Les policiers de Trois-Rivières ont frappé au commerce THCity, sur la rue Fusey. Un homme a été arrêté et du cannabis a été saisi.

Les dispensaires illégaux de cannabis dans la mire des policiers

TROIS-RIVIÈRES — À une semaine de la légalisation du cannabis, les policiers ont fait savoir, mercredi, qu’ils n’ont pas l’intention de lâcher la bride de ceux qui ne respectent pas la loi. Dans le cadre du projet Portillon, initié par la Sûreté du Québec, ils se sont attaqués à des dispensaires de cannabis qui, selon eux, s’adonnent à de la distribution illégale.

Ces commerces prétendaient vendre de la marijuana à des fins médicales, mais ne respectaient pas le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales, selon la Sûreté du Québec. Huit établissements ont été visés à travers la province dont la moitié en Mauricie et au Centre-du-Québec, soit à Nicolet, Trois-Rivières, Shawinigan et Victoriaville.

Au moins trois personnes ont été arrêtées dans la foulée de ces opérations dont Gyno Desrosiers qui avait défrayé les manchettes à la fin du mois de septembre parce qu’il vendait du cannabis dans son commerce Cannabis Québec qui avait pignon sur rue tout près de l’École nationale de police, à Nicolet. 

Desrosiers disait vendre du cannabis thérapeutique, mais il semble que ses clients n’avaient pas à lui présenter de prescription médicale. L’homme de 48 ans a comparu, mercredi, pour possession et trafic de cannabis.

Plus de 4 livres de cannabis séché, 300 grammes de haschisch et du matériel de consommation ont été saisis.

La conclusion de ce dossier est bien accueillie par la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, qui n’avait pas apprécié de découvrir par les médias que du cannabis se vendait aussi ouvertement dans sa ville. «Ça aurait envoyé un drôle de message de ne pas intervenir. Ce qu’on comprend c’est que les policiers étaient sur une opération un peu plus d’envergure que juste sur celle de Nicolet», note la mairesse. 

Un permis avait été émis à Desrosiers par le département d’urbanisme, mais uniquement pour qu’il puisse vaquer à des fonctions administratives et non pas se consacrer à la vente de quoi que ce soit et encore moins à celle du cannabis. Un avis d’infraction avait d’ailleurs été émis à Desrosiers et un suivi était prévu cette semaine pour vérifier s’il avait cessé ses activités.


Cannabis Québec, situé sur la rue Saint-Joseph, à Nicolet, a reçu la visite de la Sûreté du Québec.

À Trois-Rivières, c’est THCity, situé sur la rue Fusey, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, qui a été ciblé. «Sur le coup de 11 h, il y a eu des perquisitions simultanées à la grandeur de la province dans ces dispensaires. À Trois-Rivières, nos enquêteurs du programme Accès Cannabis, qui étaient accompagnés de deux enquêteurs de la Sûreté du Québec, ont investi le local de THCity et ont procédé à l’arrestation de l’individu qui était sur place», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.

Ils ont saisi du cannabis, de l’huile de cannabis, du cannabis synthétique et du haschisch.

L’homme de 51 ans devrait comparaître, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières, sous des accusations de possession et trafic de cannabis.

Gyno Desrosiers a été arrêté par la Sûreté du Québec pour possession et trafic de cannabis.

Pour ce qui est de Shawinigan, les policiers ont visité la Boutique 710, sur la rue Saint-Marc. À cet endroit, quelques dizaines de grammes de cannabis séché, des produits transformés, de l’huile et du cannabis en vrac ont été confisqués. De plus, une serre était située à l’étage au-dessus du commerce. Une trentaine de plants s’y trouvaient.

Finalement, à Victoriaville, c’est l’établissement Smokes & Vapors, sur la rue Saint-Jean-Baptiste qui a fait l’objet d’une perquisition. Un homme de 27 ans de Victoriaville a été arrêté.

Les autres endroits perquisitionnés se trouvaient à Laval, Vaudreuil, Salaberry-de-Valleyfield et Saint-Jérôme.

S’il est bel et bien possible d’opérer des dispensaires de cannabis thérapeutique tout à fait légalement, il semble que ce n’était pas le cas des commerces ciblés, selon les policiers. «Ils se donnaient comme mission de faciliter les démarches de gens qui désiraient obtenir une prescription médicale pour utiliser du cannabis. Mais ils n’avaient aucune licence officielle qui leur permettait d’agir de la sorte», précise le sergent Mongrain.

D’ailleurs, la légalisation du cannabis n’y changera rien. «C’est illégal et après le 17 octobre, ça va l’être encore. Seule la Société québécoise du cannabis va être autorisée à distribuer du cannabis récréatif à partir du 17 octobre. Et pour le cannabis à des fins médicales, il y a 120 producteurs autorisés», explique la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Les policiers ont visité la Boutique 710, sur la rue Saint-Marc. À cet endroit, quelques dizaines de grammes de cannabis séché, des produits transformés, de l’huile et du cannabis en vrac ont été confisqués.