Olivier Bernard, alias «Le Pharmachien»

Le «Pharmachien» Olivier Bernard reçoit un prix décerné par «Nature»

MONTRÉAL - Olivier Bernard, alias «Le Pharmachien», a remporté un prestigieux prix international pour sa défense de la science.

Le blogueur et vulgarisateur québécois a plus précisément reçu le prix John-Maddox à Londres pour son travail visant à déboulonner les mythes entourant l’utilisation de la vitamine C pour traiter le cancer.

En 2018, M. Bernard a appris qu’une pétition demandait au gouvernement du Québec d’approuver l’injection de doses massives de la vitamine C pour aider les patients atteints de cancer.

La pétition demandait au gouvernement de mettre sur pied un «Registre québécois de la vitamine C par perfusion», pour autoriser les médecins à la prescrire ainsi que pour documenter l’innocuité et l’efficacité de la vitamine C à haute dose dans les cas de traitements médicaux complémentaires de cancer.

Le «Pharmachien» a alors vérifié la science derrière ces affirmations; il voyait dans cette pétition une «stratégie de lobbying politique qui contourne le processus scientifique» et qui comporte des risques pour la médecine et la santé publique.

Or, quand il a publié ses découvertes sur son blogue et les a diffusées dans son émission de télévision, lui et sa femme ont été la cible de vives réactions dans les médias sociaux - voire de menaces. Il était venu à la populaire émission «Tout le monde en parle» pour expliquer sa position et annoncé qu’il ne commenterait plus ce dossier controversé. Il avait au passage déploré le silence, ou le manque de solidarité, de la communauté scientifique.

La pétition n’a finalement pas été saisie par la commission de la santé et des services sociaux de l’Assemblée nationale. Le gouvernement du Québec a par ailleurs commencé à chercher des moyens d’aider les scientifiques qui font face à ce genre de réactions virulentes.

Le prix John-Maddox est décerné par la revue «Nature» et l’organisme «Standing Up for Science» (À la défense de la science).

Rejoint à Londres, où il devait recevoir le prix en soirée, Olivier Bernard a expliqué au téléphone que «la communication scientifique en ce moment est importante, parce que les gens n’ont jamais été aussi confus».

«On est bombardés d’informations sur la science, sur la santé, et c’est extrêmement difficile de s’y retrouver, a-t-il soutenu. Le gros défi qui vient avec ça, c’est d’être capables de différencier la bonne et la mauvaise information en ligne, dans les médias. etc.»

«Le travail des communicateurs, des vulgarisateurs scientifiques, c’est ça»: une sensibilisation à l’esprit critique, a-t-il ajouté.