Le Soleil «pas un cas à part», rappelle le syndicat de la rédaction

À la suite de l’annonce du gouvernement du Québec lundi après-midi, le président du syndicat de la rédaction du Soleil, Jean-François Néron, se réjouit de voir la somme d’urgence versée, mais rappelle que beaucoup reste à faire.

«La situation est triste. C’est difficile, mais le gouvernement du Québec a entendu notre appel. On espère qu’il y aura une restructuration du Groupe Capitales Médias pour amener un éventuel acquéreur à s’intéresser à l’entreprise. Pour l’heure, les opérations se poursuivent, autant les lecteurs que les annonceurs ont encore une visibilité dans nos pages et dans nos différentes plateformes.»

En ce qui concerne l’avenir du groupe, même si de nombreuses spéculations sont partagées par plusieurs médias, la réalité est que rien n’est joué. Ce qui est certain est que le problème financier rencontré par GCM n’est pas un cas à part.

«La situation économique du Soleil, elle n’est pas différente des autres médias. Ce n’est pas parce que le produit est mauvais ou parce qu’on n’a pas de lecteurs, au contraire on n’a jamais été autant lu, mais on n’a jamais été aussi peu rentable. On est dans une situation critique, mais d’autres groupes de presse vont suivre. Le Groupe Capitales Médias, pour des raisons qui lui sont propres, est juste un peu en avant de la file.» 

M. Néron rappelle qu’il faudra trouver une solution rapidement, pas seulement pour la survie de GCM, mais pour celle de tous les médias écrits. Le programme d’aide prévue pour 2020 du gouvernement fédéral se fait attendre. Il faut rapidement contrer le manque de revenus provoqué par la migration des revenus publicitaires vers Google ou Facebook.

«On espère que ça va se faire rapidement, c’est le cri ultime qu’on lance aujourd’hui. Sans aide du gouvernement, il va y en avoir d’autres des fins d’entreprise. C’est triste pour les travailleurs de vivre cette incertitude-là, mais le plus grand perdant, c’est le lecteur. C’est le tissu de notre démocratie qui se fragilise. Il faut garder la multiplication des voix, il faut garder des journalistes en région pour offrir une pluralité de points de vue à nos lecteurs», termine M. Néron.