Le traversier F.-A.-Gauthier n’assure plus la liaison entre Matane et la Côte-Nord depuis lundi. Un problème «de nature à compromettre le bon fonctionnement des propulseurs a été découvert» durant l’arrêt technique du navire. Il demeurera à quai pour une période indéterminée.

Le traversier F.-A.-Gauthier encore hors service

BAIE-COMEAU — Le traversier F.-A.-Gauthier, qui assure la liaison entre Matane et la Côte-Nord, connaît encore des ratés. Déjà hors circuit depuis lundi, la Société des traversiers du Québec (STQ) a décidé jeudi de le retirer du service pour une période indéterminée. Ceux et celles qui voulaient l’utiliser doivent se rabattre sur l’avion ou faire le tour par Québec en voiture.

Dans un communiqué émis en fin de journée jeudi, la STQ soutient qu’un problème «de nature à compromettre le bon fonctionnement des propulseurs a été découvert» durant l’arrêt technique du navire, planifié pour lundi et mardi derniers, mais qui s’allongeait déjà. Les gens qui avaient réservé leurs places seront remboursés.

Lien aérien

Comme solution alternative, la STQ propose, à partir de vendredi matin, une liaison aérienne entre les aéroports de Mont-Joli et de Baie-Comeau. Un appareil de 50 places fera la navette quatre fois par jour, du 21 au 24 décembre, entre les deux localités. Une navette conduira les passagers de la gare fluviale de Matane vers l’aéroport de Mont-Joli. La «ballade» sera moins longue entre la gare fluviale et l’aéroport de Baie-Comeau.

«On pense que la solution qu’on propose va répondre à l’achalandage prévu pour cette période de l’année», a indiqué le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie, qui convient toutefois que ce pépin survient à «une période sensible» et qui soutient que le F.-A.-Gauthier, avec sa capacité de 800 passagers et 180 véhicules, «n’est pas facile à remplacer».

CTMA Vacancier

Entre le 26 décembre et le 7 janvier, l’avion sera toujours le moyen mis de l’avant par la STQ pour la traversée entre les deux rives. À partir du 8 janvier, le CTMA Vacancier, lui aussi en arrêt pour son entretien annuel, entrera en action. Ce navire effectue habituellement la croisière estivale vers les Îles-de-la-Madeleine. Des traversées supplémentaires sont aussi ajoutées les 23, 26, 30 décembre et 2 janvier à la traverse Saint-Siméon–Rivière-du-Loup.

Même si à peu près tout le monde reproche au F.-A.-Gauthier un manque de fiabilité, M. Lavoie assure qu’il a effectué 99 % des traversées à son horaire jusqu’ici en 2018. Il convient toutefois qu’il a connu des difficultés à son entrée en fonction en juillet 2015. Entre cette date et janvier 2016, pas moins de 128 bris et ajustements ont été comptabilisés sur ce navire, construit en Italie au coût de 175 millions $.

Le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, n’a pas mâché ses mots. «C’est rire du monde», a-t-il lâché quand il a appris la desserte aérienne mise en place. «Cette solution a été réfléchie par des gens qui n’ont aucune conscience de la problématique qu’ils ont créée. Ce n’est vraiment pas tout le monde qui va rester à Mont-Joli ou à Baie-Comeau. Il y en a qui vont à Amqui, à Chandler, à Gaspé, à Sept-Îles ou à Forestville, avec des cadeaux pour leur famille. Ils vont devoir se louer une voiture? Ça n’a pas de bon sens.»

Quant à Yves Montigny, le maire de Baie-Comeau, s’il estime que la liaison aérienne peut répondre à une certaine urgence, il rappelle qu’il faut «absolument qu’il y ait un bateau de remplacement, car on a maintenant la preuve que ce bateau-là ne peut pas être fiable».

En indiquant avoir l’impression «qu’ils ne sont pas planifiés» à la Société des traversiers, M. Montigny rappelle que le service maritime entre Matane et la Côte-Nord est «une liaison dont on ne peut pas se passer». S’interrogeant à savoir si la faute incombe à l’actuel ou au précédent gouvernement, «il y a quelqu’un à quelque part qui n’avait pas planifié ça», a-t-il ajouté.

On devrait en savoir plus long sur la position du gouvernement vendredi matin, alors que le ministre des Transports François Bonnardel tiendra un point de presse à Montréal où il s’exprimera sur «les mesures exceptionnelles mises en place afin d’offrir une liaison entre Matane et Baie-Comeau», peut-on lire dans la convocation.