Dany Aubry
Dany Aubry

L'ex-enseignant Dany Aubry était accusé d’abus sexuels sur deux mineures: acquitté pour une et coupable pour l’autre

Trois-Rivières — Dany Aubry, cet ex-enseignant de l’école secondaire Les Seigneuries à Saint-Pierre-les-Becquets, a été acquitté des accusations portées contre lui pour des abus sexuels commis sur une adolescente en 2012 mais déclaré coupable des infractions de même nature perpétrées sur une autre jeune fille en 2005 et 2006.

En ce qui concerne les présumés délits datant de 2012, Dany Aubry avait plaidé non coupable. Un procès avait donc été tenu en décembre dernier, ce qui avait permis à la présumée victime de donner sa version des faits. Selon elle, le suspect, qui était son tuteur et son professeur de géographie, lui aurait touché un sein et lui aurait fait des avances sexuelles lors d’un camp médiéval. Elle avait 14 ans à ce moment. Il lui aurait même révélé qu’il était vasectomisé de sorte qu’elle ne courait aucun risque.

Toujours selon elle, à l’occasion d’un party d’Halloween, il lui aurait proposé de venir le rejoindre à la fin de la soirée lorsqu’ils seraient seuls. Et dans une autre fête, il l’aurait prise par la taille pour l’attirer à ses côtés.

Dany Aubry avait nié tous les gestes sexuels. Or, le juge ne l’a pas cru, relevant plusieurs incohérences et invraisemblances dans sa version. Par exemple, il comprend mal que malgré sa position d’autorité et la prudence dont il doit faire preuve avec des mineurs, il ait pu prendre le risque de se retrouver seul avec une étudiante près d’un feu au lieu de lui demander d’aller se coucher.

Quant à la vasectomie, le juge s’est aussi demandé comment la plaignante pouvait connaître ce fait. En guise d’explications, le prévenu avait affirmé au procès en avoir parlé ouvertement à tout le monde dans le but d’éduquer les jeunes mais le juge a soulevé un doute.

«De professeur de géographie, il est devenu professeur d’anatomie, voire de sexualité?», a-t-il déclaré.

D’un autre côté, la défense, assurée par Me Maurice Biron, a été en mesure de soulever un doute raisonnable. Le témoignage d’une travailleuse sociale, ayant reçu les confidences de la plaignante, a fait ressortir des contradictions sur la fréquence et la nature des gestes.

Quant au témoignage même de la plaignante, des contradictions et des distinctions ont aussi été relevées entre ses propos au procès et ceux tenus à l’enquête préliminaire. Ceci a eu pour effet d’affecter sa crédibilité et sa fiabilité. «Je ne dis pas qu’elle a menti. Il est possible qu’elle dise la vérité mais son témoignage n’est pas suffisamment fiable pour servir d’assise à un verdict de culpabilité», a-t-il déclaré. Dany Aubry a donc été acquitté de toutes les accusations portées contre lui en lien avec cette présumée victime.

Par contre, en ce qui concerne l’autre plaignante, le juge l’a déclaré coupable des accusations d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur une adolescente âgée de 16-17 ans pour des événements survenus entre 2005 et 2006. Notons à ce sujet que Dany Aubry avait par contre déjà plaidé coupable en décembre dernier. Cependant, il manquait le résumé des faits du procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté et surtout, la reconnaissance de ceux-ci par l’accusé avant qu’il ne soit déclaré officiellement coupable.

Dans cette affaire, on y apprend que Dany Aubry a abusé sexuellement d’une étudiante étrangère de passage dans la région dans le cadre d’un programme d’échange. Il est même tombé en amour avec elle au cours de l’année scolaire. Il avait alors 40 ans et elle, 16-17 ans. Il a eu avec elle des relations sexuelles complètes à plusieurs reprises.

Au niveau de la sentence pour ces agressions sexuelles, le juge a ordonné à la demande des avocats qu’un rapport présentenciel et un rapport sexologique soient confectionnés. La cause a été reportée au 11 mai.

Enfin, le juge a rejeté une requête en arrêt des procédures déposée par Me Biron pour abus sur le délai de prescription des accusations. En ce sens, il a conclu qu’il n’y avait pas de preuve de préjudice et que les droits constitutionnels n’avaient pas été violés.