Ismaël Dupont a pris le chemin du pénitencier pour les trois prochaines années.

Les fuyards de la 175 coupables

La folle cavale d’Ismaël Dupont et de Kevin Cormier-Fortin, qui rêvaient d’aller travailler dans l’Ouest canadien, mais qui ont plutôt terminé caché dans des chalets de la Sépaq dans la Réserve faunique des Laurentides (route 175), les aura menés en prison. Les deux individus ont plaidé coupables à l’ensemble de leurs accusations, jeudi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi. Dupont écope de trois ans de pénitencier, alors que Cormier-Fortin s’en sort avec 12 mois de détention.

Les hommes avaient été arrêtés le 18 octobre dernier, après avoir commis une série de délits dont ils ont admis en être les auteurs.

Dupont et Cormier-Fortin vivaient ensemble lorsqu’ils ont perdu leur emploi. À court de liquidités et aux prises avec un problème de consommation de drogue, ils avaient décidé de tout quitter pour la Colombie-Britannique, afin d’y travailler. Mais sur la route, ils s’étaient rendu compte qu’ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour leur épopée. Ils ont donc rebroussé chemin et se sont retrouvés à Ferland-et-Boilleau, où ils ont demandé refuge à un citoyen, qui leur a gentiment prêté un chalet. Ils disaient être des travailleurs saisonniers à la recherche d’un refuge. Mais ils ont également pénétré par effraction dans d’autres chalets, où ils ont dérobé cinq armes de chasse, dans le but de les revendre. Ils ont aussi volé de la nourriture et de l’essence. Fortin-Cormier a également volé un manteau et de l’huile pour leur camionnette dans deux commerces. Ils se sont plus tard rendus dans un marché aux puces pour y vendre les armes volées, mais une seule a trouvé preneur, pour la somme de 50 $.

Pendant ce temps, les policiers de Saguenay avaient eu vent que deux malfaiteurs avaient volé des armes à Ferland-et-Boilleau. Ayant une description des deux hommes et de la camionnette, ils ont pris en chasse le duo. Au volant, Fortin-Cormier a fui vers la Réserve faunique des Laurentides et les policiers n’ont finalement retrouvé que la camionnette en flammes, dans un fossé. Quatre armes s’y retrouvaient. Un petit chien y avait également péri.

Les deux hommes avaient réussi à prendre la fuite et se sont cachés durant quelques jours dans des chalets de la Sépaq, avant d’être épinglés et mis derrière les barreaux.

Le duo avait abandonné une camionnette en flammes dans la Réserve faunique des Laurentides.

Après quatre mois de détention préventive, les deux malfaiteurs ont décidé de plaider coupables à l’ensemble de leur dossier, jeudi, devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec.

Ils étaient accusés, entre autres, de possession illégale d’armes à feu, de vols, d’introductions par effraction, d’avoir cédé une arme obtenue illégalement, de transport illégal d’armes à feu et de recel.

Tympan perforé

De son côté, Ismaël Dupont était également accusé d’entrave et de bris de probation concernant d’autres événements, de même que de voie de fait causant des lésions, après avoir perforé le tympan d’un codétenu en lui assenant un violent coup de poing sur le côté du visage. Cet événement s’était produit il y a plusieurs mois, à la prison de Sherbrooke, alors que Dupont y était incarcéré dans un autre dossier.

C’est d’ailleurs en raison de son lourd passé criminel que Dupont, âgé de 41 ans, a écopé d’une peine de pénitencier de trois ans. Quant à Cormier-Fortin, qui n’avait jusqu’ici aucun antécédent judiciaire et qui souffre de problèmes de santé mentale, il a écopé de 12 mois de détention, la peine minimale imposée dans le cas de vols d’armes à feu. Étant tous les deux détenus depuis octobre, il faut soustraire quatre mois à leur incarcération.

Les peines avaient été négociées entre la Couronne et la défense, respectivement représentées par Me Karen Inkel et Me Olivier Théorêt, qui en étaient venus à une suggestion commune à soumettre à la juge.

La juge Rouleau a d’ailleurs tenu à dire à Ismaël Dupont qu’il s’en sortait relativement bien, compte tenu de son lourd passé.

« Je vous trouve chanceux. Je crois que la procureure de la Couronne vous laisse une chance aujourd’hui. Saisissez-la, parce que vous auriez facilement pu écoper de cinq années de pénitencier », a affirmé la juge à Dupont, soulignant qu’il s’agissait d’une peine assez clémente, mais juste.