Les réfugiés syriens s’intègrent progressivement à la société canadienne

OTTAWA — Les réfugiés syriens admis au Canada dans le cadre du programme fédéral de réinstallation rattrapent lentement les autres groupes de demandeurs d’asile au chapitre de l’emploi et des liens avec leur communauté.

La dernière étude de Citoyenneté, Immigration et Réfugiés Canada concernant le sort des quelque 40 000 Syriens arrivés au pays en 2015 et 2016 laisse entendre qu’un peu plus de la moitié d’entre eux ont trouvé un travail. Près du quart recherchait activement un boulot.

Toutefois, l’étude démontre que leurs salaires sont toujours inférieurs à ceux des autres groupes de réfugiés. Selon ce rapport, la majorité des Syriens estiment bien gérer les besoins de la vie quotidienne au Canada, nombre d’entre eux se tournent vers les banques alimentaires pour obtenir de l’aide.

Accepter 25 000 réfugiés syriens était un des principaux engagements des libéraux lors de la campagne électorale de 2015 qui s’est déroulée au plus fort de la guerre civile en Syrie.

Les programmes de réinstallation qui ont suivi ont été approuvés par une majorité de Canadiens. Toutefois, de nombreux observateurs craignaient qu’en raison de leur grand nombre, les réfugiés, dont beaucoup souffraient des traumatismes liés à la guerre, ne puissent bénéficier du soutien nécessaire pour leur permettre de s’adapter à la vie au Canada.

L’étude publiée en juin indique que 89 pour cent des adultes syriens ont pu avoir accès à des évaluations linguistiques financées par le gouvernement et que 77 pour cent d’entre eux ont pu suivre une formation linguistique. Bien que la plupart aient déclaré pouvoir effectuer des tâches quotidiennes dans une des deux langues officielles du pays sans aide, les difficultés linguistiques ont suscité un sentiment d’isolement chez certains.

Cinquante-sept pour cent des 1255 Syriens interrogés dans le cadre de l’étude réalisée en 2018 rapportaient avoir un emploi.

Une grande majorité — 86 pour cent des répondants — ont dit avoir un médecin ou à un prestataire de soins de santé. Un certain nombre préféraient s’en abstenir en raison d’un problème de langue ou de compréhension des services, de la stigmatisation liée aux maladies mentales.

Une grande partie des parents ont indiqué que leurs enfants d’âge scolaire avaient été inscrits à l’école. Les barrières linguistiques font toutefois en sorte qu’ils ont toujours du mal à participer activement à l’éducation de leurs enfants.