Les Rays de Tampa Bay pourraient compléter leur calendrier de matchs à domicile de 2020 à Montréal. La Régie des installations olympiques a indiqué que personne de l’organisation floridienne ne l’avait contacté mais qu’en tant que locateur de stade, elle serait prête à recevoir les Rays.

Les Rays pourraient partager leur saison à domicile avec Montréal

MONTRÉAL — Les Rays ont reçu la permission du comité exécutif du Baseball majeur afin d’étudier la possibilité de disputer quelques matchs en début de saison à Tampa Bay, avant de compléter leur calendrier à domicile à Montréal.

C’est le commissaire Rob Manfred qui en a fait l’annonce à la conclusion de la réunion des propriétaires. La nouvelle a d’abord été rapportée par ESPN.

Bien que ce plan soit embryonnaire pour l’instant, la direction des Rays considérerait que cette solution à deux villes soit la seule façon de sauver le baseball dans la région de Tampa Bay après de nombreuses tentatives échouées de construire un nouveau stade dans la région, selon le réseau américain.

Selon ce plan, qualifié de «possibilité à long terme» par Manfred, les Rays disputeraient des matchs dans de nouveaux stades dans les deux marchés de Tampa et Montréal. Le nombre de matchs qui seraient disputés dans chaque ville n’aurait pas été déterminé.

Jointe par La Presse canadienne, la direction des Rays n’a pas voulu commenter. L’organisation a toutefois convié les médias mardi prochain, afin de discuter «des commentaires du commissaire Manfred lors de la réunion des propriétaires».

«Ma priorité est toujours la même: je souhaite garder le baseball à Tampa Bay pour les générations à venir, a déclaré le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, par communiqué. Je crois que ce concept mérite qu’on l’étudie sérieusement.»

Du côté du Groupe de Montréal, Stephen Bronfman a réagi par communiqué en après-midi.

«Nous travaillons d’arrache-pied depuis plusieurs années pour examiner comment nous pouvons ramener le baseball à Montréal de manière durable. Ce concept est vraiment intéressant pour mes partenaires et pour moi et nous avons hâte de l’étudier plus en profondeur.»

La même question se pose pour Montréal: le groupe voudra-t-il s’engager dans la construction d’un nouveau stade pour une portion de calendrier seulement? La MLB a déjà statué qu’un retour au Stade olympique de façon permanente n’est pas envisageable.

Bronfman et son groupe se sont associés au promoteur immobilier Devimco afin de développer le quartier du bassin Peel, où le Groupe de Montréal souhaite ériger un stade de baseball.

Des obstacles

Avant d’aller de l’avant avec ce plan, les Rays devront toutefois surmonter quelques obstacles et pourraient devoir patienter quelques années avant de le voir se concrétiser. Ils devront notamment obtenir la permission de la ville de St. Petersburg, puisque par contrat, l’équipe est tenue de disputer tous ses matchs locaux au Tropicana Field jusqu’à la conclusion de la campagne de 2027.

«Ils (les Rays) n’ont pas le droit d’explorer le partage d’une saison locale avant 2028, a rappelé le maire de St. Petersburg, Rick Kriseman, en conférence de presse. Si c’est la voie qu’ils veulent emprunter, nous discuterons avec notre équipe d’avocats. (...) Ça s’en vient un peu ridicule toute cette histoire.»

Les Rays devraient ensuite obtenir l’approbation de l’Association des joueurs afin de partager son calendrier. La façon dont le calendrier sera divisé sera aussi un défi.

L’Association des joueurs (MLBPA) n’a pas souhaité commenter la nouvelle pour le moment.

On peut facilement imaginer que d’importantes questions de logistiques seront soulevées si ce projet va de l’avant. Steve Rogers, qui est conseiller spécial aux services aux joueurs à la MLBPA, avait laissé entendre lors des célébrations entourant le 50e anniversaire des Expos, en mai dernier, qu’il serait difficile d’imaginer deux domiciles pour une équipe en raison des contraintes du calendrier ainsi que des réalités familiales des joueurs.

Une question se pose aussi La - faible - base de partisans qui suit l’équipe continuera-t-elle à le faire à temps partiel? Jusqu’ici en 2019, les Rays n’ont attiré que 14 456 spectateurs par match, la deuxième plus faible moyenne du Baseball majeur. Ils ont attiré la plus faible foule de leur histoire - 5786 spectateurs - contre les Blue Jays de Toronto le mois dernier. Ils ont terminé derniers au chapitre des assistances de 2012 à 2017, et au 29e rang l’an dernier.

Du côté de la Régie des installations olympiques, son porte-parole, Cédric Essiminy, a déclaré que personne en lien avec le Baseball majeur, les Rays ou le Groupe de Montréal ne l’avait contacté.

«­­Aucune date n’a été réservée pour des matchs de saison, que ce soit en 2020 ou plus tard, a-t-il affirmé. Ceci dit, de notre propre chef, nous avons commencé à étudier la façon d’intégrer une éventuelle équipe de baseball à notre calendrier d’événements. Après tout, nous sommes un locateur de stade.»

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Sondage: les Québécois veulent le retour des Expos, mais...

TORONTO — Le retour d’une équipe du baseball majeur à Montréal recueille l’appui de 59 % des Québécois selon un sondage mené auprès de 1471 électeurs du Québec par la firme Forum Research.

Le sondage publié mercredi ajoute que 19 % des répondants s’opposent à la renaissance d’une équipe et que 22 % ne le savent pas.

En cas de retour d’une équipe, 42 % des gens sondés affirment qu’ils iraient probablement assister à des matchs au stade.

D’autre part, 52 % des répondants ne croient pas qu’ils regarderaient les joutes de l’équipe à la télévision. Les gens qui semblent les moins intéressés sont les jeunes âgés de 34 ans et moins, selon Forum Research.

Enfin, 59 % des personnes interrogées n’approuvent pas la possibilité que les gouvernements investissent des fonds publics pour permettre le retour du baseball; 25 % sont en faveur et 16 % ne le savent pas. Parmi les gens qui approuvent la renaissance de l’équipe, 44 % s’opposent à l’injection de fonds publics dans le projet; 61 % d’entre eux sont des jeunes de 34 ans et moins.

Le sondage téléphonique a été réalisé les 11 et 12 juin derniers. La marge d’erreur a été évaluée à 2,56 %, 19 fois sur 20.