieure (côté gauche) manquant. »

Le sergent-détective a noté des marques s’apparentant à de la poudre noire (qui proviendrait d’une arme à feu) et des brûlures près du sein droit, « comme si on avait tiré de près, de zéro à quatre pieds ».

Le 15 février 2016, soit quatre mois après le drame, les enquêteurs des crimes majeurs du SPVG ont interrogé Blake Dooley, un homme de 55 ans. Ce premier suspect a été accusé trois jours plus tard pour le meurtre prémédité de Mme MacNeil.

Emilio Spezzano, 59 ans, a pour sa part été arrêté le 14 juin 2017.