Céline Dion offrira le dernier concert de sa résidence à Las Vegas le 8 juin prochain.

Les grands événements à suivre en 2019

MONTRÉAL — Légalisation du cannabis récréatif, élection du gouvernement de François Legault, signature d'un nouvel accord commercial Canada-États-Unis-Mexique... L'année 2018 a été riche en actualités, qui risquent d'avoir d'importantes répercussions l'année prochaine. Voici un aperçu des dossiers à suivre en 2019.

QUÉBEC

Un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin

Le gouvernement caquiste a aussi un autre dossier chaud entre les mains pour la prochaine année. En campagne électorale, François Legault s'était engagé à présenter dans sa première année au pouvoir un projet de loi pour réformer la façon dont votent les Québécois. La Coalition avenir Québec (CAQ) avait signé une entente avec trois autres partis (Parti québécois, Québec solidaire et Parti vert du Québec) en ce sens. En vertu de l'entente, le parti s'engage à mettre sur pied un mode de scrutin proportionnel mixte.

Le premier ministre Legault en a d'ailleurs parlé dans son discours d'ouverture, fin novembre : «On s'est engagés à déposer un projet de loi visant à modifier le mode de scrutin dans la première année de notre mandat. Le délai est court, et la ministre de la Justice a donc déjà commencé le travail». Les débats risquent d'être animés, cependant, parce que l'opposition officielle à Québec, le Parti libéral du Québec, s'oppose au projet.

L'élargissement des maternelles 4 ans

C'est en 2019 que le jeune gouvernement Legault a l'intention de commencer l'implantation universelle des maternelles 4 ans, l'un des engagements phares de sa campagne électorale. Le quotidien La Presse révélait en novembre qu'il avait l'intention de créer dès l'année prochaine 220 classes de maternelle. Mais peut-être que le gouvernement redoublera de vitesse, étant donné l'impatience du premier ministre. «Ça ne va pas assez vite», a récemment déclaré François Legault.

Peu importe le nombre exact de classes, le projet est perçu avec beaucoup de scepticisme de la part des syndicats et des commissions scolaires. «Il manque de locaux, de main-d'oeuvre et de ressources pour implanter partout la maternelle 4 ans. Il ne s'agit pas ici d'un manque d'ambition, comme semble le penser le premier ministre, mais plutôt d'une bonne dose de réalisme», ont tonné les responsables des commissions scolaires dans un communiqué. M. Legault s'ajustera-t-il? Il serait très surprenant qu'il recule sur son projet. Lors d'un débat pendant la campagne électorale, il s'est engagé à démissionner s'il ne respectait pas cette promesse.

Un nouveau chef à l'UPAC

Après la démission fracassante de Robert Lafrenière le jour des élections, le gouvernement caquiste a nommé un nouveau dirigeant par intérim à l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Frédéric Gaudreau, un ancien de la Sûreté du Québec (SQ) a été choisi pour remplacer temporairement M. Lafrenière. Le gouvernement pourrait donc annoncer un nouveau dirigeant permanent l'année prochaine.

Mais si le premier projet de loi présenté par la CAQ est adopté, le nouveau commissaire de l'UPAC devra être nommé par les deux tiers de l'Assemblée nationale, donc le gouvernement devrait rallier l'opposition à son choix. Déjà, le Parti québécois (PQ) a énoncé une exigence. La députée péquiste Lorraine Richard a annoncé que le PQ ne voudrait pas d'un dirigeant issu du milieu policier.

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CANADA

Encore des élections

Un peu plus d'un an après les élections provinciales, les Québécois seront de nouveau convoqués aux urnes, cette fois-ci pour les élections fédérales, qui devraient avoir lieu le 21 octobre 2019, en vertu de la Loi électorale du Canada. Après le raz de marée libéral en 2015, le premier ministre sortant Justin Trudeau sollicitera un deuxième mandat auprès des Canadiens, et les conservateurs espèrent bien lui mettre des bâtons dans les roues pour éviter sa réélection.

Justin Trudeau a bénéficié d'une certaine lune de miel en arrivant au pouvoir il y a trois ans et demi. Mais son règne a plus tard été marqué par de nombreuses controverses : abandon de la promesse de réformer le mode de scrutin, afflux des migrants à la frontière, et plus récemment achat par le gouvernement canadien de l'oléoduc Trans Mountain. Le portrait a aussi beaucoup changé dans les provinces, depuis 2015. Le Nouveau-Brunswick, l'Ontario et le Manitoba sont maintenant gouvernés par des conservateurs et il est possible que l'Alberta redevienne bleue également.

Les conservateurs et les néo-démocrates souhaitent profiter du mécontentement suscité par ces controverses pour marquer des gains. Des sondages effectués avant Noël laissent croire cependant que les libéraux bénéficient d'une longueur d'avance, devant le Parti conservateur du Canada (PCC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Un nouveau chef pour le Bloc québécois

Après des mois de déchirements sous la direction de Martine Ouellet, le Bloc québécois doit se choisir un prochain chef au printemps prochain. En théorie, les membres voteront pour le prochain chef en février, mais seulement s'il y a une course à la direction. En ce moment, on se dirige de plus en plus vers un couronnement, alors que l'ancien ministre péquiste Yves-François Blanchet est le seul en lice, et il bénéficie de l'appui de neuf des 10 députés du caucus du Bloc québécois.

Si personne ne veut se mesurer à M. Blanchet, celui-ci deviendra chef du parti lorsque se terminera la période de mise en candidature le 15 janvier. Dans l'éventualité où il y aurait d'autres candidatures, le chef serait choisi le 24 février.

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AFFAIRES

Une autre hausse du taux directeur?

Si la Banque du Canada a maintenu son taux directeur de 1,75 % en décembre, les investisseurs anticipent toutefois un autre resserrement monétaire en janvier. En octobre, la Banque du Canada avait relevé son taux directeur à son niveau le plus élevé depuis environ une décennie.

La Banque du Canada a indiqué que des augmentations supplémentaires seraient nécessaires pour ramener le taux à une «orientation neutre», afin d'empêcher que l'inflation n'augmente trop au-dessus du point médian de 2 % de sa fourchette cible. L'équipe du gouverneur Stephen Poloz a fixé le taux neutre entre 2,5 et 3,5 %, de sorte que plusieurs autres augmentations sont probablement à venir.

La fin des tarifs sur l'aluminium et l'acier?

Certains s'attendent à ce que l'administration de Donald Trump lève les tarifs sur l'aluminium et l'acier l'année prochaine. Les choses vont toutefois plus lentement que le voudrait le premier ministre Justin Trudeau. M. Trudeau disait vouloir régler le différend en vue du sommet du G20, qui s'est déroulé en Argentine à la fin du mois de novembre, sans qu'il y ait de résultat de ce côté.

Selon les dernières informations, le département du Commerce serait en train d'évaluer la situation et pourrait prendre une décision éventuellement. Les ministres canadiens continuent de faire pression sur leurs homologues américains pour qu'ils abolissent ces tarifs, surtout dans la foulée de la signature d'un nouvel accord de libre-échange.

L'ALENA est mort! Vive l'ACEUM!

Un autre dossier a cependant avancé en Argentine. Le premier ministre du Canada Justin Trudeau, le président des États-Unis Donald Trump, ainsi que le président sortant du Mexique Enrique Pena Nieto, ont signé un nouvel accord commercial qui remplacera l'Accord de libre-échange nord-américain. L'accord, que l'on appelle maintenant l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), n'entre toutefois pas en vigueur immédiatement. Les élus des trois pays devront se prononcer sur l'accord, dont les débats s'annoncent houleux notamment aux États-Unis. Des représentants démocrates et républicains du Congrès ont signalé qu'ils n'étaient pas d'accord avec l'entente dans sa forme actuelle. Si le Congrès n'accepte pas le texte, eh bien, il n'y a plus d'accord, a signalé le professeur de droit à l'Université Laval Richard Ouellet. «On recommence les négociations, on se rassoit. Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer devra revenir à ses homologues canadiens et mexicains et leur dire qu'il faut recommencer la négociation», a-t-il confié en entrevue.

À Ottawa, les partis d'opposition dénoncent aussi l'accord, mais il devrait être adopté sans difficulté étant donné que le gouvernement libéral est majoritaire à la Chambre des communes, a indiqué M. Ouellet.

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INTERNATIONAL

La valse des candidatures à la présidence

Sitôt les élections de mi-mandat terminées, les candidatures à l'élection présidentielle de 2020 vont pleuvoir cette année, même le marathon est loin d'être fini. La course aux primaires ne commence qu'au début de l'année 2020, mais les prétendants à la Maison-Blanche devraient commencer à annoncer leurs couleurs cette année. L'une d'entre elles, la sénatrice démocrate Kamala Harris, a dit qu'elle prendrait sa décision «pendant les Fêtes», donc on peut s'attendre à ce que d'autres fassent de même.

Le Brexit, la suite

Plus de deux ans après que les Britanniques eurent voté pour que le Royaume-Uni se sépare de l'Union européenne, cette saga est loin d'être finie. Le départ du Royaume-Uni du bloc est prévu le 29 mars, mais il n'est pas encore clair si cette sortie s'effectue avec ou sans accord.

Après moult négociations, la première ministre Theresa May en est venue à un accord de séparation avec Bruxelles, qui a cependant beaucoup déplu à plusieurs membres de son propre parti. Lorsqu'il est devenu évident que son projet ne serait pas accepté par les députés britanniques, la première ministre a finalement choisi de reporter le vote dans la semaine du 14 janvier.

Les élections en Europe

Dans la foulée de l'afflux de migrants dans plusieurs pays de l'Union européenne, plusieurs s'attendent à ce que l'extrême droite effectue plusieurs gains lors des élections européennes de mai 2019. Le dernier scrutin s'était déroulé dans un contexte bien différent en 2014.

Et certains avancent que le mouvement des gilets jaunes en France pourrait avoir également des répercussions sur l'assemblée européenne - des porte-parole ont évoqué la possibilité de présenter des candidats issus du mouvement. Selon un sondage effectué pour le compte du mouvement du président Emmanuel Macron, qui a été coulé dans «Le Journal du dimanche», ces candidats pourraient nuire au Rassemblement national de Martine Le Pen (extrême droite) et à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (extrême gauche).

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CULTURE

Céline Dion fait ses adieux à Las Vegas

La diva québécoise offrira le dernier concert de sa résidence à Las Vegas le 8 juin prochain. La chanteuse avait annoncé en septembre dernier «avec des sentiments mitigés» sa dernière série de spectacles. D'ici là, elle promet d'offrir chaque soir un spectacle «très spécial». Cela marquera la fin de sa deuxième résidence de longue date à l'amphithéâtre du Caesars Palace, qui avait été conçu pour elle. La célébrité âgée de 50 ans y a présenté près de 1100 concerts depuis 2003. La première fois, c'était de 2003 à 2007. Sa résidence actuelle a débuté en 2011.

La servante écarlate, la suite

Devant l'immense succès de son livre La servante écarlate (The Handmaid's Tale) et de la série télévisée du même nom, l'écrivaine canadienne Margaret Atwood a annoncé qu'elle était en train d'écrire une suite appelée Les testaments. Selon les détails qu'a laissé filtrer l'auteure, l'histoire reprendra 15 ans plus tard dans la république de Gilhead et sera racontée par les trois personnages féminins. Le livre devrait être publié en septembre 2019.

Révision de la loi sur le droit d'auteur

Les artisans québécois du domaine de la musique ont lancé cette année un réel cri du coeur au gouvernement Trudeau pour qu'il révise la loi sur le droit d'auteur. Selon l'ADISQ, les Québécois sont de moins en moins nombreux à acheter des albums physiques et numériques, et ont tendance à opter pour des sites d'écoute comme Spotify, Google Play et Apple Music, qui donnent apparemment des revenus faméliques aux artistes. Pour remédier au problème, l'ADISQ exhorte le gouvernement à revoir la loi sur le droit d'auteur pour que les artistes reçoivent leur juste part. «On les entend», a réagi le premier ministre qui était au gala de l'ADISQ en octobre dernier.

Des comités de la Chambre des communes sont en train d'étudier cette question et devraient rendre un rapport et des recommandations en 2019, donc c'est un débat qui risque de ressurgir dans l'actualité au cours de l'année prochaine.

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Il y aura aussi...

- Le premier ministre François Legault fera sa première grande mission économique à Davos en janvier;

- Le gouvernement Legault entend déposer un projet de loi qui interdira les signes religieux pour les personnes en position d'autorité;

- Le service de vidéo sur demande Netflix commencera à percevoir la taxe de vente du Québec (TVQ) à partir du 1er janvier;

- Les produits comestibles à partir de cannabis seront légalisés dans la prochaine année. Le gouvernement s'est engagé à autoriser cette pratique «au plus tard un an après l'entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis» (ce qui correspond au 17 octobre 2019).