De fortes pluies sont attendues au cours des prochains jours, ce qui pourrait gonfler le niveau des rivières et provoquer des inondations à Gatineau.

Les niveaux de l'eau pourraient atteindre ceux du printemps 2017 à Gatineau

Sans être alarmiste, la Ville de Gatineau se met en mode qui-vive alors que des quantités de pluie substantielles sont attendues au début du long week-end de Pâques, à tel point que l’on anticipe que les niveaux d’eau pourraient avoisiner ceux observés lors de la première crue printanière précédant les inondations historiques de 2017.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a annoncé qu’il y aura dorénavant des mises à jour quotidiennes de la Ville sur la situation, en plus d’une distribution de sacs de sable à sept endroits différents sur le territoire à compter de 13 h mercredi. Les citoyens pourront s’en procurer, sur présentation d’une preuve de résidence, s’ils habitent dans les zones les plus susceptibles d’être touchées par des inondations dans les jours à venir.

Les secteurs étroitement scrutés à la loupe actuellement sont sensiblement les mêmes que lors des crues du printemps 2017, soit les chemins Fraser et Queen’s Park dans le secteur d’Aylmer ; les rues Blais, Cartier, Jacques-Cartier (Est), René, Riviera et Saint-Sauveur ainsi que le boulevard Hurtubise dans le secteur Gatineau ; et enfin le chemin du Fer-à-Cheval dans le secteur Masson-Angers. Il n’est pas exclu que l’on procède à l’enrochement ou à la fermeture de certaines routes si nécessaire, avertit-on.

En date de mardi soir, grâce à deux ensacheuses, 26 000 sacs de sable avaient été remplis par les cols bleus. La Ville soutient que 200 000 seront en production dans les prochains jours.

Ceux-ci seront disponibles au parc Louis-Roy ainsi qu’aux intersections des rues Cartier et des Rapides, Saint-Louis et Moreau, Saint-Antoine et de la Baie, Saint-André et Saint-Paul, Campeau et Hurtubise, ainsi que des chemins du Fer-à-Cheval et du Quai.

« J’insiste : s’il y a une chose qu’on a apprise en 2017, c’est que ça peut changer tous les jours, donc aujourd’hui on est devant ces prévisions-là, mais chaque jour on va faire le point avec nos partenaires. On est dans une phase de préparation, alors on a mis en branle un certain nombre d’actions municipales », de dire le maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui ajoute que les riverains ont aussi un rôle à jouer pour se préparer convenablement.

Selon les données de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, avec les 40 à 50 millimètres sur le radar en l’espace de 48 heures dans la région jumelés à la hausse du mercure et la fonte des neiges, les niveaux d’eau surpasseront les seuils d’inondation mineure au cours de la fin de semaine. La montée des eaux pourrait être à ce point notable que les niveaux enregistrés du 18 au 21 avril 2017 pourraient être franchis, mais les autorités se veulent rassurantes pour l’instant en rappelant que rien n’indique que des niveaux de pointe tels qu’observés en mai il y a deux ans pointent à l’horizon.

Par exemple, à proximité du traversier dans le secteur Masson-Angers, le niveau de la rivière des Outaouais atteignait 42,34 mètres à 19 h mardi, soit huit centimètres de moins que le seuil d’inondation mineure.

Surveillance et nuances

Deux ans après la catastrophe dont tout le monde se souvient, M. Pedneaud-Jobin a paru plus émotif lorsque questionné à savoir comment il a réagi en voyant les prévisions actuelles.

« Je pense à tous les gens qui ont eu ça dur en 2017, qui vont avoir l’impression de retourner dans un film dur dans lequel ils ont déjà joué, qui ont perdu beaucoup. [...] Mais encore, je veux être prudent, nous ne sommes pas en 2017, on n’est pas en train de revivre la même chose. Ce qu’on dit, c’est qu’on pourrait vivre l’équivalent de la phase 1, alors c’est important de garder des nuances. Mais disons que j’ai le goût de faire toutes sortes de choses dans mon travail, mais gérer des situations comme ça, c’est dur. C’est l’équivalent un peu d’un choc post-traumatique pour beaucoup de citoyens, qui ne veulent pas m’entendre dire ces choses-là », a-t-il lancé.

Le maire refuse cependant d’alerter inutilement la population en imaginant les scénarios possibles si d’autres précipitations s’abattent sur la région la semaine prochaine.

« C’est très exactement ce genre de question à laquelle je ne veux pas répondre. C’est de la science-fiction, la météo n’est pas une science extrêmement exacte. Ce qu’on dit, c’est qu’il y a lieu de se préparer, de prendre ça au sérieux. On a un peu de temps devant nous, mais les choses peuvent changer dans le bon comme dans le mauvais sens. [...] Ce matin, toutes nos équipes étaient mobilisées en mesures d’urgence et plein de gens ont été avertis de ne pas s’en aller loin de Gatineau en fin de semaine », explique-t-il.

Pour s’informer de l’état de la situation et voir l’évolution des niveaux d’eau, les citoyens sont invités à consulter régulièrement le gatineau.ca/crue.

Au printemps 2017, les inondations avaient forcé l’évacuation de plus de 500 résidences et nécessité l’intervention de l’armée.