Une chaîne d'assemblage du Airbus A220 à Mirabel

Les A220 de Swiss temporairement cloués au sol; des inspections recommandées

Les problèmes de moteurs de l’A220 d’Airbus, qui ont incité Swiss Air Lines à temporairement clouer au sol ses 29 appareils, obligent les exploitants de cet appareil conçu par Bombardier à effectuer des inspections préventives.

Cette recommandation a été effectuée dans la foulée d’un nouvel incident impliquant un appareil de Swiss, premier transporteur à avoir reçu l’ex-C Series. L’avion, qui effectuait la liaison entre Londres et Genève, a été redirigé vers Paris en raison d’une «irrégularité technique» avec l’un des deux moteurs, a indiqué par courriel la compagnie helvète.

Depuis l’été, c’est au moins le troisième événement du genre impliquant les moteurs de l’A220, qui sont construits par Pratt & Whitney. En juillet, un des avions avait perdu des pièces de moteur alors qu’il survolait la France dans le cadre d’un trajet entre Genève et Londres.

Swiss, qui doit recevoir son 30e A220 l’an prochain, a fait savoir, mardi en fin d’après-midi, qu’un premier appareil avait déjà repris du service.

«Selon la planification en cours, les activités aériennes pourront être reprises jeudi de manière largement régulière», a écrit le transporteur aérien, sur son compte du réseau social Twitter.

De son côté, Airbus a transmis une déclaration aux médias dans laquelle l’avionneur dit être en train d’informer, avec Pratt & Whitney, «tous les exploitants» de l’A220 de «recommandations supplémentaires».

Il s’agit d’une mesure préventive en attendant que la cause «initiale» des pépins soit identifiée. Swiss, Delta Air Lines, Air Baltic, Korean Air, EgyptAir et Air Tanzania ont reçu des A220.

«Ces nouvelles mesures comprennent une inspection visuelle du moteur à l’aide d’un endoscope et une limitation de la vitesse du compresseur basse pression du moteur, a souligné le géant européen. Airbus regrette sincèrement ce désagrément pour nos clients et leurs passagers.»

Néanmoins, en France, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation a qualifié de «grave» l’incident survenu mardi, en plus de déléguer l’enquête au conseil national de la sécurité des transports aux États-Unis.

Pour sa part, Pratt & Whitney a dit avoir recommandé des «inspections supplémentaires du compresseur basse pression» des moteurs de type PW1500G et PW1900G.

«Les moteurs continuent de satisfaire à tous les critères de maintien de la navigabilité», a écrit un porte-parole de Pratt & Whitney, John Thomas, dans un courriel.

Un œil attentif

Air Baltic, qui figure parmi les principaux clients de l’A220 et qui exploite actuellement 20 appareils, suit également la situation de près. Dans l’immédiat, toutefois, les activités du transporteur letton n’étaient pas perturbées.

La compagnie aérienne a confirmé avoir reçu la recommandation de Pratt & Whitney en ce qui a trait aux inspections supplémentaires.

«Air Baltic a retenu une variante différente (du moteur) PW1500G par rapport à celle de Swiss, a souligné le transporteur, dans un communiqué. Comme l’a confirmé le constructeur, les moteurs continuent de respecter tous les critères de maintien de la navigabilité.»

Le mois dernier, la Federal Aviation Administration (FAA) aux États-Unis avait suggéré aux transporteurs de remplacer un tuyau visant à assurer l’alimentation en huile sur les moteurs des appareils en raison de pannes survenues en plein vol.

Delta Air Lines, qui exploite actuellement 25 A220, a fait savoir que tout se déroulait comme prévu malgré la décision prise par Swiss. Le transporteur américain a toutefois assuré avoir respecté la directive annoncée le mois dernier par la FAA.

Airbus a obtenu quelque 525 commandes fermes pour l’appareil développé par Bombardier auprès de clients comme Swiss, Air Baltic, Delta, Air France/KLM, Air Canada, Korean Air et JetBlue.