Le conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques reproche au bar Le Temple d’avoir fait la promotion de l’exploitation de la sexualité en tenant ce controversé événement.

Le Temple blâmé pour son Sex Party

Trois-Rivières — Le fameux «Sex Party» qui s’est déroulé au bar Le Temple en novembre dernier continue de faire jaser.

Le conseil d’éthique de l’industrie québécoise des boissons alcooliques reproche dans son rapport annuel à l’établissement du centre-ville de Trois-Rivières d’avoir fait la promotion de l’exploitation de la sexualité en tenant ce controversé événement.

Selon le document rendu public lundi, l’organisme, qui n’a aucun pouvoir coercitif, dénonce «l’organisation d’une soirée ‘‘Sex Party’’ mettant en vedette des actrices pornos, du ‘‘pole dancing’’, un ‘‘pornshow’’ et un concours de ‘‘wet t-shirt’’, autant d’exemples qui démontrent une exploitation du corps féminin de manière qui porte atteinte non seulement à la dignité des femmes, mais également à celle des hommes qui rejettent le recours à l’exploitation des femmes pour vendre de l’alcool».

Le conseil déplore également que l’établissement ait vendu de l’alcool en comparant les femmes à de la marchandise, faisant un lien direct entre le plaisir sexuel et la consommation d’alcool, démontrant, en plus de son mépris pour les femmes, son mépris des règles les plus élémentaires de l’éthique et du respect qui est dû aux êtres humains. Il considère que cela est d’autant plus inacceptable qu’il avait déjà blâmé Le Temple pour des raisons similaires en 2012. L’établissement s’était alors fait remarquer par son «Sex Party All Stars». Il avait alors utilisé des procédés de marchandisation du corps de la femme en faisant preuve d’un sexisme, ce qui constituait une dérogation au code d’éthique du conseil.

Cette image avait été véhiculée sur les réseaux sociaux pour faire la promotion de l’événement, avant d’être retirée et remplacée par une image un peu moins explicite.

Le président de l’organisme, Claude Béland, mentionne que plusieurs plaintes ont été formulées concernant cet événement. Par ailleurs, il s’explique mal pourquoi les tenanciers d’établissements licenciés continuent d’utiliser de tels moyens pour mousser leur chiffre d’affaires.

«Tant mieux si ça amène de la clientèle, l’important, c’est de faire de l’argent, ironise-t-il. Je n’ai rien contre ça [le succès], mais ils prennent des moyens qui choquent bien des regroupements, notamment de femmes, et d’autres personnes.»

Même si le conseil qu’il préside n’a comme pouvoir que celui de dénoncer, M. Béland souligne que les tenanciers visés par les plaintes sont tous contactés afin d’être informés de la nature de ces dernières et des raisons pour lesquelles elles ont été retenues.

«En leur parlant, on sent régulièrement qu’ils sont conscients qu’ils sont allés un peu trop loin», dit-il avant d’ajouter que le conseil aimerait que les autorités et les gouvernements prennent les moyens nécessaires afin de décourager les commerçants d’avoir recours à ce type de pratiques promotionnelles.

De son côté, la direction du Temple souligne qu’elle n’a reçu aucun constat d’infraction ou condamnation concernant l’événement auquel a notamment pris part David Hener, une vedette des réseaux sociaux souvent entourée de femmes très légèrement vêtues. Un des propriétaires de l’endroit, Ian O’Shaughnessy, rappelle qu’aucun débordement n’était survenu lors de cette soirée et que les policiers avaient été présents tout au long de la soirée afin de s’assurer que les activités respectent le cadre établi par la loi. Ce dernier confirme également qu’il ne tiendra plus d’événement du genre dans son établissement à l’avenir.

Devant la régie le 12 mars

Par ailleurs, les propriétaires du Temple devront composer avec un autre problème au cours des prochaines semaines. Ils sont en effet convoqués le 12 mars devant la Régie des alcools, des courses et des jeux. Entre le 4 août 2017 et le 11 novembre 2017, des policiers ont constaté la présence de plusieurs publicités sur le site Facebook offrant un rabais et incitant une personne à consommer des boissons alcooliques de façon non responsable, des rabais et des consommations gratuites. En 2015, la Régie avait suspendu le permis d’alcool de l’établissement pour trois jours pour des infractions similaires.