Des syndiqués de Postes Canada faisaient encore du piquetage à Montréal, mardi matin.

Les syndiqués de Postes Canada dénoncent la loi mettant fin à leur grève

OTTAWA - Les facteurs canadiens ont repris le travail mardi en promettant de poursuivre leur mouvement social, dénonçant l’adoption la veille par le Parlement d’une loi «anticonstitutionnelle» mettant fin à plus d’un mois de grève alternée.

Après la Chambre des communes vendredi, le Sénat a voté lundi en faveur d’une «loi spéciale» présentée par le gouvernement de Justin Trudeau, qui force le retour au travail des employés de la société parapublique Postes Canada, et donne le mandat à un médiateur pour aider les deux parties à trouver un terrain d’entente.

Sous pression des PME et du secteur du commerce en ligne, quelques semaines avant les fêtes de fin d’année, le gouvernement fédéral s’était résolu la semaine dernière à présenter un projet de loi en urgence pour mettre fin au conflit social.

Dans un communiqué amer, le président du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Mike Palecek, a demandé à ses membres «de retourner à leur quart de travail régulier à compter de midi et d’attendre les prochaines consignes».

«Après 37 jours de grèves tournantes, une loi de retour anticonstitutionnelle prive les travailleurs et travailleuses des postes de leur droit de grève», a-t-il regretté, assurant que «la lutte (était) loin d’être terminée».

Il a averti du lancement «dans les prochains jours» d’une «campagne de mobilisations, de manifestations et de désobéissance civile non violente».

La grève alternée, débutée le 22 octobre, a occasionné une suspension temporaire des livraisons de courrier dans plusieurs grandes villes, et des milliers de colis attendent d’être triés et livrés à travers le pays. Postes Canada a déjà averti que le retour à la normale serait long.

Face à ce blocage, la société parapublique canadienne avait suspendu l’arrivée de courrier en provenance de l’étranger.

Le syndicat des facteurs et leur employeur négocient depuis un an de nouvelles conventions collectives. Le syndicat réclame de nouvelles embauches pour répondre à l’explosion du commerce en ligne, ainsi qu’une harmonisation des conditions de travail entre milieux urbains et ruraux.

En cas d’échec du médiateur officiel, les termes des nouvelles conventions seront imposés par le gouvernement.

LES ENTREPRISES INDÉPENDANTES SE RÉJOUISSENT

Par ailleurs, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante se réjouit de l’adoption, par le gouvernement fédéral, d’une loi spéciale pour forcer les employés des postes à mettre un terme à leurs grèves tournantes, à l’approche des Fêtes.

Le regroupement de 110 000 PME, qui avait demandé à Ottawa d’intervenir, estime que le gouvernement libéral «a pris les mesures qui s’imposaient afin que les services postaux reprennent leur cours normal à l’approche des Fêtes».

Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI, a plaidé que «les semaines qui précèdent Noël peuvent représenter une grande partie» des ventes annuelles de plusieurs PME.

Le service postal devait reprendre mardi à midi, maintenant que le Sénat a adopté lundi soir le projet de loi spéciale des libéraux par 53 voix contre 25, et quatre abstentions, après deux jours de séance extraordinaire. Certains sénateurs - indépendants, libéraux indépendants, et même certains conservateurs - craignaient que la loi spéciale ne viole le droit des travailleurs à la libre négociation.

Avec La Presse canadienne