Le système de santé et les finances, principales préoccupations des Québécois

MONTRÉAL - Des 47 enjeux qui ont été soumis à des Québécois, c’est encore ceux qui sont reliés à la santé qui les préoccupent le plus. Mais s’ils sont aussi préoccupés qu’avant par l’engorgement des urgences, ils commencent à percevoir une amélioration dans l’accès aux services de santé.

C’est l’une des constatations du Baromètre 2018 réalisé par CIRANO. Chaque année depuis 2011, le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations fait cette étude pour mesurer les préoccupations des Québécois face à 47 enjeux de société, allant de l’environnement au système de santé, en passant par l’accès à l’éducation et les infrastructures de transport.

Ainsi, quand on demande aux Québécois les enjeux qui les préoccupent le plus, personnellement, le système de santé et l’économie-les finances arrivent ex aequo, suivis au troisième rang des risques environnementaux et liés aux ressources.

Quand on leur demande les enjeux qui les préoccupent le plus, pour l’ensemble du Québec, c’est le système de santé qui arrive au premier rang, suivi de l’environnement-les ressources, puis les infrastructures de transport.

«De façon générale, je dirais que l’ordre des préoccupations n’a pas changé. Toutefois, on voit vraiment des nouvelles tendances, en fait», a fait remarquer au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Ingrid Peignier, coauteure de l’étude au CIRANO.

Ainsi, 79 pour cent des Québécois considèrent l’engorgement des urgences comme un «risque» ou une préoccupation très importante pour la province, en 2018. La proportion était à peu près la même, soit 77 pour cent, en 2016 et en 2011, a noté Mme Peignier. «Dans les 47 enjeux qu’on étudie, l’engorgement des urgences est toujours 1er, 2e ou 3e.»

L’accès aux services de santé, toutefois, a connu une légère amélioration pour ce qui est de la perception des citoyens face au «risque». Ce sont ainsi 70 pour cent qui se disent inquiets pour cet accès aux services de santé en 2018, comparativement à 77 pour cent en 2011.

«Les Québécois perçoivent en fait l’amélioration à ce niveau-là, parce que quand on compare avec les chiffres qui nous sont donnés par la Régie de l’assurance-maladie du Québec, on peut comparer les perceptions avec la réalité. Et la proportion de la population inscrite auprès d’un médecin de famille est passée de 56 pour cent en 2011 à 74 pour cent en 2017, donc vraiment une hausse constante d’année en année. Et nous, on voit que la perception de risque diminue d’année en année sur la même période de temps», a expliqué Mme Peignier.

Le sondage a été réalisé en ligne, du 5 au 10 avril dernier, auprès de 1013 Québécois.