En entrevue avec La Presse canadienne, le président du MNQ a souligné que la question identitaire avait été fondamentale durant la dernière campagne électorale au Québec.

Le nationalisme québécois n'est pas mort, selon le Mouvement national des Québécois

MONTRÉAL — La situation du nationalisme québécois après le scrutin du 1er octobre était au coeur des discussions du 11e colloque annuel organisé sur le sujet par l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ), samedi, à Montréal.

De l’avis du président du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), Étienne-Alexis Boucher, l’élection d’un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) majoritaire et le net recul du Parti québécois (PQ) dans le paysage politique ne signifient pas pour autant que le mouvement souverainiste est mort, bien au contraire.

En entrevue avec La Presse canadienne, le président du MNQ a souligné que la question identitaire avait été fondamentale durant la dernière campagne électorale au Québec.

Il a même interprété l’élection d’un gouvernement de la CAQ et la montée de Québec solidaire (QS) comme le retour d’une forme de nationalisme qu’on n’avait pas vue depuis l’échec de l’accord du lac Meech en 1990.

M. Boucher a expliqué ce rapprochement par l’élection de députés «fédéralistes québécois nationalistes qui croient au Québec d’abord, avec l’objectif de faire des réclamations à Ottawa afin que le Canada réponde aux aspirations de la nation francophone que nous sommes».

Il a établi un parallèle avec l’époque ayant vu l’élection du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney au fédéral qui, selon lui, a fini par contribuer, au fil du temps, à susciter de l’engouement pour un nouveau référendum au Québec en 1995.

D’après le président du MNQ, le colloque annuel sur la situation du nationalisme québécois reste donc d’actualité et ceux qui y ont assisté parlaient aussi d’une transition vers un nouveau contexte historique.

Plus de 250 personnes s’étaient inscrites à l’événement pour entendre ce qu’avaient à dire des historiens, professeurs, sociologues et journalistes sur le sujet.

Parmi les conférenciers au programme, on notait la présence de la jeune députée péquiste Catherine Fournier de Marie-Victorin, mais aucun membre du gouvernement de la CAQ ou des autres formations politiques.

L’économiste Jean-Martin Aussant, fondateur d’Option nationale et candidat péquiste défait dans la circonscription montréalaise de Pointe-aux-Trembles, faisait aussi partie des discussions.

M. Boucher a insisté pour dire que le recul du PQ ne reflétait pas la mort de l’indépendance du Québec et que le sujet demeurait pertinent dans un contexte de mondialisation.

Le président du MNQ a dit croire qu’on assistait plutôt à une recomposition du paysage politique, ce qui pouvait brasser les cartes. Il a donné l’exemple de l’approche de QS pour l’accès à un pays et la conception même de ce pays, qui est différente de ce qu’on a connu dans le passé.

Il a constaté une transformation non seulement dans l’approche, mais aussi dans les débats pour voir la nation québécoise prospérer dans sa langue et sa culture, jusque sur la scène internationale.