Quelque 100 000 arbres ont été plantés à travers le pays, dans 14 réserves de biosphère, dans le cadre du projet ARBRE. Son coordonnateur, Antoine Suzor-Fortier, de la Coop de l'arbre, qui travaille en collaboration avec la Réserve de biosphère de Charlevoix, est celui qui a moussé ce grand projet.

Legs du G7 à La Malbaie: l'Internet, des arbres et l'espoir

LA MALBAIE — Au-delà d’Internet haute vitesse, du réseau cellulaire et des arbres plantés, La Malbaie vit maintenant d’espoir quant aux legs du Sommet du G7. Un espoir prudent que tout ce branle-bas sera compensé par autant de visibilité et de futurs touristes.

Car il n’y en avait pas beaucoup de touristes, ces derniers jours à La Malbaie. «Je peux avouer que les touristes [pouvaient] craindre le fait de venir ici [en raison du G7 et des éventuelles manifestations]», a affirmé le maire Michel Couturier, samedi. Il a proposé de voir les retombées du G7 d’une façon «globale». «C’est un ensemble de petites choses qui font que c’est un grand legs.» 

Il a rappelé les investissements du fédéral de 15 millions $ dans le réseau de télécommunication cellulaire et la bonification d’Internet haute vitesse par fibre optique, qui permettra à 2500 résidents d’accéder au service. Un enjeu majeur dans la région. M. Couturier y voit de nouveaux outils pour «attirer des entreprises». Des routes ont aussi été améliorées et 200 000 $ ont été investis sur le port de refuge à Cap-à-l'Aigle. «Ça reste, ça.» 

Il a fait le lien avec les célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec, qui a donné «un souffle» à la capitale en 2008. À l’échelle de La Malbaie, il espère maintenant la même chose.

Prudence 

Du côté des retombées économiques directes, en termes de nouvel argent dans l’économie locale, le bilan reste à faire et l’attitude est prudente. Chez Tourisme Charlevoix, le directeur général Jacques Lévesque n’avait pas de données à fournir démontrant un impact de la tenue du G7. Ces chiffres seront évalués au cours des prochaines semaines, a-t-il dit samedi en entrevue au Soleil. Il faudra ensuite comparer avec les années précédentes... dépourvues de G7.  

Mais ce qui sera mis de l'avant par rapport aux retombées du Sommet sera «prudent», a-t-il précisé. D’une part parce qu’il est difficile de généraliser à l’ensemble des membres de l’association touristique. Ce qui est vrai pour un commerçant n'est pas nécessairement vrai pour un autre. De l’autre parce qu’il sera difficile d’établir un lien de causalité hors de tout doute sur l’influence du Sommet. «On va rester prudent dans ce qui va être avancé et espérer.» 

M. Lévesque croit dur comme fer que l'organisation du G7 a fait des efforts significatifs pour promouvoir Charlevoix d'un point de vue touristique. «La volonté de mettre le territoire de l’avant a été très fort», a-t-il louangé. Le gouvernement fédéral «a bien compris» cette sensibilité.

Les images spectaculaires depuis le Manoir Richelieu est en soi de la publicité «sans effort», a-t-il dit. D'habitude, c'est Tourisme Charlevoix «qui paie» pour cette visibilité. «C’est que ce sur quoi on travaille à chaque jour de notre vie, c’est le développement de la notoriété. Le positionnement de la destination Charlevoix sur les marchés, c’est ça qu’on fait.» Et c'est que le Sommet a fait. 

Des tournées médiatiques ont été organisées avant le Sommet pour des journalistes du Japon, de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Allemagne et de l’Italie, tous des pays du G7. 

+

DES ARBRES POUR 200 ANS! 

Sur le plan environnemental, ce n'est pas que Charlevoix qui a reçu un héritage. Quelque 100 000 arbres ont été plantés à travers le pays, dans 14 réserves de biosphère, dans le cadre du projet ARBRE. Antoine Suzor-Fortier, de la Coop de l'arbre, qui travaille en collaboration avec la Réserve de biosphère de Charlevoix, est celui qui a moussé ce grand projet.

«Ces arbres-là vont pousser pendant 200 ans!», s'est-il réjoui samedi. Ces arbres ont été plantés grâce à un partenariat avec l'organisation du Sommet du G7. Ce legs équivaut «à 66 hectares» de forêt, a précisé M. Suzor-Fortier, qui compte maintenir le projet en vie dans le réseau des réserves de biosphère.

Les arbres ont été plantés par des élèves et des membres de la communauté locale où se trouvent ces réserves. Bien entendu, certaines plantations — la majorité — ont été réalisées dans Charlevoix. On estime que ces arbres compenseront en grande partie les émissions de gaz à effet de serre causées par le G7, qui se calculent en milliers de tonnes.