Le Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec joint sa certification à celle des Producteurs de bois de la Gaspésie sous une nouvelle entité, Forêts certifiées du Québec, afin d’inviter un maximum de producteurs à travers la province à profiter de l’expertise de l’Estrie et de la Montérégie en plus de se certifier à coûts moindre.
Le Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec joint sa certification à celle des Producteurs de bois de la Gaspésie sous une nouvelle entité, Forêts certifiées du Québec, afin d’inviter un maximum de producteurs à travers la province à profiter de l’expertise de l’Estrie et de la Montérégie en plus de se certifier à coûts moindre.

L’Estrie et la Montérégie veulent propager la foresterie verte

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Les producteurs forestiers de l’Estrie et de la Montérégie croient qu’il est temps de partager leur expertise de développement durable à plus grande échelle. Ceux-ci viennent de collaborer à la création d’une toute nouvelle entité, Forêts certifiées du Québec, qui vise à amener les propriétaires de boisés de la province à profiter de leurs connaissances en plus d’un meilleur accès à la certification.

Avec 2500 propriétaires de boisés certifiées par le Forest Stewardship Council (FSC) sur leur territoire depuis 2009, l’Estrie et la Montérégie se qualifient de régions pionnières en termes d’aménagement forestier durable. « C’est une certification où les normes pour faire les travaux de récoltes et tous les travaux forestiers sont plus contraignantes que l’ensemble des lois, explique le directeur général du Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec, Martin Larrivée, qui représente l’Estrie et la Montérégie. C’est une façon de faire de la sylviculture plus responsable et plus durable. Il y a des acheteurs qui recherchent ces produits-là, dont Domtar à Windsor. C’est dans cette optique-là qu’on l’avait offert en 2009. » 

En plus de détenir un plan d’aménagement forestier valide, les propriétaires de forêts certifiées par la FSC doivent notamment suivre des normes précises d’abattage et veiller à la protection de l’environnement en maintenant la qualité de l’eau, en contrôlant l’érosion et en protégeant les espèces à statut particulier. Ils doivent aussi employer des méthodes de travail sécuritaires, entretenir le bon voisinage et maintenir les attributs écologiques et fauniques lors de leurs opérations. 

Fusion des certificats 

Par le biais de Forêts certifiées du Québec, la certification du sud du Québec se joint pour le moment à celle du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie, qui détenait son propre certificat afin d’encadrer les pratiques à la fois sur des terres privées et publiques intramunicipales. Ce nouveau certificat fusionné couvre ainsi déjà près de 200 000 hectares au Québec, dont la Forêt communautaire Hereford, et bientôt plus.  

« On a senti l’an dernier qu’il y avait peut-être moyen de se regrouper et de se mettre sous un même certificat, dans l’objectif de l’offrir à d’autres régions », raconte M. Larrivée. 

Parmi les potentielles intéressées, M. Larrivé nomme par exemple la Beauce, qui a abandonné sa certification forestière en 2017.

« [Avec Forêts certifiées du Québec], c’est une certification à meilleur coût. Parce que plus il y a de gens sous le chapeau de la certification, moins ça coûte cher. C’est intéressant pour les propriétaires des autres régions », plaide l’ingénieur forestier. 

Même Domtar, qui possède son propre certificat pour ses propres terres privées, sera invitée à se joindre s’il le désire, ajoute-t-il. 

« On prévoit un siège sur le conseil d’administration pour chaque organisme ou groupement d’organismes, donc il prendrait part aux décisions », dit-il. 

Chacun des syndicats régionaux continue ainsi d’exister et de mettre en marché les produits de son territoire, mais bénéficiera d’une expertise mise en commun pour assurer la logistique et l’accompagnement des propriétaires. « Mais dans la certification, il pourra y avoir des différences régionales, précise M. Larrivée. La forêt, en Gaspésie, ce n’est pas nécessairement la même que dans les Cantons-de-l’Est. Eux travaillent plus avec les résineux et nous avec les feuillus. Évidemment, la norme va s’ajuster. » 

Le Syndicat des producteurs forestiers du sud du Québec représente 13 500 propriétaires, dont 2500 sont certifiés avec la FSC. Plusieurs sont membres de l’un des cinq groupements forestiers de la région.