Les mythiques frères Hanson, du non moins populaire film «Slap Shot», font de 20 à 25 apparitions publiques par année. Ils étaient de passage en fin de semaine au Tournoi pee-wee.

Les pee-wee craquent pour les frères Hanson

Guy Lafleur, Raymond Bourque et Marcel Dionne ont beau être des dieux du hockey, les frères Hanson ont été les plus populaires en fin de semaine au 60e Tournoi pee-wee de Québec.

«C’est bien normal, on a plus de talent qu’eux. Ces gars-là ne savent pas acter!» lance Steve, sans rire. Le ton est donné. Une rencontre avec les trois Hanson, c’est replonger plus de 40 ans en arrière dans l’univers de ces goons bien aimés utilisateurs de foil qui ont fait du film de hockey Slap Shot (1977) un grand classique.

Résumons. Dans le film, les frères Hanson sont trois : Jack, Steve et Jeff. Pas des triplets. Dans la vie, les frères Carlson sont deux, Steve et Jeff, tandis que le troisième, Jack, est joué par un vrai Hanson, Dave Hanson. Vous suivez? Sauf qu’en fait, les Carlson sont vraiment trois. Pas des triplets. Mais Jack n’a pas pu participer au tournage parce qu’il venait d’être rappelé par les Oilers d’Edmonton de l’AMH.

Car oui, ils étaient de véritables joueurs de hockey. Les trois Carlson et Dave Hanson ont vraiment joué pour les Jets de Johnstown, devenus les Chiefs de Charlestown pour le film. Pour la saison 1974-1975, ensemble, ils ont cumulé 829 minutes de pénalité et 218 points. Et merci à Steve Carlson, seul joueur de finesse du groupe avec ses 84 minutes de pénalité et 88 points.

Les trois devenus comédiens, même s’ils ne se réclament pas du titre, ont aussi évolué dans les grandes ligues, LNH ou AMH. Ont joué contre les Nordiques de Québec et s’ennuient aussi des hot dogs du Colisée.

Quarante-deux ans après le film qui les a rendus populaires, les frères Hanson font encore la joie de leurs fans, petits et grands.

Coéquipier de Dionne, Howe et Gretzky

Jusqu’à 52 matchs dans la LNH pour Steve, avec les Kings de Los Angeles de 1979-1980, coéquipier d’un certain... Marcel Dionne. Il est de plus l’un des deux seuls à avoir été coéquipier de Gordie Howe (1977-1978, Whalers) et de Wayne Gretzky (1978-1979, Oilers).

«Après avoir été échangé d’Indianapolis à Edmonton, Wayne a été mon cochambreur. Il n’avait que 18 ans et ils me l’ont amené pour que je lui apprenne la game. Il ne pouvait pas patiner ou lancer une rondelle. Je lui ai tout appris, mais il n’a jamais montré de gratitude», affirme-t-il, avec dérision. «Même chose pour Paul Newman! Il n’était pas si bon acteur. N’avez-vous pas remarqué qu’il a gagné son Oscar après Slap Shot? Ça n’a rien d’un hasard!»

Apparitions publiques

Bientôt 42 ans. Le trio fait encore de 20 à 25 apparitions publiques par année. Celle de Québec fait partie d’une séquence de six en sept fins de semaine pour ces bonshommes âgés de la mi-soixantaine.

«On ne joue plus au hockey, mais on joue encore aux autos de course!» lâche Dave Hanson, en référence à l’une des nombreuses scènes mythiques du trio à l’écran. 

«L’humour n’a pas d’âge! Chaque fois que quelqu’un regarde Slap Shot, il rit, encore aujourd’hui. C’est pourquoi ça continue», explique celui qui était déjà venu au Tournoi international de hockey pee-wee comme entraîneur. Son fils a atteint la LNH. Le fils de Steve Carlson a aussi participé aux Pee-wee de Québec.

Jeunes et moins jeunes viennent leur réciter leur réplique préférée, parfois même en français. «On m’a dit que la traduction québécoise est encore plus drôle. Mais je n’en sais rien parce que je ne l’ai jamais regardée, je ne comprends pas le français», laisse tomber Steve, comme une évidence.

Malgré la vulgarité des propos et la violence des bagarres, les Hanson s’avèrent un exemple pour les jeunes hockeyeurs pee-wee, selon eux. «Amusez-vous et ne lâchez pas l’école!» s’exclame encore Steve.

Après Québec, ce sera Detroit. Cet hiver, ils sont allés à New York, Nashville, Saskatoon, Minneapolis, Fort Wayne. Dans le passé, l’Allemagne, l’Australie, l’Angleterre, partout au Canada et aux États-Unis, même dans le sud.

«On n’est pas encore allés à Hawaii... J’aimerais aller à Hawaii...» conclut Jeff, de sa voix rauque, comme un appel à l’univers.