Le premier ministre Doug Ford et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Les conservateurs bloquent une motion contre le gouvernement Ford

Les conservateurs ont bloqué la motion de la députée fédérale d’Ottawa-Vanier qui souhaitait obtenir l’unanimité des élus en Chambre pour dénoncer les coupes qui affectent la communauté franco-ontarienne.

Mona Fortier n’a pas pu rallier les conservateurs derrière sa motion qui visait le gouvernement provincial de l’Ontario. 

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Les libéraux déposeront une motion dénonçant les coupes de Doug Ford

« Que cette Chambre reconnaisse l’importance de la communauté franco-ontarienne au sein de la francophonie canadienne, et dénonce, sans équivoque, la décision du gouvernement de l’Ontario d’éliminer le Commissariat aux services en français et du projet de l’Université francophone de l’Ontario », stipulait-elle.

La députée libérale est déçue que ses collègues ne se soient pas tous ralliés pour dénoncer l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français et l’abolition du Commissariat aux services en français.

« C’est clair que c’est un recul très important pour la communauté franco-ontarienne et pour la population en Ontario. Le commissaire est là pour protéger et pour veiller à ce que les services en français soient bien respectés dans la province, c’est une dénonciation, non seulement de ma part comme parlementaire, mais aussi de tous les députés qui devraient être en accord pour ne pas couper une instance de la sorte. Même chose pour l’université. Le gouvernement s’y était engagé. C’est pour ces raisons que je voulais avoir le consensus unanime », explique la députée franco-ontarienne.

Elle estime que la situation vécue en Ontario pourrait se reproduire ailleurs au pays. Selon elle, le gouvernement fédéral doit contribuer à renforcer la dualité linguistique.

Le député conservateur Alain Rayes s’est levé pour justifier ce refus, faisant valoir que la motion libérale était trop partisane. Il a mis de l’avant une motion différemment formulée, dans laquelle tout blâme à l’endroit du premier ministre ontarien Doug Ford était évacué. L’élu n’a pas réussi non plus à obtenir le consentement unanime.

La séance s’est déroulée dans un climat houleux. La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, en particulier, a attaqué sans ménagement les conservateurs et leur chef Andrew Scheer, qui était absent, lundi.

Elle l’a entre autres fait en exhortant le leader fédéral à demander « à son patron Doug Ford » de revenir sur ses décisions. La ministre a ainsi poursuivi sur le même ton qui lui a valu ces derniers jours moult critiques des députés conservateurs – en particulier ceux du Québec.

Ces élus sont visiblement sur les dents, l’enjeu des compressions infligées à la communauté francophone minoritaire en Ontario ayant fait grandement réagir au Québec où l’on espère faire des gains au scrutin d’octobre 2019.

Sur Twitter, ils multiplient les interventions, surtout pour reprocher à la ministre Joly ses déclarations. Le lieutenant politique québécois, Alain Rayes, a cependant refusé de dire si Doug Ford venait de freiner l’élan que les conservateurs disaient avoir au Québec.

Son chef a transmis lundi après-midi, tout juste avant le dépôt de la motion libérale, un communiqué de presse pour accuser le Parti libéral du Canada de « faire de la politicaillerie avec le bilinguisme officiel » au lieu de « s’engager dans un débat constructif ».

Il a soutenu que « depuis quelques jours, les libéraux de Justin Trudeau jouent à des jeux politiques irresponsables et cyniques avec le bilinguisme officiel » et « montent les Canadiens les uns contre les autres avec une basse rhétorique politique afin de faire des gains partisans ».

La veille, en conférence de presse, Andrew Scheer a affirmé qu’il avait discuté de l’enjeu avec le premier ministre ontarien en marge d’un congrès, mais sans lui demander de revenir sur ses positions.

Le dossier continue par ailleurs de faire réagir les citoyens.

Une pétition intitulée « Rétablissez nos acquis » lancée en ligne vendredi avait récolté près de 7000 signatures au moment de publier ces lignes, lundi après-midi.

Avec La Presse Canadienne