Les enfants et leurs proches se sont rendus en grand nombre dans les centres désignés de dépistage pour se faire dépister pour le coronavirus au cours du mois de juillet.
Les enfants et leurs proches se sont rendus en grand nombre dans les centres désignés de dépistage pour se faire dépister pour le coronavirus au cours du mois de juillet.

Les enfants exclus des services de garde malgré un test négatif

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les enfants au nez qui coule ou qui toussent et qui ont reçu un test négatif à la COVID-19 ne peuvent pas retourner dans leur garderie ou leur centre de la petite enfance avant la disparition complète de leurs symptômes.

Un virus de la famille des rhinovirus a abondamment circulé dans les camps de jour et les milieux de garde du Québec au courant du mois de juillet. Ce virus, un « simple rhume » qui fait partie des virus d’été, cause de la fièvre et des maux de gorge aux enfants, à leurs parents et aux adultes qui prennent soin d’eux.

À LIRE AUSSI : Beaucoup d’enfants fiévreux à cause d’un «simple rhinovirus»

Résultat : les enfants ont été exclus de leurs milieux de garde et les enfants et leurs proches se sont rendus en grand nombre dans les centres désignés de dépistage (CDD) pour se faire dépister pour le coronavirus.

« Des études, à Sainte-Justine notamment, ont montré que c’était un rhinovirus qui circulait, et c’est un virus qui résiste très bien sur les surfaces, donc il est très contagieux », explique le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Des parents qui ont contacté La Tribune se sont montrés surpris de ne pas pouvoir retourner leur enfant en service de garde après le test négatif de COVID-19, puisque les enfants atteints d’un rhume peuvent normalement retourner à la garderie une fois la fièvre tombée, même si le nez coule encore ou qu’il subsiste une petite toux.

En effet, les directives fournies aux services de garde et aux écoles par la Santé publique indiquent clairement que les enfants peuvent seulement retourner dans leur milieu seulement 24 heures après la fin des symptômes s’ils ont passé un test négatif à la COVID-19. Mais pas avant, même si le test de la COVID-19 est négatif.

« Oui, on doit exclure les enfants, parce qu’on ne sait pas ce qu’ils ont. La période d’incubation pour la COVID-19 est en moyenne de 5 à 6 jours, mais elle peut aller jusqu’à 14 jours. Donc si on teste une personne au jour 5, il se peut qu’elle soit encore en incubation, et qu’elle développe la maladie le jour 14 », indique le Dr Poirier.

« C’est pour cette raison que le test négatif n’est pas un passeport automatique pour un retour dans un milieu de garde ou dans un milieu de travail, par exemple si on a été un contact étroit d’une personne qui a été déclarée positive », indique le Dr Poirier.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie milite auprès de sa direction nationale pour que, cet automne, on teste les personnes malades pour autre chose que la COVID-19.

Il pourrait être possible, par exemple, que l’échantillon prélevé lors du test soit testé pour d’autres virus que ce nouveau coronavirus. Ce test pourrait permettre que les enfants retournent plus vite à l’école ou service de garde s’ils n’ont pas le coronavirus mais qu’on a l’assurance qu’il combat un virus plus commun.

« Normalement, on ne recherche pas les virus. Un enfant est malade, il va chez le médecin, le médecin dit il n’y a pas d’otite, les poumons sont beaux, ça semble viral et ça va passer. D’ailleurs, on n’encourage pas à consulter normalement pour un rhume. Cette année, avec le coronavirus, ça va être différent. Surtout que la grippe saisonnière sera aussi de retour avec l’arrivée de l’automne », indique-t-il.