L’image de Chuck Norris sur un véhicule de la police de Québec dénoncée [VIDÉO]

L’activiste professeur de science politique à l’UQAM Francis Dupuis-Déri a déposé une plainte en déontologie policière, mercredi. Il dénonce l’usage de l’image de l’acteur Chuck Norris armé, brandissant deux mitraillettes, sur un véhicule utilisé par des agents du Service de police de la Ville de Québec et de la Sûreté du Québec.

M. Dupuis-Déri était dans la capitale en juin, durant le Sommet du Groupe des sept (G7) dont l’épicentre se situait au Manoir Richelieu de La Malbaie. Il participait à des manifestations.

Il résume les faits : «Le vendredi 8 juin 2018, vers 16h40 sur Grande Allée, nous étions quelques personnes à discuter sur le trottoir, sans bloquer la circulation, sans bloquer les piétons. Et à ce moment-là, une fourgonnette du Service de police de la Ville de Québec s’est arrêtée devant nous. Plusieurs agents en sont descendus et se sont approchés de nous, ont procédé à l’arrestation d’une des personnes avec qui nous discutions.»

L’homme appréhendé est Benoît Valiquette qui avait dénoncé l’ampleur du déploiement policier durant la rencontre des chefs d’État des puissances économiques et politiques. Il a été accusé d’attroupement illégal.

M. Dupuis-Déri ne critique pas directement la façon dont les policiers ont procédé à l’arrestation. Cet aspect sera réglé au tribunal, dit-il.

Il critique plutôt l’usage d’une image «violente» sur le véhicule policier : «On a remarqué que […] il y avait, accrochée sur la porte, pour être vue du public, une photo de l’acteur Chuck Norris qui avait dans ses mains deux fusils pointés vers le public.»

Selon le militant, «cette photo sur un véhicule de la police, alors qu’ils circulent dans la ville de Québec et qu’ils sont en pleine intervention, est hautement problématique. […] On a senti augmenter la peur en nous. On s’est dit : “Les policiers nous perçoivent comme une invasion dans la ville de Québec et ils se perçoivent dans le rôle de Chuck Norris de neutraliser les ennemis”.»

Le professeur juge donc que l’image contrevient au Code de déontologie des policiers du Québec notamment en minant la confiance que peut avoir le public envers les agents qui affichent une image d’un acteur pointant des armes. «C’est, à tout le moins, une forme d’intimidation, probablement de menace, de la part de la police.»

Une dizaine de policiers du SPVQ et de la SQ sont identifiés dans la plainte.

Francis Dupuis-Déri dit déposer cette plainte parce que c’est son «devoir de citoyen».