Trois mois après leur départ pour l’Espagne, les plans d’avenir de la famille Batalla-Charris sont au Canada.
Trois mois après leur départ pour l’Espagne, les plans d’avenir de la famille Batalla-Charris sont au Canada.

Les Batalla-Charris doivent retirer la citoyenneté canadienne à leur garçon

Devant l’incapacité d’obtenir tous les services sociaux de l’Espagne, la famille Batalla-Charris doit renoncer à la citoyenneté canadienne du plus jeune de leurs enfants, né à Sherbrooke.

C’est ce qu’explique la mère de la famille, Carolina Batalla, dans un échange de messages avec La Tribune.

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Une première activité-bénéfice pour la famille Batalla-Charris

« [Pour] avoir tous les droits de l’Espagne (en particulier les services de santé) [l’enfant] doit être espagnol et nous pouvons lui accorder la nationalité (le processus prend un an ou plus), mais le Canada n’a aucun accord avec l’Espagne et, pour cette procédure, il devrait renoncer à sa nationalité canadienne », explique-t-elle. La Tribune n’a pu vérifier ces informations avec un avocat en droit international.

Cependant, les plans d’avenir de la marmaille sont au Canada.

« Par notre volonté, nous partirions immédiatement, assure-t-elle. Mais chaque jour, on voit le chemin le plus sombre. Surtout pour la partie économique. Mais nous continuons à nous battre pour cela et à chercher comment faire pour revenir. »

Trois mois se sont déjà écoulés depuis leur départ pour l’Espagne. « Notre vie a complètement changé et je ne peux pas dire que c’est pour le mieux. [...] Nous sommes toujours chez mon frère et sans solution rapide. Je n’ai qu’un travail à temps partiel et Normando [n’a] rien. »

« Et grâce à notre processus au Canada, nous attendons toujours une réponse de la résidence permanente en raison des conditions humanitaires, écrit Mme Batalla. Mais nous savons que cela signifie plus d’argent en plus de ce que nous devons déjà payer pour la pénalité et les billets. »

Rappelons que la famille Batalla-Charris est d’origine colombienne, mais a sa citoyenneté espagnole. Elle habitait à Sherbrooke depuis quelques années avant d’être déportée en Espagne, le 27 décembre dernier.

Les Chevaliers de Colomb prennent une pause

Les Chevaliers de Colomb de Saint-Élie et l’ambassadeur de la famille Batalla-Charris mettent en veilleuse la cause de la famille colombienne qui a été déportée cet hiver en Espagne. L’organisme, qui a fait une campagne de financement pour cette famille il y a quelques jours, gardera l’argent dans un compte en attendant qu’elle revienne en région.

« Quelque 670 $ vont aller à la famille, assure Pierre Côté, grand chevalier du conseil 8053 des Chevaliers de Colomb. Cependant, on ne peut pas envoyer d’argent en Espagne. Soyez certains que l’argent va aller à la famille, si elle revient d’ici un an ou deux. S’ils décident de rester là-bas, on aura fait notre part. »

« Lorsqu’ils vont revenir, ça va nous faire plaisir de leur venir en aide avec cet argent et avec d’autres conseils de Chevaliers de Colomb qui pourront les aider à se remeubler et à repartir », précise-t-il, ajoutant qu’à l’annonce de leur retour, une autre activité-bénéfice pourra être organisée.

Quelque 144 personnes sur une possibilité de 230 ont participé au brunch. Un couple de Colombiens a représenté la famille Batalla-Charris. « Les Québécois sont très solidaires. Je m’attendais à beaucoup plus de Colombiens, mais ce n’est pas grave. La cause était là. Comme Chevaliers, nous sommes préoccupés par la charité. C’est notre mission », rappelle M. Côté.

D’ailleurs, la communauté colombienne pourrait aussi faire une collecte de fonds, selon M. Côté. « Ils sont beaucoup à Sherbrooke, je crois fortement qu’ils vont faire quelque chose lorsqu’ils vont entendre le retour possible de la famille », pense-t-il.

Marc Nadeau, qui a milité pour la famille, met aussi la mission sur pause. « On est arrivés au bout de ce qu’on pouvait faire, pense-t-il. On avait dit qu’on avait besoin d’un fiduciaire, on l’a trouvé. On a dit qu’on voulait organiser une activité, on l’a fait. Tant et aussi longtemps qu’on n’est pas fixés sur leur situation réelle, on ne peut plus rien faire. »

Selon Edwin Moreno, la communauté colombienne est toujours derrière la famille Batalla-Charris. Mais elle est aussi bloquée. « C’est la même chose, il faut attendre le suivi et la réponse de demande d’aide humanitaire », indique-t-il.