Le Rockfest renaîtra de ses cendres sous un nouveau nom cette année : le Montebello Rock

Le Montebello Rock prend la place du Rockfest

Le Rockfest renaîtra de ses cendres sous un nouveau nom, le Montebello Rock, et par le biais d’une formule «plus intime», les 14 et 15 juin prochain, sous l’égide d’Alex Martel qui promet «un retour aux sources pour les fans de longue date».

Le fondateur du Rockfest de Montebello en a fait l’annonce mercredi en début de soirée, sur Facebook. Le nouveau festival, regroupant une trentaine de formations rock, punk et métal, proposera deux scènes extérieures qui seront aménagées sur le traditionnel site de la marina du village. La programmation musicale du Montebello Rock sera dévoilée à la fin mars, mais déjà, M. Martel confirme que des artistes internationaux, tout comme des formations québécoises francophones, seront de la partie.

Acculée au mur avec une dette cumulée de plus de 5 millions de dollars, l’organisation du Rockfest s’était placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité moins d’une semaine après la fin de la 13e mouture, en juin dernier, rappelons-le. La faillite d’Outaouais Rock, l’organisme qui chapeautait le Rockfest, avait finalement été annoncée quelques jours avant la plus récente période des Fêtes. Depuis, Alex Martel laissait entendre que cet échec financier ne signifiait pas la mort définitive d’un festival musical rock à Montebello.

Laisser tout tomber ou prendre une année de pause n’était pas une option, souligne aujourd’hui M. Martel. «Je me fais tellement bombarder par des festivaliers qui me supplient chaque jour pour qu’il y ait un événement. Je n’avais pas le choix de revenir et en même temps, c’est ce que je fais depuis carrément toute ma vie. J’ai de la difficulté à voir ce que je pourrais faire d’autre», confie-t-il au Droit.

Avec son nouveau produit événementiel, le principal concerné parle d’une «renaissance» qui respectera malgré tout «la continuité de l’expérience» Rockfest. C’est d’ailleurs pour coïncider avec ces bases toutes neuves qu’un nouveau nom a été déniché pour l’événement, confirme-t-il. 

Pour mousser son concept de relance, le promoteur promet «des bières de microbrasseries, des histoires de feu de camp avec des légendes du rock, des spectacles secrets dans le village et toute la folie habituelle de Montebello». «Essentiellement, on vise les habitués du festival qui viennent triper année après année, peu importe les bands», indique-t-il.

La quantité de billets disponibles pour assister au Montebello Rock sera limitée, sur la base du premier arrivé premier servi. Malgré cette précision évoquée par l’organisation, Alex Martel n’a pas voulu fournir de détails sur le nombre de festivaliers qui pourra prendre part à la fin de semaine. La prévente de billets sera déployée jeudi midi. 

Le maire de Montebello, Martin Deschênes, dont le conseil municipal a donné le feu vert à la tenue de l’événement lundi lors d’une assemblée extraordinaire, a salué l’annonce. «C’est une bonne nouvelle pour Montebello et c’est une bonne nouvelle pour les festivaliers et les gens qui profitent des retombées économiques associées au festival», a-t-il commenté, mercredi.

L’après Rockfest

Alex Martel ne cache pas que les déboires financiers du Rockfest lui ont posé certains défis pour relancer un nouveau festival dans un délai plutôt restreint. «J’ai pratiquement appelé chaque personne une par une pour m’assurer qu’elles soient au courant de ce qui était arrivé», raconte-t-il.

Au sujet de l’argent, celui-ci refuse d’ailleurs de parler publiquement des finances de son nouveau projet. Des demandes pour obtenir des subventions ont été logées, dit-il. L’homme d’affaires de Montebello indique être en attente d’une réponse de Tourisme Québec, entre autres. «Je peux juste dire que j’ai eu le financement privé pour mettre ça en place. Il n’y a pas de souci à ce niveau-là», assure-t-il.

Par ailleurs, côté organisation, c’est terminé les «grandes machines», soulève le promoteur. M. Martel, qui souhaite garder «le plein contrôle» de son festival, s’est entouré de sa garde rapprochée des débuts. Des amis proches et sa famille le supportent dans sa nouvelle aventure.

«Pour moi, il n’était pas question que je revienne dans un scénario avec des grosses machines où j’aurais été partenaire minoritaire. J’ai vécu cette expérience, mais je veux maintenant continuer par moi même comme c’était le cas pour les 10 premières éditions», explique M. Martel.

Ces dernières années, des grosses pointures comme System Of A Down, Weezer, Linkin Park, Queens of the Stone Age, Alice Cooper, Korn, Rise Against, Blink 182, Mötley Crue et Rammstein, pour ne nommer que celles-ci, ont défilé à Montebello. Avec le nouveau festival, l’accent sera mis sur «l’expérience Montebello», mentionne M. Martel qui estime d’ailleurs que des programmations comme celles qui ont été concoctées au fil des ans, au Rockfest, sont en voie de disparition dans le domaine événementiel.

«Je n’ai plus rien à prouver. Tout ce que je rêvais de faire, je l’ai fait et je l’ai même dépassé. Juste en ce moment, je regarde les affiches passées et je me dis que ça n’a aucun sens. Il n’y a aucun autre festival au Québec qui a déjà eu des programmations comme ça. Avec les cachets d’artistes qui augmentent en fou, je ne pense pas revoir ça un jour.»

Quand on lui demande quelles erreurs il veillera à ne pas répéter pour l’avenir, Alex Martel se montre précautionneux. «De façon générale, je prends la responsabilité qui est la mienne dans les erreurs qui ont été faites, mais la grande différence maintenant, c’est que c’est moi qui ai le contrôle et c’est moi qui décide. Il n’y a personne d’autre qui va décider pour moi. [...] Pour ce qui est d’avoir une réflexion globale sur ce qui aurait dû se passer et sur les erreurs à éviter, je dirais que ma réflexion n’est pas terminée. Je veux avoir un peu plus de recul avant de répondre à cette question-là parce que je continue à mijoter là-dessus et que je vais continuer à mijoter là-dessus probablement jusqu’à l’édition 2020», conclut-il.