Jeff Simard-Gagnon a proféré des menaces auprès des policiers, des femmes enceintes, de la communauté juive et du peuple noir.

Menaces de carnage: Jeff Gagnon-Simard comparaît

Le Chicoutimien Jeff Simard-Gagnon n’aurait pas été sérieux lorsqu’il a proféré sciemment des menaces auprès des policiers, des femmes enceintes, de la communauté juive et du peuple noir. Une arme prohibée a aussi été retrouvée chez lui.

Le jeune homme de 27 ans de la rue Coulombe à Chicoutimi a été arrêté mardi soir après avoir écrit des commentaires inquiétants sur un site d’un cercle assez fermé d’individus, Jungle Hard Core.

L’homme a été cueilli par les policiers de Saguenay alors qu’il quittait son logement. Il ne s’attendait pas à la présence des policiers et n’a offert aucune résistance.

Simard-Gagnon voulait faire éclater la tête de tout ce beau monde à qui il semblait en vouloir.

Malgré tout, il semble qu’il n’ait eu aucune mauvaise intention. Selon les informations obtenues, l’individu ne voulait que se défouler et n’avait aucunement l’intention de passer à l’acte. Il n’y aurait rien eu de sérieux dans ses propos. Si ses intentions n’étaient pas sérieuses, il se rend sans aucun doute compte que le moment est assez mal choisi pour tenir ce genre de propos. 

Il suffit de penser aux événements de Québec, où Alexandre Bissonnette a tué six personnes musulmanes dans une mosquée, et dont le procès est en cours à Québec, ou encore à Alek Minassian, cet individu qui a enlevé la vie à 10 personnes à Toronto, lundi.

Il faut savoir que Gagnon-Simard possède quelques antécédents judiciaires et qu’il a déjà passé du temps derrière les barreaux. L’homme ne souffrirait pas de troubles mentaux. 

En plus des menaces (cinq chefs), Gagnon-Simard, dont les intérêts sont défendus par Me Olivier Théorêt de l’Aide juridique, a aussi été accusé de possession d’une arme prohibée sans être titulaire du permis nécessaire, d’avoir mal entreposé l’arme à feu et d’en avoir en sa possession alors que cela lui était interdit. Il a aussi commis un bris de probation pour une affaire remontant au 29 février 2016.

Collaboration

Si les patrouilleurs de Saguenay ont été en mesure de mettre la main au collet de l’homme menaçant, c’est à la suite d’une collaboration étroite et rapide avec leurs collègues de Québec.

Ces derniers auraient reçu l’appel d’un citoyen qui se trouvait sur le site Jungle Hard Core, que fréquentait Simard-Gagnon, et il aurait lu les propos de l’accusé. Immédiatement, il en a fait part aux policiers de Québec, qui ont relayé l’information à Saguenay.

« Lorsque nous recevons ce genre d’information, nous ne nous posons pas la question à savoir si cela est vrai ou non. Nous réagissons très rapidement. Nous avons pu trouver l’adresse de l’individu et rapidement nous avons établi notre plan d’intervention », précise Bruno Cormier, responsable des communications à la SPS.

« Une fois sur place, nos patrouilleurs élaboraient la façon de procéder lorsque le suspect est sorti de chez lui. »

« Il ne s’attendait pas du tout à retrouver des policiers à l’extérieur. Il se rendait faire une commission. Il a très bien collaboré avec nos services lorsque nous lui avons demandé de se coucher au sol », relate M. Cormier.

Ce dernier ne cache pas que dans de pareilles situations d’urgence, le temps de réaction est important.

« Nous ne savons jamais si l’individu décidera de mettre à exécution ce qu’il a écrit sur les réseaux sociaux. Nous n’avons aucune chance à prendre. »

« De plus, la réaction des gens sur le site d’un groupe fermé démontre que plus personne ne prend des propos de ce genre à la légère. Les gens réagissent rapidement et n’hésitent pas à communiquer avec les policiers pour les dénoncer », de dire M. Cormier.

L’enquête de remise en liberté aura lieu le vendredi 27 avril.