Des dizaines de personnes se sont réunies au centre-ville d'Halifax pour célébrer le retrait de la statue de bronze d'Edward Cornwallis d'un parc qui porte son nom.

Le retrait de la statue du fondateur d'Halifax célébré

HALIFAX — Un groupe de manifestants a interprété un chant d'honneur autochtone, dimanche, sur le site où trônait il y a quelques jours une statue du controversé fondateur d'Halifax.

Des dizaines de personnes se sont réunies au centre-ville d'Halifax pour célébrer le retrait de la statue de bronze d'Edward Cornwallis d'un parc qui porte son nom.

Pour certains, le fondateur d'Halifax est un dirigeant courageux qui a fondé cette ville avec ses soldats et des colons qui tentaient de survivre dans le Nouveau Monde. D'autres le présentent comme le commandant d'une campagne d'extermination sanglante et barbare contre les Micmacs, comme en témoigne la Proclamation de la scalpation, survenue en 1749. Celle-ci encourageait les soldats et les colons à tuer les Micmacs en échange d'un montant d'argent.

L'événement devait d'abord se tenir près de la statue, pour revendiquer qu'elle soit déboulonnée plus de 85 ans après son érection. Elle a finalement été retirée la semaine dernière après que le conseil municipal d'Halifax eut choisi de retirer temporairement le monument en attendant qu'un comité se penche sur son avenir à long terme.

La police était sur place, dimanche, pour surveiller la manifestation pacifique.

Bien qu'une fraction des centaines d'utilisateurs Facebook qui prévoyaient participer au rassemblement s'y soient présentés, l'ambiance était joyeuse sur les lieux.

Les militants espèrent que le retrait de la statue prépare le terrain pour se débarrasser des autres hommages consacrés à Edward Cornwallis.

«Ce n'est pas fini. Le retrait des statues n'est que le début vers la réconciliation», a déclaré Suzanne Patles, une manifestante.

Daniel Paul, un historien micmac qui a passé plus de 30 ans à essayer de mettre en lumière le sombre héritage d'Edward Cornwallis, est venu se promener dans le parc pour la première fois sans apercevoir la statue de celui qui a massacré ses ancêtres, a-t-il dit.

«Pour moi, c'était un symbole de suprémacisme blanc. Je suis heureux que la société néo-écossaise progresse à un tel point que la population en général commence à voir quelque chose comme ça comme un obstacle à de bonnes relations», a-t-il raconté aux journalistes.

Au moins une personne s'est présentée dimanche pour contester le retrait de la statue, s'inquiétant qu'une partie de l'histoire soit effacée.

Mais la militante micmaque Rebecca Moore, qui a aidé à organiser l'événement, a plaidé que l'objectif était plutôt de «déterrer» une version de l'histoire plus complète, qui reconnaît les injustices dont ont souffert les Micmacs.