Plusieurs adolescents ne respectent pas les consignes sanitaires depuis la rentrée scolaire, selon Vallery Gingras, élève de secondaire 4 à l’école Mitchell-Montcalm.
Plusieurs adolescents ne respectent pas les consignes sanitaires depuis la rentrée scolaire, selon Vallery Gingras, élève de secondaire 4 à l’école Mitchell-Montcalm.

Le non-respect des consignes dans les écoles fait réagir

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Vallery Gingras, élève à l’école secondaire Mitchell-Montcalm, déplore le non-respect des consignes sanitaires gouvernementales à son école et les agissements de ses camarades de classe, qui ne semblent pas se soucier des consignes en lien avec la COVID-19 depuis la rentrée scolaire qui a eu lieu le 31 août.

« Ma première journée d’école était très stressante. Voir les jeunes se donner des câlins, partager leurs effets scolaires et leurs cigarettes… mon cœur battait tellement vite. Un de nos professeurs n’arrêtait pas de tousser devant la classe; il couvrait sa bouche avec ses mains puis touchait son bureau et les biscuits qu’il nous offrait pour la rentrée », affirme Vallery Gingras, dans une lettre qu’elle a partagée sur les réseaux sociaux, envoyée aux médias et transmise au gouvernement provincial et fédéral. 

La plupart de ses amis lui demandaient pourquoi elle ne leur donnait pas de câlins, pourquoi elle n’agissait pas comme tout le monde, indique celle qui s’est sentie un peu à l’écart parce qu’elle respectait les consignes. « Ah, t’es plate », lui disaient-ils. 

Vallery est convaincue que les méthodes appliquées par les écoles pour les apprenants et les professeurs ne sont pas suffisantes, et elle aimerait avoir le choix d’aller à l’école en présentiel ou non.  

« Quand je suis allée chercher ma fille lundi, c’était le bordel total. Au moins 200 élèves étaient collés les uns sur les autres sur le trottoir. J’étais un peu sous le choc », avoue la mère de Vallery, Anne-Marie Gingras. 

À la polyvalente du frère de Vallery, l’école internationale du Phare, moins de cinq cas de COVID-19 ont d’ailleurs été déclarés mardi, lors de la deuxième journée de cours, a appris la famille Gingras par l’entremise d’un courriel envoyé par la Direction de santé publique de l’Estrie. 

Les deux enfants ne fréquentent donc plus leur école depuis mardi, et leur demande pour faire l’école à la maison a été transmise aux établissements. « La seule chose que moi je veux faire, c’est protéger ma famille », exprime Vallery, qui a un jeune frère d’à peine un an et un père à la santé fragile. 

Période d’adaptation

Donald Landry, directeur du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS), assure qu’il y a inévitablement une période d’adaptation et d’acclimatation aux règles. « La situation va assurément s’améliorer, mais on fait appel au support et à la collaboration des parents pour faire comprendre l’importance des règles à leurs enfants », note-t-il.

« En société, on a également des exemples à donner. Comment les adolescents peuvent-ils comprendre qu’ils doivent suivre les consignes s’ils voient des adultes ne pas les respecter dans les commerces ou les épiceries? » questionne M. Landry. 

Notons qu’il est possible que certaines écoles recommandent fortement ou imposent sous peu le masque dans les cours d’école, mais ce n’est pas une directive gouvernementale ni de la Santé publique, soutient Donald Landry.

C’est le cas notamment à l’école secondaire du Tournesol à Windsor, où les élèves doivent porter le masque à la sortie des classes. « Comme les élèves quittent tous au même moment et que la distanciation physique n’est pas possible, il leur est demandé de porter un couvre-visage jusqu’à l’autobus, à bord duquel le couvre-visage est obligatoire », indique Mylène Ouellette, conseillère en communication au Centre de services scolaire des Sommets.

Une clinique de dépistage mobile avait lieu mercredi entre 13 h et 19 h à l’Église du Précieux-Sang sur la rue Thibault à Sherbrooke.

Nombre de cas en Estrie

L’Estrie a connu un bond de 20 nouveaux cas mercredi, soit 16 dans la région de Sherbrooke et 4 dans la MRC du Granit, portant le total à 1283 cas.

De ce nombre, 1110 personnes sont rétablies, une augmentation de cinq depuis le dernier bilan, ce qui signifie qu’il y a actuellement 173 cas actifs en Estrie.

Si les nouveaux cas s’accumulent en Estrie depuis quelques semaines, le nombre d’hospitalisations reste quant à lui stable avec trois personnes hospitalisées, dont une aux soins intensifs (une de moins que mardi). 

Notons que les éclosions en cours au CPE Les amis du globe (5 cas), chez BRP à Valcourt (13 cas, dont un qui n’est pas en lien avec l’éclosion), au Centre Saint-Michel (5 cas, mais pas une éclosion) et au CHSLD D’Youville (2 cas) sont toutes restées stables mercredi.

En ce qui concerne le CHSLD de Lambton, six nouveaux cas ont été répertoriés, pour un total de 16 personnes infectées (6 employés et 10 résidents). 

L’École des Sommets de Saint-Sébastien s’est également ajoutée aux endroits touchés par la pandémie mardi. Il y a actuellement moins de 5 cas répertoriés, qui ne sont toutefois pas issus d’une éclosion, car la source de contagion provient de l’extérieur du milieu. 

Le bilan du secteur d’Ascot demeure quant à lui à 63 cas au total, et celui à l’École des Quatre-Vents d’Ascot, à 5 cas. Rappelons qu’une clinique de dépistage mobile avait lieu mercredi entre 13 h et 19 h à l’Église du Précieux-Sang sur la rue Thibault à Sherbrooke.