Débutée le 2 septembre dernier à Ottawa, la marche de 28 jours visait à interpeller les paliers de gouvernement provincial et fédéral sur les dénis au droit au logement.

Les marcheurs du FRAPRU rentrés à la maison après leur mission de 28 jours

Ils étaient des centaines venus de partout dans la province, sur les plaines d’Abraham, pour accueillir les participants de la marche De villes en villages pour le droit au logement, organisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Tout ce monde a ensuite complété ensemble la dernière portion du trajet de 560 km entre Ottawa et Québec en prenant la direction de l’Assemblée nationale pour y tenir un rassemblement.

Ayant débuté le 2 septembre dernier dans la capitale fédérale, cette marche de 28 jours visait à interpeller les paliers de gouvernement provincial et fédéral sur les dénis au droit au logement.

«Dans les différents milieux, autant rural qu’urbain, on a pu vraiment voir que nos revendications étaient partagées», explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. «Des petites municipalités qui n’ont pas de moyens ne peuvent pas développer actuellement des logements sans but lucratif, coopératif, à cause de l’insuffisance du financement des gouvernements supérieurs. On a vu que le besoin était là dans plusieurs régions. Les gens déplorent qu’il n’y ait plus d’HLM. Ça ne construit plus depuis le retrait du fédéral il y a 25 ans.»

L’organisme réclame 50 000 nouveaux logements sociaux en 5 ans et l’amélioration du programme AccèsLogis jugé sous-financé pour permettre aux communautés de construire des coopératives d’habitation.

«Il n’y a pas assez d’unités qui sont financées», déplore Mme Laflamme. «On parle de 3000 dans la dernière année, mais ça a été coupé aussi avec les politiques d’austérité. Il y a eu des années où ça a été seulement 1500. Non seulement le nombre financé est insuffisant, mais ce qui se réalise pour vrai, c’est trois fois moins.»

Prévue depuis avril, cette marche s’est déroulée pendant presque l’entièreté de la campagne électorale avant de connaître son dénouement à moins de deux jours du scrutin. «On voulait interpeler le prochain gouvernement québécois pour vraiment qu’il prenne à bras-le-corps les problèmes de logement», ajoute la porte-parole.

Le FRAPRU déplore cependant que cet enjeu n’ait pas été davantage mis de l’avant dans la campagne électorale. «Il y a des candidats qui nous ont suivis sur le chemin, mais au niveau national, les chefs de partis, à tout le moins la CAQ, le Parti libéral et le PQ, n’ont pas pris d’engagements suffisants. […] Du côté de la CAQ s’est assez inquiétant, parce que la CAQ est la seule à ne pas avoir d’engagement pour poursuivre le développement de nouveaux logements sociaux.»

Lors du passage du Soleil, la candidate péquiste dans Taschereau Diane Lavallée était accompagnée de la députée sortante Angès Maltais pour rencontrer des participants de la marche, tout comme la candidate de Québec solidaire Catherine Dorion.

Marie-Christine Gagnon, de Québec, est l'une des 13 personnes qui ont marché l'ensemble des 28 jours entre Ottawa et Québec.

13 irréductibles

Parmi les quelque 200 participants inscrits qui ont marché à un moment ou à un autre entre Ottawa et Québec, 13 d’entre eux ont réalisé la distance de bout en bout.

C’est le cas de Marie-Christine Gagnon, une femme de Québec, pour qui le droit au logement «est la base de tout». «Si on veut pouvoir s’épanouir dans la vie, avoir un bon travail, aller aux études, éduquer nos enfants, c’est vraiment le logement qui est à la base», affirme-t-elle. 

Au terme de son aventure qui aura été difficile pour les pieds, Mme Gagnon espère que des actions seront prises par le prochain gouvernement pour remédier à la situation. «On parle de santé et tout ça, mais on ne peut pas être en santé si on a un logement qui est plein de moisissure». 

Ayant déjà travaillé dans des comités logements, elle a été à même de constater les abus de certains propriétaires à l’endroit de leurs locataires. C’est en partie cela qui l’a poussé à participer à la marche du début jusqu’à la fin.

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UN APPUI «PAS RÉCIPROQUE»

Le FRAPRU a reçu l’appui… de la Meute dans son combat pour un meilleur accès au logement social. Ce geste a somme toute laissé l’organisme dans l’indifférence, mais en a profité pour démontrer que «les revendications du FRAPRU sont partagées plus largement qu’on pense et que les problèmes de logement sont rencontrés partout».

«Ceci dit, possiblement que pour eux ça peut être bien vu de reprendre notre message, mais nous cet appui-là est pas partagé et nous on n’appuie pas la Meute», tient à rappeler Véronique Laflamme.

De son côté, le groupe identitaire dit supporter cette cause en raison des coupures qui ont touché le logement social. «On a abandonné un petit peu l’idée des logements sociaux. Il y a eu un ralentissement là-dedans, pourtant il y a une augmentation marquée de la population québécoise», affirme son porte-parole Sylvain Brouillette qui déplore que «le gouvernement n’ait pas suivi en investissements pour répondre à la demande».