Jean Lamarche est le nouveau maire de Trois-Rivières.

Mairie de Trois-Rivières: Jean Lamarche l'emporte haut la main

TROIS-RIVIÈRES — Jean Lamarche est devenu, dimanche soir, le deuxième maire de l’histoire de la grande ville fusionnée de Trois-Rivières. Alors que les sondages annonçaient une lutte serrée avec son plus proche adversaire Jean-François Aubin, c’est finalement par une écrasante majorité de 54,9 % des voix exprimées que l’homme de 47 ans a été élu maire de Trois-Rivières.

Dès la sortie des premiers résultats, vers 20 h 20, on sentait déjà que Jean Lamarche prenait une avance sur ses trois adversaires, une avance qui n’a jamais cessé d’augmenter au fur et à mesure que les résultats entraient durant la soirée. Vers 21 h 30, le nouveau maire a été confirmé élu et a fait son entrée au Complexe Laviolette, là où l’attendaient plus de 200 partisans euphoriques, dont l’ancien maire Yves Lévesque qui est arrivé au courant de la soirée. 

«Nous avons gagné le pari de la fierté», a-t-il lancé à ses partisans, misant sur un discours rassembleur, où il a martelé vouloir travailler en équipe et pouvoir s’entourer des forces de chacun. «L’engagement et l’harmonie seront au cœur de mes réalisations», assure-t-il.

D’ailleurs, en mêlée de presse après son discours de victoire, M. Lamarche a souligné le défi de l’harmonie autour de la table du conseil municipal. «Je l’ai déjà dit, pour moi c’était la question de l’urne. Mais je crois que chacune des personnes qui sont présentes à cette table a le même objectif, c’est de faire grandir leur ville. Si c’est ça, on va le relever ensemble, ce défi», indique celui qui, malgré la présence de l’ancien maire Yves Lévesque à son rassemblement, n’a pas souhaité parler de lui comme faisant «partie de son équipe». 

«Yves Lévesque a été le maire des vingt dernières années, si jamais il souhaite qu’on se rencontre pour discuter de ces vingt années-là, je serai bien heureux de l’accueillir pour en discuter avec lui», mentionne M. Lamarche, ajoutant que son rapprochement avec Yves Lévesque a probablement contribué à son bon résultat électoral. 

«Il s’est passé plusieurs choses. D’abord la montée des sondages, on a senti sur le terrain une vague. Chacun des onze débats a aussi contribué au succès. Je ne vous cacherai pas que la sortie d’Yves Lévesque dans une certaine mesure a aidé, de même que la position prise au cours de la campagne par rapport à Vision zéro. Tout ça a eu son effet», considère Jean Lamarche.

Le nouveau maire estime toutefois que le succès de cette campagne repose d’abord sur le travail de toute son équipe. Il a d’ailleurs profité du discours de la victoire pour inclure chaque personne se trouvant dans la salle comme ayant fait, à différents niveaux, une réelle différence dans cette victoire importante. 

Terminé la politique pour Aubin

Alors que la course s’annonçait serrée entre Jean Lamarche et Jean-François Aubin il y a quelques jours, c’est plutôt par un résultat de 33,5 % que M. Aubin a vu le siège du maire lui échapper pour une seconde fois en moins de deux ans. Un résultat que le principal intéressé s’explique mal, mais qui vient définitivement mettre un terme à sa carrière en politique municipale. 

«C’est un choc, une surprise. On sait dans une élection qu’on peut perdre. J’aurais pensé que ça aurait été plus serré», a-t-il mentionné dimanche soir, visiblement déçu et secoué. 

Le candidat a toutefois tenu à féliciter Jean Lamarche pour sa victoire, lui qu’il invite maintenant à se rallier à certaines de ses idées et propositions faites durant la campagne. 

«Je l’invite à piger dans mon programme. Je pense qu’il y avait beaucoup de bonnes propositions concrètes, et je ne les faisais pas pour moi mais pour la Ville de Trois-Rivières. Qu’il les reprenne, je vais juste applaudir. Minimalement, qu’il prenne un virage environnemental. Qu’il assume la réalité de l’urgence des changements climatiques. Il y avait vraiment peu de choses dans son programme là-dessus», ajoute Jean-François Aubin, qui entend demeurer engagé dans sa ville, «mais pas en politique municipale».

Éric Lord surpris

Avec 10,7 % du vote final, le candidat Éric Lord s’est dit surpris du résultat final, mais pas tant de voir Jean Lamarche accéder à la mairie. «On voit que la population est encore beaucoup influencée par Yves Lévesque, ce qui a positionné avantageusement
M. Lamarche. Mais je suis content de cette campagne, menée avec mes valeurs et entouré de ma famille. J’en sors grandi», confie M. Lord, qui invite lui aussi le nouveau maire à peaufiner ses propositions environnementales, un sujet qui tenait particulièrement à cœur au candidat. 

M. Lord entend prendre les prochains jours pour se reposer et estime qu’il est trop tôt pour dire s’il compte se lancer de nouveau en politique un jour. «Mon intérêt pour les affaires publiques demeure entier. Pour le reste, on va se laisser du temps», mentionne-t-il ajoutant vouloir faire un bilan de cette campagne avec son équipe et évaluer la portée du mouvement citoyen qu’il représentait.

Pierre-Benoît Fortin serein

Avec moins de 1 % du vote, Pierre-Benoît Fortin riait (jaune) de bon cœur au bout du fil, lorsque joint par Le Nouvelliste. «C’est correct, c’est fantastique! Ça veut dire que les Trifluviens ne veulent vraiment aucun changement. Ça fait deux fois que je tente le coup à la mairie avec un programme étoffé. Les autres n’avaient rien, mais les gens ont voté pour eux quand même», constate-t-il.

Avec ce cumulatif de résultats décevants, M. Fortin refuse de tirer un trait définitif sur la politique municipale. «À chaque jour suffit sa peine, on ne sait pas ce qui va arriver demain. Ça fait 38 ans que je suis dans la politique et j’ai encore du plaisir à faire ça», a-t-il lancé, toujours en rigolant.