Avec les lunchs offerts à l’école, Jean-François Lisée propose «une mesure qui va permettre aux parents, ceux qui le désirent, de se décharger de cette tâche-là».

Lunchs offerts à l’école: attention au danger de déresponsabiliser les parents

Diane Miron, présidente de l’Association québécoise de la garde scolaire, craint que le Parti québécois ne déresponsabilise les parents en fournissant des lunchs santé à tous les enfants du primaire.

«C’est une idée intéressante, qui peut donner un coup de pouce aux parents. Il faut faire attention par contre que le gouvernement ne vienne pas prendre leur place. Ça leur appartient de bien nourrir leurs enfants», commente-t-elle.

L’Association québécoise de la garde scolaire explique qu’une telle mesure serait réalisable, mais engendrerait une réorganisation importante dans les écoles. «On ne peut pas juste donner un lunch aux enfants et qu’ils aillent s’asseoir n’importe où pour le manger.» 

Les nouvelles écoles primaires disposent d’une cafétéria, mais pas les plus anciennes, qui composent la majorité du parc scolaire québécois. Ainsi, plusieurs jeunes enfants doivent manger à l’intérieur des classes. 

Mme Miron soutient que la proposition semble inspirée de l’une des recommandations du Sommet de la famille, qui s’est tenu à la mi-mai à Saint-Hyacinthe, et auquel la vice-chef du PQ Véronique Hivon a assisté. 

Une annonce du PQ

Le PQ a annoncé mercredi qu’il s’engage à implanter un service de repas sains à faible coût dans les écoles primaires du Québec.

Affirmant que «le Québec est mûr pour une petite révolution des lunchs», le PQ estime que la mesure coûtera à terme 37,9 millions $ et profitera à plus de 250 000 enfants. Elle sera implantée en quatre ans, d’abord en milieu défavorisé.

Les repas seraient offerts au coût de 1 $ pour les familles à faible revenu (moins de 35 000 $). Celles dont les revenus se situent entre 35 001 $ et 65 000 $ devraient débourser 3 $, alors que le prix serait fixé à 5 $ pour les familles de la classe moyenne dont les revenus dépassent 65 000 $.

La députée Carole Poirier a précisé que le modèle de service de dîners ne serait pas unique et qu’il serait plutôt déterminé selon les besoins spécifiques de chaque école et les infrastructures en place.

Elle note également que les repas servis seraient sains et confectionnés à partir de produits locaux. Les parents qui le souhaitent auraient par ailleurs toujours l’option de préparer les lunchs eux-mêmes.

En conférence de presse, Jean-François Lisée a expliqué que le PQ s’était demandé comment dégager du temps pour les familles, soulignant que de nos jours, en général, les deux parents travaillent.

«Il y a plein d’activités, il y a le sport, il y a les activités parascolaires, les bouchons... Alors on s’est dit, on va commencer par les lunchs, avec une mesure qui va permettre aux parents, ceux qui le désirent, de se décharger de cette tâche-là», a-t-il annoncé.  Avec La Presse canadienne