Félix Auger-Aliassime lors de la Coupe Davis à Bratislava, en Slovaquie, le 2 février dernier

Les grandes ambitions de Félix Auger-Aliassime et Leylah Annie Fernandez

MONTRÉAL - Félix Auger-Aliassime et Leylah Annie Fernandez ont lancé leur saison 2019 de brillante façon. Les deux jeunes joueurs de tennis canadiens ne comptent pas s’arrêter là.

Auger-Aliassime a envoyé le Canada en phase finale de la Coupe Davis en remportant le duel décisif face au Slovaque Norbert Gombos, le week-end dernier.

«Ce sont des émotions tout de même uniques. De représenter ton pays, de jouer en équipe, ce sont des choses qu’on ne ressent pas ailleurs, a déclaré le Québécois en téléconférence de Buenos Aires, en Argentine. Même au niveau des belles victoires individuelles, celle-là est tout en haut.»

Aux portes du top-100 mondial - il est 107e -, Auger-Aliassime et son équipe ont tablé sur un calendrier complet cette saison après avoir fait l’impasse sur le gazon en 2018.

«C’était un choix par rapport à une sensation, a-t-il expliqué. Cette année, c’est vraiment différent. L’objectif est de jouer la saison complète. Avec mon niveau de service maintenant, et le jeu que je peux produire sur toutes les surfaces, il n’y a pas de raison de ne pas jouer sur le gazon cette année.»

Afin de parfaire son jeu, Auger-Aliassime a décidé de livrer trois importants tournois sur terre battue en Amérique du Sud - à Buenos Aires, Rio de Janeiro et Sao Paulo - au lieu de rejoindre la série de tournois sur surface dure présentement disputée en Europe.

«Il y a deux raisons pour cela. Évidemment, je pense pouvoir obtenir de bons résultats dans ces tournois. Le plateau est un peu moins relevé que les tournois sur le dur en Europe présentement, ça me donnera donc l’occasion d’aller plus loin. Puis, pour le reste de l’année, je devrais suivre le calendrier régulier. Nous verrons où se trouve mon niveau, mais l’objectif est de jouer sur le gazon et le dur par la suite.

«On y va segment par segment. La dernière fois que j’ai joué sur la terre battue, c’est l’été dernier. (...) Il y a un choix à faire entre la tournée en Amérique du Sud ou la surface dure en Europe. On sentait qu’avec le niveau que je peux atteindre sur la terre battue, c’était une bonne idée de jouer trois gros tournois de l’ATP sur cette surface. On va voir comment ça va aller, mais je m’y sens à l’aise.

«Ils (ces trois tournois) seront extrêmement forts, extrêmement ardus. Ce seront des matchs très difficiles. J’ai pris le temps d’arriver tôt pour m’acclimater. J’ai confiance d’avoir fait ce qu’il faut pour produire de bons résultats.»

Il s’agit aussi d’un choix stratégique, qui vise à l’aider à atteindre ses objectifs pour 2019.

«Avec mes entraîneurs, nous nous sommes fixé des objectifs de niveau et de constance que je veux atteindre dans mon jeu. On ne se met donc pas de limite d’objectif de classement. (...) Je sens que je suis en constante amélioration au niveau de mon jeu et de ma confiance. Si je mets ça en priorité, il y a de bonnes choses qui vont se passer au niveau du classement. Le but est de devenir un meilleur joueur de tennis.

«Chaque jour, je répète mes gammes, a ajouté un peu plus tard le tennisman de 18 ans. Il faut que ça devienne plus solide, jour après jour, et que je puisse transférer (mon niveau) dans les matchs. Si je devais nommer un seul truc à améliorer, c’est mon retour de service.»

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Leylah Annie Fernandez

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Fernandez: au gré de son budget

Fernandez, qui occupe le cinquième rang au monde chez les joueuses d’âge junior, doit faire face à une autre réalité. La joueuse de 16 ans ne fait pas partie de la structure haute performance de Tennis Canada, elle qui a plutôt décidé de suivre sa famille à Boynton Beach, en Floride.

Entraînée par son père, elle profite des structures publiques pour ses heures d’entraînement et livre des matchs face à des joueurs et joueuses des nombreuses académies environnantes.

«Ça m’a pris quelques mois avant de faire mon choix, car j’aurais pu rester à Montréal, a-t-elle expliqué. Mais je voulais rester auprès de ma famille. Je suis toujours en train de voyager, alors je pensais que de passer plus de temps avec eux serait le mieux pour moi.

«Puis, le tennis est partout en Floride. La météo est formidable, alors je peux toujours jouer à l’extérieur, ce qui me permet de m’habituer au vent et parfois même à la pluie. Ça m’aide vraiment, c’est davantage des conditions semblables à celles en tournoi. Je joue aussi contre une grande variété de joueuses, ce qui aide à améliorer mon jeu.»

Bien entendu, de «vivre en retrait» de Tennis Canada la prive d’importantes ressources financières, ce qui influence grandement son calendrier de tournois.

«Je ferai les tournois du Grand Chelem chez les juniors et quelques tournois ITF chez les professionnelles. Je devrai probablement me limiter aux tournois plus près de la maison, en raison des coûts. Si le budget est là ou que je reçois des invitations, alors j’ajouterai quelques petits tournois de la WTA. Sinon, je vais m’entraîner à fond afin d’être prête pour les tournois auxquels mon classement me donnera accès.»