Un adolescent autiste de 17 ans a été accusé du meurtre au second degré de sa mère.

Limoilou: adolescent accusé du meurtre non-prémédité de sa mère

Les yeux ronds, le regard effrayé, un grand adolescent de 17 ans, autiste, a été conduit en chambre de la Jeunesse lundi pour éventuellement être accusé du meurtre non-prémédité de sa mère.

Le jeune homme, avec un bandage à la main droite, est entré en salle d’audience en regardant partout autour de lui, escorté de deux agents de sécurité du centre jeunesse.

Avant de procéder à la comparution, l’avocat de défense Me Pascal Defoy, a demandé à la juge Judith Landry de la Cour du Québec, d’ordonner un premier examen sur l’aptitude à comparaître de son jeune client, atteint du trouble du spectre de l’autisme.

Les parties seront de retour à la cour lundi prochain pour savoir si l’adolescent comprend suffisamment le système judiciaire pour subir un procès.

Par la suite, il est prévisible que la défense fasse une demande d'examen sur la responsabilité criminelle du jeune.

Le drame est survenu en milieu de soirée samedi dans un immeuble du quartier Limoilou. La mère, une femme de 49 ans, a été agressée à coups de couteau dans un corridor de l’immeuble. Son fils de 17 ans, qui n’habite pas avec elle, a été retrouvé peu de temps après dans un logement voisin.

Peine pour adulte

Vu la gravité de l’infraction, le procureur de la Couronne Me Hugo Breton a annoncé dès cette première étape judiciaire qu’il demanderait une peine pour adulte, dans l’éventualité d’une condamnation.

Cette requête est lourde de conséquences; dans le système de justice pénale pour adolescent, la peine maximale pour un meurtre au second degré est de sept ans de mise sous garde dans un centre jeunesse. Chez les adultes, un accusé coupable de meurtre au second degré est automatiquement condamné à la prison à perpétuité. Le juge se charge ensuite de déterminer après quelle période le détenu peut faire une demande de libération conditionnelle, mais il devra obligatoirement être incarcéré durant sept ans.

L’enquête préliminaire de l’adolescent se fera en chambre de la Jeunesse. Son éventuel procès devrait toutefois se transporter dans une salle de la Cour supérieure.

L’adolescent demeure détenu pour l’instant.

Des membres de la famille de la victime et de l’accusé étaient présents, discrètement assis dans la salle d’audience.

« Ils sont déchirés, pris entre l’arbre et l’écorce, évoque le procureur de la Couronne, Me Breton. Ils étaient là pour supporter l’accusé, mais aussi pour être présent comme c’est un être cher qu’ils ont perdu.

Il sera interdit à l’adolescent de communiquer avec une série de personnes, principalement des témoins de l’événement.

La loi nous interdit de publier l'identité du jeune accusé.