Les employés de GCM comptent déposer une offre pour le groupe de presse

MONTRÉAL — Les employés et cadres des six quotidiens de Groupe Capitales Médias (GCM) désirant reprendre le groupe de presse sous la forme d’une coopérative ont franchi un pas de plus en vue du dépôt d’une offre formelle.

Affirmant avoir obtenu des engagements supérieurs à 2 millions $, le comité provisoire responsable du projet a transmis sa lettre d’intention, jeudi, auprès de PricewaterhouseCoopers, le syndic au dossier.

Les intéressés avaient jusqu’à jeudi pour manifester leur intérêt à l’endroit de l’entreprise qui compte quelque 350 employés permanents et publie les quotidiens régionaux «Le Soleil», «La Tribune», «La Voix de l’Est», «Le Droit», «Le Nouvelliste» et «Le Quotidien».

En ce qui a trait aux offres pour le groupe de presse à l’abri de ses créanciers depuis le mois d’août, elles devront être déposées avant le 25 octobre.

«De ce que nous comprenons, ce qui sera privilégié par le syndic, c’est une offre visant à récupérer les six quotidiens, a indiqué le porte-parole du comité provisoire des employés de GCM, Louis Tremblay. C’est ce que nous voulons faire.»

Le comité provisoire est soutenu par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ainsi que par la Fédération nationale des communications de la CSN.

Pour sa part, après avoir reçu puis analysé les différentes propositions, PricewaterhouseCoopers devrait présenter au plus tard le 6 novembre prochain, à la Cour supérieure du Québec, l’offre jugée la plus avantageuse.

«Nous avions dit qu’aujourd’hui (jeudi) était la dernière journée pour transmettre les manifestations d’intérêt et j’en ai reçu, a souligné le syndic Christian Bourque. Je ne peux pas vous en dire plus.»

Québecor avait notamment signalé son intérêt pour GCM. Par courriel, le conglomérat n’a pas voulu dire s’il était sur les rangs.

C’est le 7 octobre que la campagne coordonnée de démarrage de coopératives de solidarité pour chacun des journaux avait été annoncée. Les différents syndicats des journaux ont également voté afin d’injecter plus de 600 000 $ dans cette aventure.

Selon le comité provisoire, la campagne a également permis de récolter des «engagements en matière d’investissements publicitaires récurrents de la part de différents acteurs institutionnels et des milieux d’affaires des régions concernées».

La ventilation des engagements financiers n’a toutefois pas été précisée.

«Notre point d’interrogation était de voir jusqu’à quel point la population allait être au rendez-vous lorsque viendrait le temps d’appuyer le projet de relance et nous sommes très satisfaits jusqu’à maintenant», a souligné la présidente de la FNC-CSN, Pascale St-Onge.

Selon les modalités du processus de sollicitation et d’investissement, les intéressés au groupe de presse devront, dans leur offre, préciser leurs intentions en matière de maintien des emplois ainsi que pour le «traitement envisagé des accréditations syndicales».

Confronté à une érosion de ses revenus, à l’instar de la plupart des médias écrits, GCM s’était placé à l’abri de ses créanciers à la fin août en obtenant au passage une aide d’urgence de 5 millions $ de la part du gouvernement Legault.

Au terme des sept premiers mois de l’exercice en cours, les pertes de l’entreprise sont estimées à environ 6 millions $. GCM, qui traîne des créances approximatives de 26 millions $, avait obtenu à la fin de 2017 un prêt de 10 millions $ de la part d’Investissement Québec.