Le parquet de la bourse de New York était encore animé, mardi.   

Les marchés boursiers dans les montagnes russes

PARIS - L’optimisme aura été de courte durée: les marchés boursiers européens et américains repartaient à la baisse mardi après-midi après avoir tenté un rebond précaire, au lendemain de la pire séance depuis la crise de 2008, qui a entamé la confiance des investisseurs.

Vers 15H30 GMT, plusieurs Bourses européennes viraient en territoire négatif après avoir tenté un rebond technique évanescent au lendemain de leur débâcle. Paris se repliait (-1,28%), au même titre que Londres (-0,34%), Francfort (-0,24%), Madrid (-1,63%) et Milan (-2,21%).

À Wall Street, l’indice Dow Jones Industrial Average, passait lui aussi dans le rouge, cédant 0,04%.

Le revirement s’est produit en fin de séance européenne alors que les marchés semblaient soulagés ce matin par la remontée des prix du pétrole et par des espoirs de mesures budgétaires pour lutter contre le coronavirus. Les Bourses asiatiques avaient même relevé un peu la tête.

«Ce ne sont pas quelques petites annonces un peu incertaines sur un stimulus de Trump ou de la Banque centrale européenne qui va redonner confiance dans l’avenir aussi vite», indique à l’AFP Mikaël Jakoby, responsable du courtage Europe continentale chez Oddo Securities.

«Il y a énormément de points d’interrogation et on est toujours dans la phase ascendante de malades du coronavirus», ajoute-t-il, estimant que malgré la tentative de «rebond technique», «on n’efface en rien un optimisme perdu à court terme».

Optimisme de courte durée

La forte remontée du cours du pétrole, d’environ 8% pour le brut américain et le Brent, n’a pas suffi à rassurer les marchés. Seules les places financières des États pétroliers du Golfe ont fortement rebondi mardi, après deux jours de pertes massives.

Les deux contrats avaient perdu environ 25% la veille, dans la foulée de la guerre des prix lancée par l’Arabie saoudite après l’échec de négociations en fin de semaine dernière avec la Russie. Ce qui avait provoqué une violente tempête lundi sur les Bourses mondiales, déjà apeurées par l’épidémie de coronavirus.

Mardi, le ministre de l’Énergie russe, Alexandre Novak, a déclaré ne pas «fermer la porte» à l’alliance entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie pour stabiliser le marché du pétrole. Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco a, de son côté, annoncé qu’il allait ouvrir ses robinets en avril à 12,3 millions de barils par jour, sans toutefois causer de remous majeurs sur les cours.

Pendant ce temps, l’Italie est à la manoeuvre pour essayer d’éviter un effondrement de la troisième économie européenne, asphyxiée par le nouveau coronavirus. Le gouvernement a demandé lundi soir à ses 60 millions de concitoyens de rester cloîtrés chez eux jusqu’au 3 avril pour limiter la propagation de l’épidémie.

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a salué mardi les «mesures audacieuses» prises par l’Italie, qu’il s’est dit prêt à soutenir par «tous les moyens» possibles.

Les acteurs de marché attendent des annonces de relance budgétaire en Europe et aux États-Unis, mais «dans un futur un peu incertain», souligne M. Jakoby.

Question de timing

Donald Trump veut rapidement déployer une série de mesures pour soutenir une économie menacée par les conséquences de l’épidémie et tenter ainsi de préserver un de ses principaux arguments de campagne dans la course à la Maison-Blanche. Il doit donner une conférence de presse afin de détailler des mesures «majeures» et «de grande ampleur».

Le président américain a notamment évoqué «une coupe possible dans les taxes salariales» devant être discutée mardi entre des membres de son administration et des responsables du Congrès.

Le gouvernement japonais devrait, lui aussi, annoncer un plan d’aide financière pour faire face aux conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus.

L’Europe n’est pas en reste puisque la Banque centrale européenne est très attendue à l’occasion de sa réunion jeudi et pourrait déployer un éventail de mesures, inédites pour certaines, face à la menace que fait peser le nouveau coronavirus sur une économie déjà au ralenti en zone euro.

«L’annonce que nous allons avoir un stimulus de politique monétaire est certainement positive, mais ne va pas se réaliser immédiatement», observe de son côté Art Hogan, stratégiste à National Holdings.