Louiseville est la ville la plus touchée de la Mauricie, avec 160 résidences inondées et 200 isolées.

Le niveau du fleuve va de nouveau monter

Trois-Rivières — Les riverains du lac Saint-Pierre qui croyaient en avoir fini avec les inondations doivent s’attendre à voir l’eau remonter au cours de la prochaine semaine.

Le niveau du lac Saint-Pierre devrait rester stable, à 3,25 m, pour quelques jours, avant de remonter à 3,52 mètres, soit près du niveau atteint au plus fort des inondations de 2017. Cette montée devrait s’effectuer lentement, jusqu’à la fin de semaine prochaine.

«Nous avons survolé le nord de la Mauricie et avons constaté que seulement 25 % du couvert de neige a fondu, explique Bernard Létourneau, porte-parole de la Sécurité civile. Il y a donc encore beaucoup de neige qui va fondre et faire monter le niveau des rivières, et donc celui du lac Saint-Pierre.»

La Sécurité civile gardera un oeil attentif sur cette nouvelle hausse du débit des rivières, mais assure que celui-ci n’est pas alarmant. Elle met également en garde les riverains chez qui l’eau s’est retirée et qui seraient tentés de retirer les sacs de sable qui protègent leur résidence.

«La consigne qu’on donne, c’est de ne pas toucher aux sacs de sable, prévient M. Létourneau. Les gens peuvent commencer à nettoyer leurs terrains, mais on leur demande de laisser les digues en place tant qu’on ne sera pas sûr que l’eau ne remontera plus.»

On recommande également aux sinistrés qui désirent réintégrer leur domicile de prendre certaines précautions émises par la Sécurité civile et le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ce dernier conseille notamment de faire preuve de prudence en utilisant des appareils à combustion, qui pourraient rejeter du monoxyde de carbone et causer des intoxications mortelles. Il est aussi recommandé de faire bouillir l’eau qui provient des puits tant que ceux-ci n’auront pas été désinfectés, de jeter les médicaments et aliments qui ont été en contact avec l’eau d’inondation et de porter une attention particulière à l’apparition de moisissures, qui peuvent avoir de graves effets sur la santé.

Glissements de terrain: autant qu’en 2017

En raison du sol gorgé d’eau par la fonte des neiges et les inondations, le risque de glissement de terrain est particulièrement élevé au printemps. La Sécurité civile en a recensé 95 jusqu’à présent, soit autant qu’à pareille date, en 2017. Une vingtaine de glissements de terrain ont eu lieu en Mauricie et au Centre-du-Québec. La Sécurité publique recommande aux personnes qui résident dans des secteurs à risque d’être attentives aux signes avant-coureurs de ce phénomène, notamment l’apparition de fissures sur leur terrain.

La circulation se fait d’ailleurs toujours en alternance sur la route 153 à la hauteur du chemin de la Baie, à Saint-Boniface, en raison d’un risque d’éboulement. Un glissement de terrain s’était produit à cet endroit le 20 avril dernier. Un glissement de terrain s’est aussi produit à Deschaillons-sur-Saint-Laurent, le 27 avril, détruisant le casse-croûte de la marina.

De nombreuses résidences sont toujours entourées par les eaux à Yamachiche.

Les Forces armées canadiennes étaient toujours présentes dans la région cette fin de semaine, avec 35 soldats, pour répondre aux besoins des municipalités qui leur demandent de l’aide. L’armée n’a toutefois pas encore statué si elle aidera ou non à retirer les sacs de sable des terrains une fois les inondations terminées.

Pour sa part, la Sécurité civile travaille sur un calendrier de rencontres d’information destinées aux sinistrés, notamment pour leur expliquer le nouveau programme d’aide financière aux sinistrés du ministère de la Sécurité publique.

«C’est compliqué, parce qu’il y a énormément de gens à rencontrer, indique M. Létourneau. Seulement à Sainte-Marthe-du-Lac, il va y avoir 6000 personnes à rencontrer, alors c’est sûr que ça ne se fera pas en une seule séance. Mais un calendrier va sortir incessamment.»

Le porte-parole de la Sécurité civile rappelle également que la Croix-Rouge a mis sur pied un fond d’urgence au fonctionnement similaire à celui créé en 2017. Les familles les plus touchées pourraient obtenir 600 $ chacune.

Dimanche soir, 500 résidences étaient toujours inondées, 606 étaient encore isolées et 14 personnes étaient évacuées en Mauricie. Louiseville, avec 160 résidences inondées et 200 isolées, est la plus touchée. Batiscan, Maskinongé, et Sainte-Anne-de-la-Pérade sont aussi très affectées. À Trois-Rivières, 25 maisons sont inondées et 100 sont isolées.

Au Centre-du-Québec, Bécancour compte toujours 25 résidences inondées et 32 isolées. À Nicolet, 90 résidences sont inondées et deux sont isolées. Une personne est évacuée à Baie-du-Febvre.

Au Québec, le nombre de résidences inondées s’élève à 5447, le nombre de résidences isolées à 3989 et le nombre de personnes évacuées à 10 386.