La femelle Lakina pèse quelque 240 kilos et le mâle Balzak fait grimper la balance à plus de 300 kilos.

Le transfert de deux morses de l’Aquarium du Québec dénoncé

Un groupe de défense des droits des animaux de Vancouver dénonce le transfert imminent de deux jeunes morses depuis l’Aquarium du Québec vers la côte ouest… Au grand dam de l’établissement québécois qui assure que les bêtes sont bichonnées.

Commençons le récit par un petit récapitulatif chronologique qui nous aidera à nous situer. Nous sommes donc en mai 2016. Fait rarissime en captivité, deux femelles morses mettent bas. Chacune a un veau issu du même père, une première canadienne. Il s’agissait également des septième et huitième naissances de cette espèce en captivité en Amérique du Nord depuis 1930, relate la directrice des lieux, Élizabeth Tessier. 

Puis les petits… sont devenus grands. Ils ont 19 mois. La femelle Lakina pèse quelque 240 kilos. Le mâle Balzak fait grimper la balance à plus de 300 kilos.

L’Aquarium de Québec a donc décidé de prêter gracieusement les mammifères marins à l’aquarium de Vancouver (oui, il s’agit d’un prêt). «Lakina et Balzak ont acquis l’indépendance nécessaire pour passer à la prochaine étape de leur développement», selon Mme Tessier.

Mais un groupe de défense des animaux de Vancouver n’est pas du même avis. 

En entrevue avec l’antenne locale de Radio-Canada, le fondateur de Lifeforce Foundation appelle au boycottage des deux aquariums. Peter Hamilton juge que les animaux sont traités comme des prisonniers utilisés à des fins promotionnelles. Il ajoute que les petits devraient rester avec leur mère encore pour l’allaitement. Le militant qualifie ce traitement de cruel.

Bien-être des animaux

Élizabeth Tessier se veut rassurante. Une armée de spécialistes suit l’évolution des animaux, fait-elle valoir. «Ce n’est pas une décision qui s’est prise sur le coin d’une table. […] On prend des décisions vraiment basées sur le bien-être des animaux.»

Elle convient néanmoins qu’il subsiste beaucoup d’inconnues; les naissances de morses en captivité sont si rares qu’il y a peu de données scientifiques disponibles. «Il n’y a pas de littérature beaucoup.» Lakina et Balzak sont donc sujets d’étude.

Au fait, pourquoi ne pas les libérer? «Ils sont nés à l’intérieur», note Mme Tessier. «Les retourner dans la nature, ce ne serait pas leur rendre service.» Ils n’ont pas appris à chasser, à interagir avec une colonie de morses.

Les bêtes prendront donc l’avion. Probablement avant les Fêtes. Pour l’instant, ils se familiarisent avec leur cage de transport. Quand les experts seront prêts — «Il y a beaucoup de logistique» — Lakina et Balzak s’envoleront pour la côte ouest.