MarieChantal Chassé lors de l'assermentation du conseil des ministres, le 18 octobre dernier

MarieChantal Chassé: un problème de parité, vraiment?

CHRONIQUE / Plusieurs attribuent les déboires de la désormais ex-ministre MarieChantal Chassé à l’exigence de «parité hommes-femmes» que le premier ministre s’est imposée à son arrivée au pouvoir. C’est un peu court.

Aucun homme n’aurait pu connaître des difficultés semblables à celles de la ministre déchue? Voyons! Bien sûr que si.

Si la parité ne doit pas être sacralisée, devenir une religion, elle ne peut tout expliquer dans ce cas-ci.

Sur papier, Mme Chassé avait ce qu’il fallait pour accéder au conseil des ministres. Ce n’est qu’une fois qu’elle a été nommée que ses insuffisances sont apparues au grand jour.

La parité en cause? Et pourquoi pas, alors, le fait qu’il s’agisse d’une femme d’affaires, d’une entrepreneure?

Dans la même logique de l’argument de la parité, on pourrait donc très bien dire aussi que les difficultés qu’elle a connues montrent les limites qu’il y a à nommer à un conseil des ministres des personnes provenant du monde des affaires… C’est court également comme argument, non?

D’autres cas?

François Legault n’était pas obligé de nommer MarieChantal Chassé à la tête du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Il aurait pu nommer à ce poste la députée d’Argenteuil, la biologiste Agnès Grondin. Entre autres expériences, elle possède celle d’avoir dirigé le Conseil régional de l’environnement des Laurentides.

M. Legault n’était pas contraint de se tourner vers Mme Chassé parce que c’est une femme. Il a fait ce choix; il a fait un choix.

On a beaucoup dit depuis la formation du gouvernement Legault à quel point, en général, les membres du conseil des ministres, presque tous des néophytes, se débrouillent bien. C’est vrai.

Cela ne veut pas dire que c’est le cas pour tous — non plus que pour tous les hommes qui en sont membres. On ne peut pas dire, par exemple, que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a particulièrement brillé, y compris dans ses «communications». Il peut s’améliorer, il est vrai.

MarieChantal Chassé est une personne qui n’était pas à sa place à la tête d’un ministère devenu avec le temps très visible, voilà tout.

Répétons qu’elle a aussi pâti de la conversion très récente de la Coalition avenir Québec aux questions environnementales, de la quasi-absence de plans dans les domaines qu’elle devait piloter.

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